À l’automne, le gouvernement du Canada a publié un premier appel d’offres pour des services professionnels en vue de la construction d’une «installation d’entreposage de la collection d’artéfacts pour l’agence Parcs Canada» à Gatineau.

Toujours possible de garder les artéfacts de Parcs Canada

La Ville de Québec tente toujours de contrer le déménagement à Gatineau des artéfacts de Parcs Canada. Le maire Régis Labeaume a présenté à trois ministres fédéraux son projet de mégacentre archéologique au Séminaire de Québec et demandera officiellement l’appui du premier ministre Justin Trudeau lors de son passage dans la capitale jeudi.

À l’automne, le gouvernement du Canada a publié un premier appel d’offres pour des services professionnels en vue de la construction d’une «installation d’entreposage de la collection d’artéfacts pour l’agence Parcs Canada», projet initié par les conservateurs et repris par les libéraux.

Le futur édifice de 9000 mètres carrés doit abriter 25 millions d’artéfacts historiques et archéologiques provenant des réserves de cinq villes (Ottawa, Cornwall, Québec, Dartmouth et Winnipeg) «avec efficacité et efficience dans une seule et même installation» planifiée à Gatineau. 

Le contrat n’a pas été attribué encore. Les offres des soumissionnaires sont encore sous analyse, a indiqué au Soleil Audrey Champagne, porte-parole de Parcs Canada, la semaine dernière. La facture doit tourner autour de 28 millions $. L’ouverture est prévue pour avril 2020. 

Malgré les apparences, Mme Champagne a indiqué que le sort des artéfacts de Québec n’était pas scellé. «Dans la continuité de ses relations avec ses partenaires, Parcs Canada et le ministère de la Culture et des Communications du Québec poursuivent leur dialogue, notamment, en ce qui a trait à une collaboration pour le partage de l’expertise et la possibilité d’un important prêt à long terme d’objets liés à la Ville de Québec. Parcs Canada demeure disposée à discuter et à examiner des propositions concrètes concernant l’accès et la gestion de cette importante collection», a-t-elle fait valoir. 

Discussions en cours

La mairie de Québec confirme également que les discussions se poursuivent. En décembre, Régis Labeaume a tenté d’organiser une rencontre avec les ministres concernés, soit Mélanie Joly au Patrimoine canadien, Catherine McKenna à l’Environnement, qui est responsable de Parcs Canada, et Jean-Yves Duclos, député de Québec et titulaire de la Famille, des Enfants et du Développement social.

Comme les agendas ne concordaient pas, il a été convenu de partager une présentation électronique du projet de réserve et laboratoire archéologiques que la Ville de Québec destine au pavillon Camille-Roy du Séminaire de Québec. Y seraient réunies les collections de la Ville, du ministère de la Culture et des Communications du Québec, de l’Université Laval et les millions d’artéfacts locaux de Parcs Canada. 

L’édifice patrimonial du Vieux-Québec, dû pour une restauration majeure estimée à 10 millions $, servirait non seulement de lieu d’entreposage, mais de centre de recherche et d’exposition. 

«Notre désir de conserver dans nos murs ces témoins de notre histoire n’est pas idéologique, il est d’ordre pratique puisque cette collection viendrait compléter de façon magistrale les collections de la Ville et du gouvernement du Québec», expose le maire Labeaume dans sa lettre de présentation. 

L’échéancier proposé par son cabinet présume la conclusion rapide d’une entente de collaboration et la signature d’un bail avec le Séminaire de Québec avant l’été. Tel qu’exposé en campagne électorale, l’étude de besoins et les vérifications structurales sont terminées. Les plans et devis pourraient être réalisés d’ici l’été 2019 et les travaux d’aménagement d’ici août 2020. Le déménagement se ferait cet automne-là et l’inauguration en décembre.   

Lundi, le maire a identifié quelques sujets qu’il compte aborder avec le premier ministre Trudeau, avec en tête de liste le pont de Québec et le tramway. Jeudi, il a confirmé que la réserve archéologique en fait aussi partie.