Francis Arguin au travail dans son espace des Ateliers du roulement à billes
Francis Arguin au travail dans son espace des Ateliers du roulement à billes

Remplir les conditions de Francis Arguin: objets spécifiquement génériques

Josianne Desloges
Collaboration spéciale
Francis Arguin a délaissé la création pendant quelques années pour aller faire du dessin technique, de 9h à 17h, du lundi au vendredi. «C’est bien beau la vie de monsieur travailleur, mais c’était trop emmerdant pour moi. J’avais besoin de faire de l’art», lance-t-il au milieu de son atelier du Roulement à billes, dans le quartier Saint-Roch.

Le sculpteur qui s’amuse à refaire les objets ordinaires pour en faire des constructions extraordinaires (pensons à Mes économies, présenté à L’œil de poisson en 2010) s’est donc lancé dans une maîtrise-création à l’Université Laval. L’aboutissement sera présenté au Lieu, au fil d’une résidence de quelques semaines.

«Dans mes derniers projets, j’utilisais des objets trouvés que j’intégrais à des structures. Mais le fait de retrouver l’atelier, d’avoir plus de temps à y passer, m’a redonné envie de reproduire des objets», explique Francis Arguin. De l’objet générique rapidement reconnaissable, il s’est mis à faire des objets spécifiquement tirés de son environnement immédiat.

Il a reproduit au détail près une porte du Roulement à billes, un bout de clôture d’un chantier voisin, une poutre du plafond de L’œil de poisson, une fenêtre aux stores brisés au-dessus des Copies de la Capitale… Sauf que le métal et l’acier des objets d’origines sont imités (à s’y méprendre, sauf quand on y regarde de près) par du bois et du carton peints.

Francis Arguin au travail dans son espace des Ateliers du roulement à billes

«Refaire un objet est une aventure, formule Francis Arguin. Ensuite, je suis un peu pris avec. Il faut que je trouve une fonction à ce que j’ai fabriqué.»

Du Lieu, il a retenu les multiples portes. «Il y a celle de l’accueil, des bureaux, des toilettes, de la sortie. Elles sont dispersées et toujours utilisées. Ça crée un espace difficile à habiter.» En partant d’une porte existante (qu’il remplacera par une factice), il prévoit créer une longue diagonale d’objets pour diviser la pièce en deux. «Donc je fais des objets très plats, presque des tableaux», note-t-il.

Un réseau tubulaire (notamment des rampes, formées de tubes de carton) pourrait s’immiscer dans les interstices pour lier les portes et les grilles.

À suivre au Lieu, 345, rue du Pont, Québec, jusqu’au 4 octobre (vernissage le 25 septembre) Info : www.inter-lelieu.org et www.francisarguin.com