«Aurore boréale» de Magali Thibault Gobeil

Les bijoux confits de Magali Thibault-Gobeil à Materia

L’exposition au titre coloré «Quand les arcs-en-ciel pleurent des bonbons» ouvre la saison à Materia, qui présente des expositions en lien avec les métiers d’art. Les bijoux extravagants, funky et sculpturaux de Magali Thibault-Gobeil débordent des cadres établis pour former un alléchant pays des merveilles.

Elle aurait voulu être diplomate et régler tous les problèmes du monde, a étudié en sciences politiques, mais s’est finalement tournée vers la création de bijoux d’art qui illuminent la grisaille contemporaine, à défaut de résoudre les conflits géopolitiques. Formes molles, résines, couleurs vibrantes, formes démesurées… «Il y a un côté très léger et très drôle à tout ça, note-t-elle. On a le goût de les toucher, de les manger, ça appelle à l’interaction.»

À l’École de joaillerie de Montréal, où elle enseigne désormais, elle a appris à souder, fondre,concevoir, assembler. Elle a raflé le prix François Houdé, remis par la Ville de Montréal et le Conseil des métiers d’art du Québec, en 2017, et ses présences dans les évènements comme SOFA Chicago, Parcours Bijoux (France), Joya (Espagne), Autor (Roumanie), Art + Jewelry : Intersecting Spaces (Grèce) ont fait connaître son travail à travers le monde.

«Bonbonnière» de Magali Thibault Gobeil

Les formes ondoyantes et les vaguelettes de couleurs qui sont nées spontanément entre ses doigts rappellent les œuvres de ses parents, tous deux sculpteurs. La jeune femme façonne toutefois des pièces faites pour être portées et manipulées — même si ses bagues et ses bracelets démesurés mettent au défi la musculature des audacieux qui se prêteront au jeu.

«Rabbit» et «Long Nose» de Magali Thibault Gobeil

«Mes pièces sont portables, mais elles viennent avec un présentoir. Il y a un rapport intime avec le bijou que je ne retrouve pas en sculpture, même s’il y plus de liberté dans les formes et les formats», expose-t-elle.

L’exposition qui s’ouvre vendredi à Materia est son premier solo. Elle entend occuper le vaste espace avec des suspensions, des panneaux de plexiglas et un grand nombre de pièces, provenant des séries Somebody gets crazy with the candy machine (où des formes de polyuréthane sont cousues ensemble) ainsi que Et si les nuages étaient de la barbe à papa (dont certains bracelets richement ornés ont demandé des heures de travail). 

Du 6 septembre (vernissage à 17h) au 13 octobre à Materia, 395, boulevard Charest Est, Québec. Info : centremateria.com