«Donald Trump a harcelé ou agressé 20 femmes» est un des messages que Robin Bell a projetés sur l’hôtel Trump mardi, juste avant que le président prononce son discours sur l’état de l’Union.

Robin Bell, l’artiste contestataire qui a pris l’hôtel Trump pour toile

WASHINGTON — Donald Trump a beaucoup d’ennemis parmi les artistes et l’un d’eux, Robin Bell, illumine régulièrement depuis un an la façade du Trump International Hotel à Washington pour dénoncer «visuellement» les agissements du président américain.

Mardi soir, il a projeté «Donald Trump a harcelé ou agressé vingt femmes» et «Congrès : enquêtez sur Trump» au-dessus d’une des entrées de l’hôtel luxueux de l’ancien magnat de l’immobilier, situé sur l’avenue Pennsylvania, à quelques encablures du Capitole peu avant le discours très attendu du président.

«Le jour du discours sur l’état de l’Union, c’est important de souligner que Donald Trump est un prédateur sexuel», accuse Natalie Green, de l’organisation Ultraviolet qui collabore à l’opération.

En décembre, trois femmes ont demandé au Congrès d’ouvrir une enquête sur les agissements du président, deux d’entre elles ayant notamment assuré avoir été victimes d’agression sexuelle de sa part.

«Le Congrès a le devoir constitutionnel de croire ces femmes et de déclencher une enquête, et ce sera une honte nationale s’il ne le fait pas», ajoute Natalie Green.

Opération commando

La projection a été préparée comme une opération commando. Robin Bell fait ses essais hors de portée des policiers en faction devant l’hôtel puis l’installe sur le trottoir en face, jusqu’à l’intervention de la police.

La performance dure «entre deux et quarante minutes, cela dépend de la vitesse de réaction de la sécurité de l’hôtel», dit-il.

Bell, qui prône la non-violence et utilise l’art comme arme politique, assure être dans la légalité : il fait usage de sa liberté d’expression, protégée par le premier amendement de la Constitution américaine, reste sur le domaine public et ne commet pas de dégradations sur le bâtiment.

«Notre pays est fondé sur des gens venus du monde entier et sur la façon dont nous interagissons», explique-t-il. «Je pense que ce que fait l’administration Trump est tout simplement honteux et nous faisons tout ce que nous pouvons pour mettre en lumière cela et dire non, ce n’est pas correct».

Âgé de 39 ans et originaire de la capitale fédérale, il a organisé près d’une vingtaine d’opérations nocturnes depuis l’élection de Donald Trump en novembre 2016. Pour lui, le Trump Hotel est le symbole d’un mélange des genres dangereux pour la démocratie. L’important, estime-t-il, c’est que ses messages politiques soient vus par le plus grand nombre. Plusieurs performances, postées sur les réseaux sociaux, sont devenues virales. Sa photo du shithole a fait au minimum six millions de vues en 24 heures dans le monde entier, assure l’artiste.

Robin Bell ne s’attaque pas qu’au milliardaire et à son hôtel. Il a ainsi dénoncé la politique de relance des énergies fossiles par l’administration Trump sur la façade du salon de l’automobile de Washington et sur celle de l’Agence de la protection de l’environnement. Il a aussi travaillé à New York et à Los Angeles.