Une étude de Léonard de Vinci sur le martyre de saint Sébastien, identifiée parmi d'autres dessins confiés à la maison Tajan, a été classée trésor national par la France en décembre.

La France cherche 15 millions d'euros pour un dessin de Vinci

Quinze millions d'euros pour une étude de Léonard de Vinci sur le martyre de Saint Sébastien : c'est la somme que doit trouver l'État français pour ajouter à ses collections ce chef d'oeuvre découvert par hasard.
Identifiée parmi d'autres dessins confiés à la maison Tajan pour être vendus aux enchères, l'étude a été discrètement classée trésor national fin décembre. Elle est donc interdite de sortie du territoire et l'État a désormais trente mois pour trouver la somme demandée par le vendeur, un médecin de province souhaitant conserver l'anonymat. Il a reçu l'oeuvre de son père, qui l'avait lui même achetée chez un libraire.
À l'origine de la découverte de L'étude pour un Saint Sébastien dans un paysage, un lot de 14 dessins, d'intérêt divers, contrecollés sur des passe-partout de différentes couleurs. Pour les évaluer, la maison Tajan fait appel à son expert habituel, Patrick de Bayser.
Celui-ci remarque un dessin comportant au verso «deux croquis scientifiques sur la répartition de la lumière derrière un obstacle et deux annotations en écriture spéculaire [qu'on peut lire dans un miroir], une technique très fréquemment employée par Vinci».
«Je suis immédiatement convaincu que c'est un Léonard», se souvient avec enthousiasme Patrick de Bayser.
Il fait alors appel à la plus grande spécialiste des dessins de Vinci, Carmen C. Bambach, conservatrice au Metropolitan Museum de New York, qui confirme l'attribution.
Jamais en peinture
On connaît deux autres études de Saint Sébastien par Vinci et dans une liste de ses oeuvres qu'il a lui même établie, il fait état d'une série de huit dessins sur ce thème qu'il n'a jamais traité en peinture.
Réalisé avec de l'encre brune sur un papier très fin, ce Saint Sébastien faisait sans doute partie d'un de ces carnets de croquis fabriqués par l'artiste pour y noter ses idées.
«D'une grande expressivité», le saint est représenté les cheveux dans le vent, avant qu'il ne subisse le martyre infligé par l'empereur Dioclétien pour avoir défendu des chrétiens alors qu'il était centurion.