Le spectaculaire sarcophage en quartzite rouge hébergeait trois cercueils emboîtés les uns dans les autres, dont le dernier en or massif abritait la momie de Toutankhamon.

Le trésor de Toutankhamon: de l’or et des énigmes

PARIS — Le trésor de Toutankhamon, dont plus de 150 pièces sont présentées à partir du 23 mars à la Grande Halle de la Villette, à Paris, recèle d’inestimables richesses et est nimbé d’un halo de mystères.

En novembre 1922, après six saisons de fouilles infructueuses, l’archéologue britannique Howard Carter et son riche mécène Lord Carnarvon découvrent une sépulture inviolée dans la Vallée des Rois, près de Louxor en Haute-Égypte.

Le trésor funéraire, réparti dans les cinq pièces du tombeau, est intact, avec 4500 objets (mobilier, bijoux, statuettes), dont bon nombre en or massif.

Le tombeau du jeune pharaon est le seul mausolée de l’Égypte antique à avoir livré un tel trésor.

Les innombrables autres tombeaux de pharaons et notables mis au jour jusqu’alors avaient été pillés au fil des millénaires.

Parmi les pièces notables : un lit en bois plaqué or orné d’une tête de lion, un char ou encore un poignard au manche d’or, forgé à partir du fer de météorites selon des chercheurs.

Le spectaculaire sarcophage en quartzite rouge hébergeait trois cercueils emboîtés les uns dans les autres, dont le dernier (110 kg) en or massif abritait la momie de Toutankhamon.

Mais la pièce maîtresse du trésor est un masque funéraire en or de plus de 10 kg incrusté de lapis-lazuli et d’autres pierres semi-précieuses.

Il a été abîmé en 2014 lorsque la barbe postiche, symbole de tous les pharaons, s’était détachée du menton lors de travaux dans le musée du Caire.

Des employés avaient alors grossièrement recollé la barbe au moyen d’une importante couche de colle epoxy, nécessitant deux mois de travaux de restauration menés par une équipe d’experts allemands.

Les énigmes de «l’enfant pharaon»

Toutankhamon, pharaon de la XVIIIe dynastie égyptienne, qui serait mort à l’âge de 19 ans, était peu connu jusqu’à la découverte de son tombeau.

Depuis, le destin de «l’enfant pharaon», mort à la sortie de l’adolescence après un bref règne, n’a cessé de fasciner les égyptologues confrontés à de nombreuses énigmes sur les circonstances de sa mort et sur sa filiation.

Des tests ont permis d’établir que le père de Toutankhamon était le pharaon Akhénaton, époux de la légendaire reine Néfertiti.

Pour autant, celle-ci n’est pas la mère de Toutankhamon. La mère du jeune pharaon, dont la momie a été retrouvée, serait la sœur de son père. L’analyse génétique montre en effet une consanguinité entre les parents.

C’est à l’âge de 9 ans, vers 1333 avant Jésus Christ, que Toutankhamon serait monté sur le trône de Haute et Basse Égypte, mais les âges et les dates varient d’un spécialiste à l’autre.

Le pays sort alors d’une période troublée, marquée par la volonté d’Akhenaton d’instaurer une forme de monothéisme avec le dieu du soleil Aton.

L’arrivée au pouvoir du jeune prince permet aux tenants du culte d’Amon de reprendre le dessus et de rétablir les divinités traditionnelles.

Toutankhamon aurait épousé sa demi-sœur, Ankhsenpaamon. Le mariage entre frère et sœur était commun dans l’Égypte des pharaons. Le couple n’a pas de descendance connue, mais deux momies d’enfants mort-nés ont toutefois été découvertes dans la tombe du jeune roi.

Plusieurs théories ont circulé sur les causes de son décès : maladie, accident de char ou meurtre.

En 2010, des tests génétiques et des études radiologiques ont révélé que l’adolescent serait en fait mort de paludisme combiné à une affection osseuse. Le jeune roi boitait d’un pied en raison d’une nécrose osseuse et son système immunitaire était déficient.

Un trésor maudit?

Quelques mois après la fabuleuse découverte, le mythe de la malédiction du pharaon, qui frapperait ceux qui ont ouvert le tombeau, prend corps lorsque le financier des recherches Lord Carnavon meurt en avril 1923 de septicémie, après une coupure infectée.

La légende se nourrit aussi d’une série de décès, comme celui de Carter qui meurt d’un cancer en 1939 à l’âge de 64 ans sans avoir achevé la publication de son ouvrage sur la sépulture, alors qu’il avait consacré 10 ans à répertorier le trésor.

Une explication à certains décès pourrait résider dans l’existence de champignons toxiques à l’intérieur de la tombe.

Agatha Christie s’inspirera de la malédiction de Toutankhamon pour une de ses célèbres nouvelles : L’aventure du tombeau égyptien.