Exposition Mon sosie a 2000 ans au Musée de la civilisation

Le meilleur des arts visuels et des musées

ARTS VISUELS

1. Le Symposium de Baie-Saint-Paul

Rendez-vous incontournable de l’été, le Symposium d’art contemporain de Baie-Saint-Paul a investi un nouveau lieu, l’ancienne école Thomas-Tremblay, qui lui va très bien. Les artistes de la cuvée 2018 nous ont permis de découvrir une nouvelle manière poétique, ludique ou grinçante, d’envisager le monde. Les courtes animations de Leila Zelli sur les paradoxes de la vie dans les pays en guerre, le travail de Gali Blay, entre vidéo et documentaire, dans des décors bricolés particulièrement inventifs, ainsi que la boutique de souvenirs d’Eddy Firmin et Fred Laforge (reprise chez Engramme cet automne), nous ont particulièrement marquées.

2. Les surprises de la Galerie AMF

En allant occuper le local du 1, côte Dinan, où a longtemps logé la Galerie Lacerte, Alexandre Motulsky-Falardeau se lançait un peu dans le vide. Il a su présenter deux expositions qui sortaient des sentiers battus : son exposition inaugurale (qui comportait notamment des tables d’Yves Klein et une toile de Gabriel Filion, signataire de Prisme d’Yeux) et Voyage au pays des surréalistes, un lot d’œuvres sur papier abordables faites par des artistes surréalistes, cubistes et dadaïstes. Le jeune galeriste saura-t-il faire sa marque? C’est à suivre.

Galerie AMF

3. L’incontournable Galerie 3

Difficile de passer à côté des expositions solos présentées cette année à la Galerie 3. Dopamine Opera de Doyon-Rivest, Une exposition normale de Cooke-Sasseville, Les amas d’Annie Baillargeon (photo), Contrefaçons de Claudie Gagnon et Grand écart de BGL ne sont qu’une portion de la programmation relevée proposée par la galerie. Avec un agrandissement qui doublera sa superficie, une nouvelle phase se prépare pour 2019. 

Galerie 3

D’autres expos marquantes

› Bivouac, la bataille des fourreaux, d’Anouk Desloges, Isabelle Demers et Emilie Proulx à Materia, pour les légendes personnelles et le mélange de délicatesse et de cran

› Helga Schlitter à la galerie Louise-Carrier, pour le sympathique bestiaire bariolé

› Les falaises se rapprochent d’Anne-Marie Proulx à la Galerie des arts visuels, pour les mots soigneusement choisis, l’immensité et l’humanité

› Mascarades de Boris Firquet à la Bande vidéo, pour la vivacité du trait et avoir su marier le Sommet du G7 et l’univers de Disney

› Terre tourmente d’Eveline Boulva à Engramme, pour la beauté réfléchie, la cartographie, l’imprévisible

Les brunantes au Parc naturel régional de Portneuf, pour les courts-métrages déposés dans la forêt, les étoiles, la pétillante trame sonore

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MUSÉES

1. Giacometti

Musée national des beaux-arts de Québec 

La rétrospective consacrée à Giacometti (1901-1966) était grandiose. À l’image de ses fabuleuses sculptures filiformes et de la formidable scénographie de Jean Hazel qui magnifiait les œuvres du célèbre artiste suisse. Chant du cygne de Line Ouellet à la tête du MNBAQ, l’exposition permettait d’avoir un tour d’horizon de l’immense production du créateur de génie et de découvrir à quel point il se distinguait par sa diversité stylistique. Grandiose, vous dis-je.

Giacometti

2. Manifesto

Musée d’art contemporain de Montréal

Je n’irais pas jusqu’à écrire que je suis allé à Montréal juste pour Manifesto, mais c’était un incontournable de ma virée. Cette incroyable installation immersive met en vedette Cate Blanchett. La grande actrice incarne, sur chacun des 13 écrans, un personnage différent qui déclame un collage de textes puisés à même des manifestes artistiques et politiques publiés depuis 150 ans. Julian Rosefeldt a minutieusement composé autant d’impressionnants courts-métrages. Manifesto exerce une incroyable fascination tant par l’audace de sa proposition que la réflexion qu’elle suscite. Jusqu’au 20 janvier.

Manifesto

3. Mon sosie a 2000 ans

Musée de la civilisation

On a parfois tendance à oublier à quel point nous sommes semblables. Pas seulement sur le plan social ou idéologique : physiquement aussi. La fascinante Mon sosie a 2000 ans démontre que la ressemblance traverse le temps et que parfois ceux qui se ressemblent partagent aussi des parcours similaires. Troublant! Ce qui a incité le Musée de la civilisation à proposer sur l’image de soi et ses enjeux contemporains à l’heure du fléau des égoportraits. À visiter avec votre Narcisse préféré jusqu’au 12 mai.