L’histoire de la BD québécoise en condensé au Musée de la civilisation [VIDÉO]

La BD québécoise a connu ses balbutiements dans les journaux en pleine révolte des patriotes, alors que Capitaine Kébec est né avec la montée nationaliste dans les années 70. Mutations sociales et 9e art sont toujours allés de pair au Québec, comme l’expose la pimpante synthèse présentée au Musée de la civilisation.

L’exposition BD : moments forts du 9e art québécois est une nouvelle version, enrichie de planches originales, de dessins, de croquis et d’ouvrages, de 25 moments importants de la BD québécoise, une expo itinérante conçue par Québec BD qui s’est promenée dans plusieurs pays.

«Onésime» dans l’exposition BD : Moments forts du 9e art  québécois

«Les gens connaissent peu ce qui s’est fait avant les années 60, parce que les bandes dessinées étaient publiées dans les journaux et n’avaient pas une très longue durée de vie. La seule exception est Onésime, de Chartier, qui a été publié dans le Bulletin des agriculteurs de 1943 à 2002», expose Michel Viau, qui signe les textes de l’exposition. Celui-ci travaille à faire connaître l’histoire de la bande dessinée québécoise depuis plus de 20 ans.

La caricature Farewell Forever Liberalism datant de 1890 dans l’exposition «BD : Moments forts du 9e art québécois»

Entre la caricature Farewell Forever Liberalism datant de 1890 et les produits dérivés des populaires séries Les Nombrils et L’Agent Jean, la BD s’est pliée à tous les tons et à de multiples formats.

Pour contrer l’arrivée des BD américaines dans les années 60, on adapte des romans du terroir en cases et en bulles. La décennie suivante, J. Guilemai invente Bojoual, un Huron-Québécois qui résiste à l’envahisseur anglais.

Capitaine Kébec dans l’exposition «BD : Moments forts du 9e art québécois»

Les revues comme CROC et Safarir (ou Iceberg, plus radicale et irrévérencieuse) ont favorisé l’émergence de l’industrie et l’apparition des premiers professionnels. Depuis les années 90, c’est l’effervescence, tant du côté des maisons d’édition spécialisées comme La Pastèque, Pow Pow et Mécanique générale, que des genres — de l’autobiographique série Paul de Michel Rabagliati au poétique et touchant Jane, le renard et moi de Fanny Britt et Isabelle Arsenault.

Outre les panneaux de textes et les objets, l’exposition permet de découvrir des bédéistes à travers du matériel vidéo préparé par La Fabrique culturelle et de feuilleter des bandes dessinées récentes, comme La Petite Russie, de Francis Desharnais.

Stéphan La Roche, directeur général de l’institution, a rappelé que les expositions sur Tintin et Astérix et Obélix ont attiré des foules record au Musée de la civilisation au cours des dernières années. «La BD est souvent oubliée dans l’histoire artistique, alors que le talent de ses artisans ne fait aucun doute», souligne Thomas-Louis Côté, de Québec BD.

L’exposition est présentée du 3 avril au 19 mai au Musée de la civilisation.