À la Place-Royale, Lucie Bulot et Dylan Collins signent «Neiges éternelles»

Les passages insolites en expansion dans Saint-Roch [PHOTOS]+[VIDÉO]

Un boulet de briques qui dévale une ruelle, des têtes de clowns géantes, un buste de Louis XIV dans une boule de neige… Pour leur 6e mouture, les Passages insolites débordent du Petit-Champlain et du Vieux-Port et prennent de l’expansion dans Saint-Roch, avec des œuvres surprenantes, intrigantes, voire vaguement inquiétantes.

Les promeneurs pourront s’amuser avec l’histoire dans l’arcade «repliable» imaginée par le Consortium 19, dans le parc Petit-Champlain. Wolfe, Montcalm, Olivier Le Jeune, l’espionne Mademoiselle Baboche et d’autres personnages historiques s’affrontent en version pixelisée dans une réinterprétation du jeu Street Fighter. Une machine à boules permet de faire une course en canots, une machine à toutous permet d’attraper un bout d’édifice disparu alors qu’un jeu d’hockey sur table permet de refaire le but d’Alain Côté. 

«L'Arcade historique» du Consortium 19

Une œuvre plus éphémère que les autres (puisqu’elle ne sera accessible que jusqu’au 29 juin, de 9h à 19h) est installée à la place des Canotiers. Fare Thee Well! (Adieu!) de Dries Verhoeven permet d’observer dans des télescopes, écouteurs aux oreilles, des textes qui défilent sur des écrans placés sur le toit des résidences pour personnes âgées du Précieux-Sang, à Lévis. Le texte a été écrit avec la collaboration d’Anne-Marie Olivier.

À la Place-Royale, Lucie Bulot et Dylan Collins signent Neiges éternelles. Ils ont placé le buste de Louis XIV (le Roi-Soleil) dans une boule à neige géante.

«Fin de partie (Nagg et Nell)» de Max Steicher près de la rue Saint-Paul

Tout près de l’édifice des douanes, au Port de Québec, le trio BGL a construit ce qui ressemble à première vue à des échafaudages. Le portail, une frontière fictive faite de clôtures de sécurité, est placé dans un corridor de vent, qui agite doucement les tiges de métal de l’installation. «Les passagers des bateaux de croisière passent tous par ici. On pourrait presque leur demander leur passeport et ils le sortiraient», observe Sébastien Giguère.

«Le portail» de BGL

Impossible de ne pas réagir en voyant les deux immenses figures de clowns gonflables coincées dans un passage de la rue Saint-Paul. Fin de partie (Nagg et Nell) de Max Streicher, fait référence à la pièce de Samuel Beckett. La pluie qui dégoulinait sur les visages lors de la visite donnait l’impression que les deux figures pleuraient amèrement sur leur existence.

Bercer d’utopies, du Collectif 5M2, se déploie sur la terrasse du Laurie Raphaël. Le visiteur y traverse des interprétations futuristes de l’agriculture transformée et de la restauration déshumanisée. 

«Bercer d’utopies» du Collectif 5M2

Une sphère géante en briques semble dévaler (ou obstruer) la ruelle Légaré. Il s’agit d’Écho, de Jeffrey Poirier. «J’ai voulu donner une autonomie à la brique, un matériau qui soutient et structure, habituellement, et qui est très visible sur les bâtiments du quartier», indique l’artiste. 

Sur le même pied d’égalité de Guillaume La Brie, sur place Jean-Pelletier, montre différents objets sur un podium. Un cheval à ressort (objet maintenant introuvable dans les parcs de Québec), un banc de parc, un cône, une poubelle et un canon trônent ainsi en hauteur — une manière de questionner leur valeur symbolique.

«Écho», de Jeffrey Poirier

Dans Saint-Roch

Dans la vitrine qui servait auparavant à mettre en valeur des vêtements des designers québécois, sur le flanc de l’église Saint-Roch qui borde la rue Saint-Joseph, Olivier Moisan-Dufour présente Aménagement intérieur et accessoires. «C’est un habitat à l’image de notre société actuelle, un peu croche», note l’artiste. Le mobilier en bois palette, inutilisable, est surmonté d’un tableau montrant... une chaise en bois de palette. Une mise en abîme des contrastes sociaux du quartier, où les sans-abris circulent devant les vitrines de mobilier chic. 

Dans le jardin Jean-Paul L’Allier, un projet de médiation a donné forme à des corps hybrides faits «d’hexagones-paillettes» et d’objets quotidiens; l’installation L’écho des rêveurs de Caravane BLING BLING! (Mathieu Fecteau et Loriane Thibodeau).

Les trois œuvres reprises des années précédentes complètent la portion Saint-Roch. Alouette de Brandon Vickerd (le fameux satellite) s’est déposé ailleurs que sur une voiture cette année, à la place Jacques-Cartier. Ordures célestes du collectif Allard-Duchesneau offrira de nouveau un peu de magie sous les bennes à ordures, cette fois à l’angle des rues Monseigneur-Gauvreau et Saint-Joseph. Quant à Cube spatial de Marie-Eve Martel, son monde fluorescent se déploiera est à l’angle des rues Saint-Joseph Est et Caron.

De plus, l’exposition itinérante HUMANORIUM - l’étrange fête foraine, qui avait été présentée dans le parc, devant le Musée national des beaux-arts, il y a quelques années, reprendra du service du 11 au 16 juillet à l’îlot Fleurie.

Les vernissages auront lieu le jeudi 20 juin à 17 h (départ Place Jean-Pelletier) et le samedi 22 juin à 15 h pour la portion Saint-Roch (départ Place Jacques Cartier). L’activité se poursuit jusqu’au 10 octobre. Info : exmuro.com

«Sur le même pied d’égalité» de Guillaume La Brie, sur place Jean-Pelletier