Les cartes tricotées de Mylène Michaud

Le Centre MATERIA, à Québec, présente les immenses tableaux textiles de Mylène Michaud. Alliant l'informatique, le tricot-machine et la courtepointe, ils représentent des cartes du territoire que l'artiste a captées sur Google Map.
Mylène Michaud travaille sur une machine à tricoter domestique électronique dotée de 200 aiguilles. Elle transpose sur ses tricots jacquard des images numériques tirées du Web, soit des cartes géographiques dont la plupart montrent des portions du Québec, le Saguenay, notamment. Il en résulte des oeuvres sur lesquelles chaque maille est un pixel.
Comme ses tricots couvrent souvent des murs entiers, elle assemble les panneaux qui les composent en se plaisant parfois à exposer les coutures. On les voit donc recto verso.
Âgée de 36 ans, Mylène Michaud vit à Québec et à Saint-Nérée-de-Bellechasse. Elle a terminé un baccalauréat en arts plastiques à l'Université Laval en 2004, puis un diplôme d'études collégiales en métiers d'art au Cégep Limoilou (spécialisation en textile) en 2011. «En trois ans de tricot-machine, tu apprends à programmer des motifs», mentionne-t-elle. 
Cela dit, il lui a ensuite fallu beaucoup de recherche et «d'exploration virtuelle» pour en arriver à un résultat si spectaculaire. Sur Google Map, elle cible des cartes, fait des zooms, définit ses cadrages. Préparer des fichiers informatiques est un travail assez long, précise-t-elle. 
Mylène Michaud est fascinée par le «projet Google Map»: «Tout est archivé, accessible. C'est colossal.» 
Le côté artisanal du tricot, son industrialisation par la machine et sa transposition dans l'univers technologique contemporain : voilà ce qui anime l'artiste qui questionne ainsi «notre rapport à l'espace et au temps à l'ère du numérique».
Baptisée D'un point à l'autre, l'exposition de Mylène Michaud sera présentée jusqu'au 5 février au Centre MATERIA (395, boulevard Charest Est), du mercredi au dimanche. Information:  centremateria.com. La boutique attenante à la salle d'exposition offre des foulards et des cagoules-tuques confectionnés par la designer textile, au nom de son entreprise, mimibou.