Finissants en arts visuels de l'UL: dans l’intimité de la création

La cohorte 2018 du bac en arts visuels de l’Université Laval présente des œuvres pensées et présentées avec soin. Le visiteur est invité à entrer dans des installations et salles de projection, à tourner des manivelles et à regarder par de petites ouvertures pour découvrir leurs 21 univers.

L’exposition s’intitule Artcore; «core» pour le noyau, la base, le centre, que représente leur formation académique et pour l’homonymie avec «hardcore» pour souligner le travail brut, l’intensité du geste et le non-conformisme. Le travail présenté a toutefois une qualité beaucoup plus délicate et intime que ce que le titre laisse présager.

Le duo de commissaires formé d’Andréanne Lesage (du Musée des beaux-arts du Québec) et Susie Dufour (qui enseigne l’histoire de l’art) a réussi à bien mettre en valeur les œuvres, tout en évitant de les éparpiller dans tous les recoins du labyrinthique édifice La Fabrique.

L'installation de Laurence Gravel

On remarque d’abord la chambre rose, kitsch et rococo de Laurence Gravel, qui conjugue installation, photomontage et vidéo (au plafond!) la mettant en scène sur une musique qui pourrait être tirée de vieux films mettant en vedette Audrey Hepburn. Anne Plourde signe une installation d’objets récupérés mais savamment poétisés: guirlande d’os, mots imprimés mis en bouteille, parachute de papier et de plastique. Marilyn Forgues présente son travail photographique et intime d’inventive façon, en casse-tête, en l’intégrant dans des tiroirs de commode ou en en faisant une animation, à voir à travers un œil de bœuf.

Une pièce de Marilyn Forgues

Laurence Pageau a pour sa part mis en scène sa propre mort, sans cartel, en disposant sa photo, des cierges, une couronne de fleurs et un carnet. Jean-Marc Ouattara 4, originaire de Côte d’Ivoire, entremêle masques et figures humaines dans des œuvres hybrides, aux traits forts. Rosalie Gamache a elle aussi créé elle des portraits hybrides, en prenant trois drag queens pour modèle.

Il faut suivre les points au sol pour accéder à la chambre noire qui accueille l’œuvre singulière de Dany Massicotte, qui a conçu une bibliothèque en modèle réduit où des projections animent le plancher et le plafond. Puis, direction quatrième étage qui accueille surtout des œuvres sonores et vidéo. Exception faite des sculptures organiques, qui ressemblent à des pieuvres et des anémones de plastique, signées Madeleine Bouchard.

Une partie de l'installation d'Anne Plourde

Un tapis rouge nous mène à la salle de projection de Simon Deroy. Sur la porte, le créateur arbore une perruque à la Gab Paquet sur une affiche où on peut lire «La chienne de vie de Simon Deroy». Il s’est intéressé aux films de Pierre Larouche, un cinéaste amateur qui a apparemment fait fureur sur le Web, et a refait des scènes à l’identique. Rires et malaises assurés. Dans une dernière pièce, trois machines en bois de Michelle Gagnon invitent le visiteur à regarder ou écouter des enregistrements et des images de sa jeunesse, prises par sa mère photographe.

D’autres propositions, sculptures, peintures et installations, sont à découvrir jusqu’à dimanche prochain.

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Quoi: Artcore, l’exposition des finissants au bac en arts visuels et médiatiques de l’Université Laval

Quand: jusqu’au 27 mai, de 12h à 17h et jusqu’à 20h jeudi et vendredi

Où: École d’art, édifice de la Fabrique, troisième étage, 295, boulevard Charest Est