Fanny Mesnard, Les eaux du fleuve troublent de drôles d’histoires (du Nord au Nord), 2017. Encre et acrylique sur papier vélin, 75 x 100 cm.

Nouveaux noms, nouveau lieu pour la Foire en art actuel

La Foire en art actuel de Québec a décidé de troquer les galeries des centres d’artistes de Méduse pour un nouveau lieu vaste, ornementé et peu connu; la chapelle des Jésuites.

Les cimaises qui accueilleront les œuvres des 20 artistes sélectionnés par Marc-Antoine K. Phaneuf seront disposées dans ce grand espace dans le but avoué de charmer de futurs acheteurs.

Le commissaire a fait sa sélection en tentant de faire découvrir des artistes dont le travail est peu présenté à Québec et dont la plupart ne sont pas représentés par des galeries. Après un an et demi dans la capitale, celui-ci s’apercevait que plusieurs noms bien connus à Montréal avaient étrangement peu de résonance à l’autre bout de la 20.

Martin Golland, Terrazzi, 2017. Collage de matériaux mixtes (acétate, impression jet d’encre, fils), 10 x 10 pouces.

Le Montréalais Jean-Michel Leclerc fut en quelque sorte «l’élément déclencheur» de cette réflexion. «Il est fasciné par l’esthétique des vieux magazines, des reproductions d’images du début du XXe siècle. Il puise à la culture pop dans ce qu’elle a de queer», résume Marc-Antoine K. Phaneuf.

Le caractère «étrange et fascinant» du travail de Carolyne Scenna, qui a peint des œuvres sur des panneaux de coton faits à partir de t-shirts recyclés, promet également d’attirer les regards. Les réflexions de Sarah Thibault, très active dans les centres d’artistes en 2017, l’ont impressionné par leur justesse. La jeune artiste de Québec, qui travaille sur le factice et l’ornementation, aura le défi de proposer des œuvres de format domestique.

Le commissariat étant «un joyeux casse-tête où on essaie d’offrir un panorama assez large», M. Phaneuf a rassemblé des artistes aux esthétiques variées à qui il a donné carte blanche pour produire des œuvres actuelles, qui captent l’œil. «Quand l’œuvre se suffit d’elle-même, qu’elle propose un univers complet, complexe, dans lequel on peut se perdre et s’amuser, ça devient intéressant», note-t-il.

Hugo Gaudet-Dion, Au cœur de stress, 2017. Acrylique, encre et crayon sur toile, 10 x 10 pouces

Parmi les œuvres des 14 femmes et 6 hommes rassemblés, on verra notamment des collages photographiques de Gwenaël Bélanger, les assemblages de bois et de matières industrielles de Marie-Fauve Bélanger, les collages et les toiles «pop, mais jamais racoleuses» d’Isabelle Guimont ou encore les peintures abstraites de Melisa Taylor-Metzger…

Paul Brunet, qui s’intéresse présentement aux ventriloques, aura des toiles toutes fraîches à présenter. Son travail ne sera sûrement pas loin de celui d’Hugo Gaudet-Dion, qui propose, dans la même veine, des compositions aussi insolites que colorées.

Côté galeries, la Galerie d’Este présentera l’univers «onirique, fantasmé, très personnel» de Catherine Bolduc; la Galerie 3, les photos rehaussées de dessins d’Annie Baillargeon; la galerie Michel Guimont, les collages botaniques de Martin Golland; la Galerie Hugues Charbonneau, le travail de Karen Tam et la Galerie Lacerte, l’imagerie cartographique d’Eveline Boulva.

Melisa Taylor-Metzger, The Seismology of Cantilevered Hearts, Cascadia 2, 2018. Pyrogravure et aérosol sur bois, 47 pouces de diamètre.

Pierre Durette, Gabrielle Lajoie-Bergeron, Charlie Lescault, Fanny Mesnard, Sophie Jodoin et Frédérique Ulman-Gagné complètent la sélection. On peut avoir un aperçu de leur travail à foireartactuel.com.

La foire se tiendra du 31 mai au 3 juin au 20, rue Dauphine, Québec.