Mme Annie Leclerc, veuve de Jacques Amyot, jette un coup d’œil au trophée que son mari avait reçu pour avoir été le premier homme à traverser le Lac Saint-Jean en 1955 et qui a été offert au Musée de la Civilisation.

La mémoire de Jacques Amyot honorée

Moins d’un an après le décès du nageur de longue distance Jacques Amyot, sa mémoire survivra au Musée de la Civilisation, qui a reçu une donation de ses souvenirs et mis en valeur le trophée qu’il a reçu pour avoir été le premier homme à traverser le lac Saint-Jean en 1955 et les lunettes de natation qu’il a utilisées pour réaliser l’exploit.

Présentés dans l’exposition «Le temps des Québécois», entre des présentations sur Félix Leclerc et Maurice Richard, ces objets font partie d’une donation que M. Amyot avait faite à l’institution muséale juste avant d’être emporté par la maladie au mois de septembre à l’âge de 93 ans. La donation inclut des trophées, médailles, lunettes de natation et maillots de bain de même qu’un fonds d’archives représentatif de sa carrière.

«C’est émouvant, évidemment! Ce sont des choses qu’on avait chez nous depuis longtemps. Et je suis ccontente qu’on le présente entre Maurice Richard et Félix Leclerc, car Félix Leclerc est mon cousin germain!» a déclaré Mme Annie Leclerc, veuve de Jacques Amyot, qui assistait à une conférence de presse mercredi pour souligner la donation.

«On pense encore beaucoup à Jacques, car ça ne fait pas très longtemps qu’il est parti. Sa traversée de la Manche en 1956, c’était vraiment quelque chose de gros. Quand il est revenu, il avait été reçu par le premier ministre Maurice Duplessis! Pour Jacques, la nage en eau libre, c’était un défi. Quand il commençait quelque chose, il n’arrêtait pas», a-t-elle poursuivi.

Des records

Sa fille Johanne Amyot, également présente avec sa sœur Lise, soulignait que son père avait eu la chance de voir sa donation acceptée par le Musée de son vivant. «Tout cela laisse une trace tangible de son passage dans le monde du sport. Quand il a réussi la première traversée du Lac-Saint-Jean, plusieurs le croyaient téméraire ou un peu fou, mais mon père aimait se lancer des défis, établir des records», indique-t-elle. Jacques Amyot détient d’ailleurs toujours 52 records québécois et 11 records canadiens en natation en eau libre.

En plus du Lac-Saint-Jean, traversé aussi en 1959, 1962 et 1974 et de la Manche, qu’il a traversée en 1956 et en 1975, Jacques Amyot avait aussi fait le tour de l’île d’Orléans à la nage, un périple de 80 km, la traversée de l’île aux Lièvres à Rivière-du-Loup, le trajet Baie-Saint-Paul-Les Éboulements-l’Isle-aux-Coudres, Sainte-Anne-de-Beaupré-Québec et la rivière Chaudière de Vallée-Jonction à Saint-Georges.

Johanne Amyot est très fière de voir ainsi immortalisés le souvenir, la présence et les exploits de son père. «La dernière entrevue qu’il a donnée, c’est à Lydia Bouchard, conservatrice du Musée. Il avait encore en mémoire toutes les statistiques, les dates... Quelques jours plus tard, il entrait à l’hôpital et il est décédé peu de temps après», confie-t-elle en terminant.