Les artistes Morgane Clément-Gagnon, Gentiane La France, Hubert Gaudreau et Valérie Arsenault

«Les entretemps», espace de réflexion

MATANE — Trois artistes émergents de la photographie exposent jusqu’au 23 mars au centre Espaces F de Matane. À travers une soixantaine d’œuvres, Valérie Arsenault, Hubert Gaudreau et Morgane Clément-Gagnon présentent «Les entretemps». L’exposition propose une réflexion portant sur l’intervalle en photographie, qu’il soit temporel, spatial ou imaginaire.

«C’est surtout les espaces qui sont entre les photographies qui m’intéressaient dans cette notion d’entretemps, explique la commissaire d’exposition de Québec, Gentiane La France. Dans les intervalles entre les photographies, il y a différentes correspondances qui peuvent se générer quand des photographies sont mises ensemble. Il se passe des choses entre les photographies qui n’auraient pas pu se passer si les photographies n’avaient pas été ensemble.»

Valérie Arsenault, de Québec, décrit son travail photographique comme le retrait de certaines photos de leur essence intime et personnelle afin de trouver une nouvelle corrélation entre les images. «Dans un ensemble de photos, il y a un torse et un cactus, donne-t-elle comme exemple. Dans le cactus, il y a des gravures. Entre ces photos, il y a quelque chose qui résonne, comme un écho de quelque chose.»

Les photos et projections vidéo de Morgane Clément-Gagnon sont issues d’une résidence de création en Islande. «Je me suis beaucoup intéressée à la lumière particulière d’un lieu où il y a quatre heures de soleil par jour et au folklore islandais qui veut qu’il y ait des créatures qui vivent dans le paysage», décrit l’ex-enseignante de philosophie au collégial originaire de Québec et qui réside maintenant à Montréal.

Dans sa série photographique, Hubert Gaudreau plonge dans l’inquiétude et l’anticipation qu’il a ressenties lors de son déménagement de Québec à L’Isle-Verte, près de Rivière-du-Loup. «Le projet a pris racine dans une fin de semaine un peu chaotique, raconte-t-il. J’étais dans le bois et je faisais des images. Une de mes phobies, qui est un peu irrationnelle, est celle du couguar de l’Est. C’est donc une métaphore de cette peur-là, une appréhension d’un nouveau territoire qui me submerge. Mes images sont la transition de la ville à la campagne.»