Un musée ambulant pour amener l'art visuel dans les écoles

Difficile d'amener les écoles au musée, encore plus dans les centres d'artistes. Pour amener l'art visuel jusqu'aux écoliers et leur offrir un premier contact stimulant et excitant avec celui-ci, Jeanne Couture et Catherine-Ève Gadoury ont mis sur pied un musée ambulant, qui se déplacera dans six écoles des commissions scolaires de la Côte-du-Sud et de Portneuf cet automne.
«On s'installe dans une classe ou un gymnase avec une structure gonflable de 20 pieds par 20 pieds, où l'on peut placer toutes les oeuvres. C'est un demi-cercle, qui ressemble à un gros igloo ou à une bulle, par lequel on accède en traversant une arche en frites de piscine», explique Jeanne Couture, qui agit comme commissaire et coordonnatrice de Musée ambulant. Le design de l'exposition, inspiré des fêtes foraines, a été conçu par l'architecte Érick Rivard.
À l'intérieur de cette structure attirante, on trouvera huit oeuvres conçues par des artistes vivants et bien connus dans le milieu des arts visuels et des métiers d'art. Le tableau Se rendre là, de Dan Brault, ressemble à un grand labyrinthe cosmique alors que Éden 2 d'Anne-Marie Groulx devrait susciter la curiosité avec sa chute chevelue. La sculpture interactive Candy Crane du duo Pierre & Marie est une machine à bonbons qui distribue des oeuvres miniatures, en jujubes, d'artistes québécois. L'immense ours en peluche dressé sur ses pattes de derrière de Paryse Martin promet de causer l'émoi - ou d'attirer les câlins. Le festin tricoté Pot Luck de Colifichet, la cabine tapissée de papiers de bonbon de Josée Landry-Sirois, le vidéo La forêt de Diane Obomsawin (où un loup et un petit Chaperon rouge jouent à cache-cache), une sérigraphie de la série Les pyjamas de Marie-France Tremblay et un faux chien barbouillé de Karine Payette complètent cet univers coloré et déjanté.
«On demande aux enfants d'enlever leurs souliers pour entrer, de traverser le portail, de s'immerger. On crée un rituel qui s'apparente à celui du jeu, pour associer la notion de musée à l'excitation, au mystère, à la découverte», explique Jeanne Couture.
Amusant ET éducatif
Le projet a également été pensé pour répondre aux objectifs éducatifs des programmes du Ministère de l'Éducation. Catherine-Ève Gadoury, la co-idéatrice du projet, a une formation en enseignement des arts et a conçu trois ateliers, qui pourront éventuellement être bonifiés pour constituer une trousse pédagogique.  
Après leur visite commentée des oeuvres, les enfants pourront créer des jujubes façon Pierre&Marie et les colorer grâce à des pigments en poudre de Jell-O, composer des visages à leurs toutous après une discussion sur les émotions autour de L'ours de Paryse Martin, ou encore conserver leurs papiers de bonbons d'Halloween pour constituer une grande murale à l'image des collages de Josée Landry-Sirois.
Le projet sera documenté et servira d'objet de recherche à Sarah Bélanger-Martel, chercheuse à Université du Québec à Trois-Rivières en science de l'éducation, qui a aussi participé à l'élaboration de Musée ambulant.
Tournée
La première tournée du Musée ambulant est soutenue par le Conseil des arts et des lettres du Québec et donc gratuite pour les écoles. Entre le 7 novembre et le 6 décembre, il s'arrêtera à l'école Saint-Jean-Port-Joli, à l'école intégrée Chanoine-Ferland/St-Just/Ste-Lucie (les élèves de Sainte-Lucie se déplaceront à St-Just), l'école du Phare, à l'école La Ruche de Lanaudière, à l'école des Tilleuls et à l'école Saint-Coeur-de-Marie, à Rivière-à-Pierre. 
«Il s'agit d'un projet pilote de musée pop-up pour les écoles rurales qui n'ont pas facilement accès à de l'art actuel professionnel. Les autobus coûtent cher et les écoles éloignées des grands centres se déplacent peu ou pas du tout dans les musées», souligne Jeanne Couture. 
Celle-ci n'exclut pas que le projet soit également présenté dans d'autres écoles, même en ville, voire offert  aux services de garde et aux camps de jours (puisque la structure gonflable pourrait être installée à l'extérieur). «On peut tout mettre dans un camion-cube et se rendre en Abitibi!»illustre la commissaire, qui tenait à ce que le dispositif soit léger, simple et que les oeuvres puissent changer au besoin. Reste les fameuses demandes de subventions, toujours à refaire.
Un site Web est en construction. On peut obtenir plus d'info en écrivant à info@museeambulant.com.