Lutz & Gugginsberg (Suisse) exposeront à l’Œil de Poisson

Manif d’art 9, une biennale en constellations

S’inspirant des mots de Leonard Cohen «Si petits entre les étoiles, si grands contre le ciel», Manif d’art 9 — La biennale de Québec permettra de déployer l’art actuel dans la capitale enneigée. Une exposition collective au Musée des beaux-arts du Québec (MNBAQ), 15 solos dans d’autres espaces d’exposition et une dizaine d’œuvres dans l’espace public sont au menu, du 16 février au 21 avril.

«La Biennale n’est pas seulement une exposition parmi tant d’autres, mais un événement, une constellation qui mobilise toute la ville et ses institutions culturelles», indique Jonathan Watkins, le commissaire de cette neuvième édition, la deuxième en partenariat avec le MNBAQ. Inspiré par la vastitude et la beauté du territoire ainsi que par les forêts et montagnes qui entourent Québec, le commissaire a rassemblé des artistes qui réfléchissent et explorent  le cosmos, le quotidien et les questions écologiques. Il a travaillé en collaboration avec la commissaire adjointe, Michelle Drapeau, et un comité artistique.

L’exposition collective qui logera dans le pavillon Lassonde permettra de «proposer une réflexion sur l’avenir de notre planète et notre place dans le monde», note Jean-Luc Murray, nouveau dg du MNBAQ. Une vingtaine d’artistes y présenteront des créations. Il y aura notamment Patrick Bernatchez, qui travaille avec les variations de lumière du Soleil; Caroline Gagné, qui a exploré les glaciers au large de Terre-Neuve; ainsi que Jim Holyoak et Matt Shane, qui préparent une grand écosystème fantasmagorique dessiné. Le Tchèque Kristof Kintera propose des visions apocalyptiques sur le gaspillage et l’obsolescence programmée, alors que Fanny Mesnard crée des mythologies personnelles liées à la nature… Bref, il devrait y avoir de beaux liens à faire entre ces propositions entremêlant art, humain et nature.

Dans les centres d’artistes de Méduse et au-delà, de multiples solos permettront de découvrir d’autres univers artistiques particuliers. 

Révisant les rapports «colonialistes» de l’homme envers le monde naturel, Christiane Baumgartner (Engramme) explorera le traitement des eaux potables et Hannah Claus (Musée huron-wendat) juxtaposera les référents autochtones et occidentaux. Felipe Castelblanco (La Bande vidéo) a mené un périple transnational sur un radeau précaire pour capter des images étonnantes. On a hâte de découvrir le travail du duo suisse Lutz & Guggisberg (L’Œil de Poisson), qui crée d’ingénieux microcosmes et du Japonais Shimabuku (Regart), qui relate les aventures tragicomiques d'un pédalo en forme de cygne.

Les œuvres du Japonais Shimabuku seront à Regart.

Art public

Les œuvres du volet art public sont rassemblées sous la thématique Story of the Street, le nom de la chanson dont est tiré l’intitulé de Manif d’art 9. Elles seront disposées — à une exception près — dans le Vieux-Québec. 

Parmi les activités périphériques, deux nouveautés sont à signaler: un volet Jeunes commissaires, «ce qui amène une programmation de 42 artistes de plus», souligne Claude Bélanger, directeur de Manif d’art, ainsi qu’un colloque sur les liens entre art actuel, vie quotidienne et nature qui se déroulera les 22 et 23 mars au MNBAQ. 

On peut consulter la liste des lieux et des artistes au Manifdart.org/manif9