Manif d'art 8: portrait de Jean-Christophe Norman

Jean-Christophe Norman, né à Besançon en 1964, y vit toujours.
1. À la Manif...
Jean-Christophe Norman présente à la Galerie des arts visuels de l'Université Laval Histoire du jour et de la nuit, jusqu'au 26 mars. Il y a d'abord marché durant un jour et une nuit dans la galerie vide, alors que son image était captée par les caméras de surveillance. Des images de cette marche sont présentées dans la galerie, ainsi que le résultat d'un autre exercice d'endurance, lié à l'écriture : retranscrire la dernière phrase de livres regroupés dans deux bibliothèques privées et lointaines. «Le temps assez long, qui se déploie, est visible comme une image», note-t-il.
2. Sur le thème de la joie...
Les marches continues sont pour l'artiste une manière d'appréhender le monde et de créer des histoires qui se partagent. «J'associerais la joie à une sorte d'énergie que chacun a en soi, indique-t-il. Il faut trouver le moyen de réveiller cette joie chez les gens qu'on rencontre. Prendre part à quelque chose, non pas simplement seul comme artiste, mais avec les autres.»
3. Sa pratique artistique
Avant de devenir artiste, Norman faisait de l'escalade. Maintenant, il fait des «expéditions horizontales», réécrivant par exemple le roman Ulysse de James Joyce sur le sol des villes qu'il traverse, reprenant là où il avait arrêté à chaque nouvelle destination. Il crée des soudures dans l'espace et dans le temps, à long terme, en composant avec une part d'imprévisibilité, en produisant peu d'objets.
4. L'art dans le monde d'aujourd'hui
«Je ne dis jamais que je suis artiste quand j'interviens dans l'espace public, parce que je trouve que ça oriente trop le regard des passants et que ça me donne une position d'autorité», explique-t-il. Transposer des allégories, des oeuvres littéraires, de la fiction, dans le monde réel est sa manière d'appréhender l'art, toujours, pour lui, lié à la vie.
5. Une biennale d'art, c'est...
«Ça nous permet de rester assez longtemps pour rencontrer des gens, rencontrer d'autres artistes, voir comment les choses fonctionnent et interroger notre propre pratique», répond Norman. «Ça me correspond tout à fait, ça me permettre de continuer mon mouvement.»