Le nom de Mégane Fortin, 11 ans, de Stoneham, circule de plus en plus dans le petit cercle fermé des collectionneurs privés.

La jeune Mégane Fortin expose à Los Angeles

Mégane Fortin, jeune artiste peintre de seulement 11 ans, voit sa carrière prendre forme de belle façon en sol américain avec une exposition de ses œuvres, jusqu’au 20 mars, dans le cadre du Festival de cinéma francophone à Los Angeles. Un jalon important pour la préadolescente dont les œuvres abstraites s’envolent depuis deux ans sur le marché de l’art.

La participation de l’élève de Stoneham à ce festival, inauguré jeudi par l’actrice française Marie-Christine Barrault, constitue une «belle vitrine» explique sa mère, Jessie Tremblay. Après un premier vernissage à Los Angeles en octobre, lancé sans elle «en raison de son jeune âge», une seconde exposition et une tournée médiatique sont prévues pour l’automne, en collaboration avec son gérant embauché pour gérer sa carrière naissante. «Elle ne savait même pas c’était où Los Angeles. Passer des montagnes de Stoneham aux gratte-ciel d’une grande ville, c’est un grand événement pour elle.»

Dès la maternelle, Mégane démontrait un talent précoce, explique Mme Tremblay. «Ce qu’elle aimait, ce n’était pas de colorier, mais de dessiner à partir de feuilles blanches. Elle ne copiait rien, ça sortait de sa tête. Elle s’isolait et dessinait tous les jours. L’idée de faire seulement de l’abstrait lui est venue vers sept ans.»

Après une série de cours avec l’artiste franco-canadien Maurice Louis, la fillette a poussé plus loin son art en compagnie de sa nouvelle mentor, Marie-Josée Lépine. Un soir par semaine, Mégane et elle passent quelques heures à peindre ensemble dans un atelier du Vieux-Québec, histoire d’expérimenter diverses approches.

Mme Tremblay et son conjoint Alexandre Fortin n’ont jamais mis de pression à leur fille. «Elle peint au compte-gouttes. Pour elle, c’est une façon de s’extérioriser. Ça la calme aussi, comme d’autres peuvent se détendre en faisant du yoga ou en prenant une marche. Quand elle descend au sous-sol, elle entre dans sa bulle.»

Toiles prisées

Lentement, le nom de Mégane commence à circuler dans le petit cercle fermé des collecteurs internationaux. Presque toutes ses toiles trouvent preneurs, à des prix variant entre 200 $ et 2300 $, sous son nom d’artiste, MEG. «Ça part comme des petits pains chauds, mentionne Mme Tremblay. Ses premiers vernissages ont fait boule de neige.»

Le pactole amassé servira à payer ses études. Des études en art, bien entendu. «Elle n’est pas toujours consciente que ses toiles prennent de la valeur, mais dans sa tête, c’est déjà clair qu’elle veut en faire une carrière. Mais on désire surtout qu’elle garde les deux pieds sur terre.»