Dimanche à Plein Art, ça grouillait de curieux et d'amateurs à la recherche de la perle rare, d'un coup coeur pour une oeuvre unique. 

Plein Art séduit toujours

Le bois a plus d'un secret. Jean-François Lettre explore le coeur des bouleaux blancs, ceux attaqués par les champignons, pour créer des tableaux aux multiples facettes, aux détails infinis. C'est la première fois qu'il exhibe son talent à Plein Art.
L'ébéniste Jean-François Lettre explore le coeur des bouleaux blancs pour créer des tableaux aux multiples facettes.
L'artiste, comme plus de 150 autres, a convergé sur les quais du bassin Louise dans la Vieux-Port pour la 37e édition du Salon des métiers d'art de Québec. Sous les grands chapiteaux blancs, l'art s'éclate jusqu'au 13 août. Dimanche, ça grouillait de curieux et d'amateurs à la recherche de la perle rare, d'un coup coeur pour une oeuvre unique.
La proposition de l'ébéniste accroche le regard. Des morceaux de bois, montrant les traces ravageuses du champignon, se voisinent comme les pièces d'un casse-tête. «C'est un univers à découvrir, même selon l'angle qu'on prend ou la position, la distance, ça varie, on voit autre chose. Il a des choses plus abstraites, d'autres plus figuratives».
«C'est vraiment en partie laissé à l'imagination de celui qui le regarde», explique l'artiste des Éboulements. Chaque des pièces est choisie et placée avec minutie. «J'utilise les motifs, je les regarde, les assemble... C'est un travail qui peut être assez long, assez laborieux». Jean-François Lettre n'avait jamais exposé ailleurs que dans Charlevoix.
«Je suis bien content, belles rencontres et belles ventes aussi. Je suis très heureux», a-t-il confié lors du passage du Soleil, dimanche avant-midi. Son kiosque était d'ailleurs loin d'être le seul à être achalandé. «C'est l'occasion pour le public de rencontrer les artisans», résume le directeur général du Conseil des métiers d'art, Martin Thivierge.
«Les gens peuvent poser leur question, voir comment [les artistes] créent leur oeuvre, comprendre aussi leur art», poursuit-il. Toutes les disciplines sont mises en valeur lors de l'événement populaire où joailliers, céramistes, sculpteurs, couturiers et autres se côtoient. Les artistes sont tous de professionnels, un gage de qualité assure M. Thivierge.
Les sacs de Sol Desharnais valent le détour, puisqu'ils sont faits de cuir ou de linoléum, mais toujours avec un élément fait en bois.
«Les produits sont faits, créés, conçus et fabriqués par les artisans. Ce sont généralement aussi eux qui les vendent», dit-il. Tout près des oeuvres de Jean-François Lettre, les sacs à main de Sol Desharnais, venu du Manitoba, valent le détour. Faites de cuir ou de linoléum (prélart) mais toujours avec «un élément bois», les créations se distinguent.
«Je reste toujours dans des formes très minimalistes», indique l'artiste. «Des formes très rondes aussi, indémodables, mais quand même avec l'originalité dans l'utilisation des matériaux, qui offrent des associations même improbables dans le sac à main», ajoute-t-il, se disant «émerveillé par l'accueil» des Québécois. «Je suis aux anges».
«Acte de résistance»
Comme les sacs de M. Desharnais, les oeuvres vendues à Plein Art doivent être écoresponsables. «Il n'y a pas ici de teinture chimique et la durée de vie des produits est beaucoup plus longue que ce que l'on peut trouver en commerce», soutient Martin Thivierge. «C'est un peu un acte de résistance d'acheter des produits faits par des artisans québécois, des achats locaux, c'est ce qui permet à ceux-ci de bien réussir».
Et selon lui, les métiers d'art se portent bien à l'ère de «l'envahissement de produits qui viennent d'un peu partout à travers le monde», assure le directeur général. «Les artistes de Québec se développent et se défendent très bien». Et l'effervescence ressentie sous les chapiteaux lui donnait raison.

Apprendre et enseigner
L'argile prenait forme sous les mains de Sarah Michel, sous le regard attentif de plusieurs curieux. La jeune céramiste expliquait son art à l'abri dans le petit chapiteau occupé par les finissants du programme techniques de métier d'art du Cégep Limoilou. C'était à son tour d'enseigner.
«Il y a beaucoup de chimie dans la céramique», expliquait-elle à une petite famille, offrant aux gamins de toucher l'argile. «C'est comme sur la plage, quand tu creuses dans le sable». Derrière elle, des pièces de joaillerie, d'autres de bois. Elle répond à ceux qui s'interrogent sur les techniques, sur leur métier.
«Le programme nous en apprend sur les techniques des métiers d'art évidemment», explique l'artiste. «Mais, il y a aussi de la formation sur la vie comme travailleur autonome, l'administration par exemple. On nous montre aussi comment il faut être présent sur les réseaux sociaux, Internet», poursuit la finissante de 2012.
Des démonstrations de différentes disciplines, allant de la sculpture à la lutherie, pour ne nommer que ceux-là, sont présentées tous les jours de Plein art.
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Plein Art : 
• Du 1er au 13 août
• Espace 400e, Vieux-Port de Québec
• Tous les jours de 11h à 21h (à 18h le dimanche)