Loin des imposantes sculptures qui ont fait connaître Ludovic Boney, l’installation Rassemblement familial permet de découvrir à Québec un autre volet de la pratique de l’artiste.

L'abri Tempo en odorama de Ludovic Boney

L’odeur d’un garde-robe de cèdre, un grenier pour jouer à la cachette, les bottes dans le bain, les desserts et les hors-d’œuvre qui attendent dans le garage… En créant un parcours inusité dans un abri Tempo, Ludovic Boney nous invite à revisiter nos souvenirs.

De l’extérieur, le visiteur ne peut pas se douter de ce qui l’attend dans ce bungalow/maison longue blanc et froid comme un banc de neige. Un second abri, plus petit, peut lui donner quelques indices. Pour peu qu’il se donne la peine de dégager la porte et d’aller y observer l’écran, où sont retransmises en direct les images captées dans chacune des pièces de l’habitation. Une telle station de surveillance pour une maison unifamiliale peut sembler démesurée, mais c’est aussi une manière de donner accès à l’installation à ceux qui ne pourraient se faufiler dans les étroits passages et les petits escaliers qui relient les pièces.

De l’extérieur, le visiteur ne peut pas se douter de ce qui l’attend dans ce bungalow/maison longue blanc et froid comme un banc de neige.

Lorsque s’ouvre la porte de l’abri principal, on voit des aspics, des desserts et des canapés colorés alignés sur des étagères. La petite pièce est refroidie par un climatiseur qui gronde, ce qui donne l’impression d’entrer dans une chambre froide.

Les plats de l'espace réfrigéré de «Rassemblement familial»

Au fil des portes, on découvre un placard bourré à craquer de jeux de société; un grenier où s’empilent des objets des années 70 et du matériel de camping; un garde-robe rempli de manteaux dont l’odeur assaille nos narines; une salle de bain vert menthe où les produits et le livre Cessez d’être gentil, soyez vrai! créent un joyeux fouillis au bord du bain.

Le grenier de «Rassemblement familial»
Le garde-robe de cèdre de «Rassemblement familial»

Dehors, une table à dîner avec les restes d’un repas a été abandonnée, mais les sons des ustensiles dans l’assiette, des rires et des raclements de gorge des convives se font toujours entendre (la trame sonore est signée Yannick Plamondon). Julie Lévesque signe quant à elle la scénographie.

Loin des imposantes sculptures qui ont fait connaître Ludovic Boney, l’installation Rassemblement familial permet de découvrir à Québec un autre volet de la pratique de l’artiste, le parcours, amorcé avec Afin d’éviter tous ces nœuds au centre Oboro à Montréal et NSPSLL! à Action Art Actuel à Saint-Jean-sur-Richelieu. Il sollicite nos sens et conjugue les référents sociaux avec un humour et un sens théâtral qu’on ne lui connaissait pas… De quoi avoir envie de soumettre sa candidature pour une station d’Où tu vas quand tu dors en marchant...?

Jusqu’au 19 mai à la Galerie des arts visuels, 295, boulevard Charest Est, Québec