Une vue de l'exposition de Polly Apfelbaum à Materia

Manif d'art 9: les tuques métissées de Polly Apfelbaum

Polly Apfelbaum a demandé à ses assistants de fabriquer des dizaines de tuques de laine bigarrées, avec des pompons aux couleurs du Canada. Chaque artiste participant à la 9e édition de Biennale de Québec pourra choisir le sien et l’obtenir à la fin de l’exposition.

«Ma grand-mère tricotait, ma grand-mère cousait et je ne sais rien de ses techniques. Je crois que les tuques peuvent permettre d’amorcer toute sorte de discussions sur nos souvenirs d’enfants ou sur la transmission des savoir-faire», indique-t-elle.

Des dizaines de têtes de mannequins aux teintes et aux pilosités variables sont disposées sur des blocs blancs qui rappellent des présentoirs de magasin, alors que la large bande rouge qui court sur les murs de Materia donne à l’installation une allure de patinoire.

Exposition de Polly Apfelbaum à Materia

L’artiste new-yorkaise s’amuse de toutes les résonances que peut avoir son projet de chapelière particulière. «Chez les baleiniers, les chapeaux étaient tous différents, alors ils permettaient d’identifier ceux qui mourraient en mer», souligne l’artiste. S’inspirant des chapeaux de marins, munis de pompons pour éviter de se cogner la tête sur le gréement, ses coiffes de laine multicolores évoquent le multiculturalisme, le métissage, mais aussi cette vieille peur que le ciel nous tombe sur la tête. Le titre de son installation va comme suit : Mutts and Mugs : Chicken Little was Right! The sky is falling, en référence au conte du petit poulet alarmiste et aux «fake news» qui circulent allègrement à notre époque. 

Jusqu’au 20 avril au 395, boulevard Charest Est