Nouvelle bourse et bon bilan pour les Ateliers du Réacteur

Les jeunes femmes diplômées de l'École d'art de l'Université Laval bénéficieront d'un coup de pouce pour démarrer leur carrière avec la toute nouvelle bourse Suzie-Houde du nom d'une mécène, collectionneuse et elle-même étudiante. La fondatrice de la bourse payera le loyer pendant un an aux Ateliers du Réacteur. La Ville de Québec ajoute une bourse en argent de 2500 $ par son programme Première Ovation.
Suzie Houde s'est toujours senti l'âme créatrice. Mais elle a fait un détour par une formation en administration et une carrière qui lui a donné une liberté financière qu'elle a aujourd'hui envie de partager avec des jeunes diplômées qui n'ont pas cette souplesse en début de carrière. Surtout dans un domaine aussi difficile que les arts. «Souvent, la vie se charge de nous donner des parcours différents et là, je peux me permettre de dédier tout mon temps à devenir artiste moi aussi. Et c'est pour ça que j'ai décidé d'étudier», a relaté la mécène en entrevue dans les Ateliers du Réacteur situés dans l'ancien complexe funéraire Lépine-Cloutier, rue Saint-Vallier.
Mme Houde s'engage à offrir une bourse à une jeune femme (âgée de 18 à 35 ans et diplômée en arts visuels et médiatiques de l'École d'art de l'Université Laval) à chacune des trois prochaines années. 
«Il y aura donc trois lauréates qui, j'espère, pourront pleinement l'utiliser pour démarrer leur carrière», a-t-elle dit. Le loyer d'un an dans un des espaces du Réacteur vaut 3000 $.
Bilan positif
Cette nouvelle bourse a été annoncée à l'occasion d'un bilan positif un an après l'ouverture de ces ateliers maintenant occupés à 100 %. «On est extrêmement contents des résultats. Au total, 150 artistes ont loué un atelier à court ou long terme», a expliqué la vice-présidente du comité exécutif de la Ville de Québec, Julie Lemieux. 
La Ville de Québec avait injecté 500 000 $ pour rénover ce bâtiment patrimonial.
L'administration Labeaume s'est aussi engagée à verser au propriétaire de l'édifice, Olivier Dufour, 220 000 $ chaque année pendant 10 ans pour la location des espaces destinés aux artistes en arts visuels et en métiers d'art. La location est par la suite gérée par la SDC Saint-Roch.
Ces ateliers se distinguent par la souplesse de leur taille et de leur temps de location. Un artiste peut par exemple louer un espace quelques journées seulement, ou quelques semaines le temps de réaliser un projet précis.
Le Réacteur compte aussi sur une diversité de locataires avec des peintres, sculpteurs, photographes, lampistes, écrivains, ou encore des travailleurs du cuir, du textile ou des arts médiatiques.
Adaptation
La première année d'activité des Ateliers du Réacteur a toutefois été marquée par une nécessaire adaptation aux besoins des artistes, a ajouté Julie Lemieux. Les trois étages des anciennes pompes funèbres étaient à l'origine composés de 10 espaces plus grands. Trop grands. Les lieux ont finalement été scindés en 19 ateliers.
«La demande des artistes était pour des plus petits locaux, à géométrie variable, de 200 ou 500 pieds carrés», a expliqué la directrice générale de la SDC Saint-Roch, Alexandrine Cardin-Dubé. «Les 1000, 1100 pieds carrés étaient plutôt durs à louer. On s'est adapté et on est maintenant à 100 % d'occupation alors je pense qu'on a bien réussi notre pari.»
Parmi les locataires se trouve le peintre Hugo Landry pour qui le Réacteur a été l'occasion de faire le saut et de sortir sa production artistique de la maison.  
«J'aime le fait de partager», explique le peintre entouré de ses tableaux abstraits aux couleurs vibrantes. «Ma voisine d'atelier est une photographe. Elle photographie mes oeuvres quand elles sont prêtes à partir en galerie. Le fait d'avoir un autre artiste en arts visuels à côté de moi, aussi, pour parler, échanger, c'est vraiment gagnant.»