Ilana Pichon pendant l'installation de <em>Défriche Déchiffre.</em>
Ilana Pichon pendant l'installation de <em>Défriche Déchiffre.</em>

Ilana Pichon chez Engramme: nœuds d’autoroute en suspension

Josianne Desloges
Collaboration spéciale
Cet été, en regardant la ville de haut grâce à Google Map, Ilana Pichon a imaginé des parcours, qu’elle a tracés avec des lignes colorées autour du Musée national des beaux-arts du Québec. Cet automne, elle a plutôt identifié des zones perdues, laissées en friche aux abords des autoroutes, pour concevoir une installation dans la galerie d’Engramme.

La région de Québec est traversée par des tronçons d’asphalte qui s’entortillent près des ponts et au croisement des autoroutes. Avec le télétravail, le flux des voitures a ralenti et de vastes terrains, comme ceux des aéroports et des centres d’achats, sont moins fréquentés.

Le projet Défriche. Déchiffre a pris forme pendant une résidence au mois d’octobre. Ilana Pichon s’est attardée à neuf nœuds autoroutiers (un pour chaque fenêtre de la galerie d’Engramme), qui sont comme des organes gris dans le tissu urbain. Elle en a tiré des formes, qu’elle a sérigraphiées, puis déployées comme des planètes hirsutes.

«Techniquement, ce n’était pas un défi complexe, puisque je suis habituée de faire des maquettes, note l’artiste. Une autoroute implique déjà des superpositions de bretelles, donc la dynamique 3D existe déjà. J’ai déconstruit les formes qu’on peut y trouver et je les ai assemblées pour créer des ensembles hétéroclites.»

Les sculptures suspendues vues de la côte d’Abraham

Le résultat est maintenant visible de la côte d’Abraham et de la rue Saint-Vallier Est. La légèreté et le flottement immobile des sculptures créent un intéressant contraste avec le flot haletant d’autobus, de voitures et de piétons qui dévalent la pente.

Ce n’est pas la première fois qu’Ilana Pichon habite cet espace lumineux. Elle l’avait aussi fait en été, quand la galerie est inaccessible au public. «Pour moi, travailler avec l’espace public va de soi, puisque j’ai fait des études en architecture. Comme quand je fais de la murale, je vais vers les gens en intervenant dans leur quotidien», explique-t-elle.

Au fil du temps, les œuvres qui se trouvent sur notre route deviennent de plus en plus familières, jusqu’à ce que, un jour, on ait envie de s’arrêter pour mieux les observer. 

L’installation sera visible jusqu’au 30 novembre, de l’extérieur du 510, côte d’Abraham, Québec. Info : engramme.ca