Au vernissage de l'exposition «Les mouvements nécessaires» chez Engramme, les visiteurs étaient invités à découvrir les oeuvres cachées sous le sable et le sel.
Au vernissage de l'exposition «Les mouvements nécessaires» chez Engramme, les visiteurs étaient invités à découvrir les oeuvres cachées sous le sable et le sel.

Gabrielle Bélanger: échos des îles friables

Josianne Desloges
Collaboration spéciale
Les rencontres humaines, comme les voyages, sont souvent des plongées dans l’inconnu. Gabrielle Bélanger en a fait la pierre d’assise de sa démarche de création. Après être allée à la rencontre des itinérants et des travailleuses du sexe, l’artiste a créé avec les Madelinots, qui lui ont parlé de leurs points d’ancrage sur un territoire qui s’effrite.

Avec sa carriole mobile, la jeune femme est partie à l’aventure cet été pendant six semaines partagées entre Havre-Aubert, Grande-Entrée et Cap-Aux-Meules. Son point de départ, lors de ses rencontres avec les gens, était une double question : «Pourquoi on décide de s’enraciner quelque part et pourquoi on décide de partir d’un lieu?» Sur un archipel où il y a de nombreux touristes de passage et que plusieurs doivent quitter pour étudier ou travailler, cette question a suscité de nombreux commentaires sur le territoire et les éléments de la nature.

«Ce sont des éléments avec lesquels je ne travaille pas habituellement, mais c’était vraiment ce qui ressortait dans les rencontres. Les gens me parlaient de coucher de soleil sur une falaise et du vent des îles», raconte Gabrielle Bélanger. Pour documenter ces points d’ancrage émotif plus loin, l’artiste est allée recueillir des artefacts qui sont devenus des photogrammes et faire des performances, qui ont données des photographies.

Gabrielle Bélanger lors de sa résidence aux Îles de la Madeleine

Une fois dans l’espace d’exposition, elle a continué d’inclure les gens dans ses œuvres. Les visiteurs sont invités à poncer, à l’aide de papiers sablés où sont imprimées des sérigraphies, l’œuvre L’effritement de ma personne. Sur des bardeaux de cèdre, une impression faite à partir d’une photographie de l’artiste en train de contempler le paysage a été couverte de couches d’encre et de vernis. L’action des visiteurs lui a donné un aspect fragile de palimpseste.

«Les mouvements nécessaires» chez Engramme

Au vernissage, le public a aussi été invité à révéler les œuvres au sol, cachées par de petits continents de sable et le sel. De petits objets, dont des flocons de plastique laissés par les pantoufles bleues qu’on nous demande d’enfiler à l’entrée, percent dans cette plage miniature. Une trame sonore, où on entend le son couinant de pieds qui s’enfoncent dans le sable des îles, ajoute à l’expérience. 

Les mouvements nécessaires est présentée jusqu’au 20 décembre chez Engramme, 510, côte d’Abraham, Québec.