F5 au Musée de la civilisation: connecter artistes et entreprises techno

La chambre blanche a décidé d'envoyer quatre artistes en art actuel en résidence dans des entreprises oeuvrant sur les nouvelles technologies. On peut découvrir le résultat à travers quatre oeuvres singulières, exposées jusqu'en juin au sous-sol du Musée de la civilisation.
«C'est un projet axé sur la rencontre, où artistes et entrepreneurs sont sortis de leur zone de confort», indique Jacques Blanchet, commissaire de l'exposition. Pour le Musée, l'exposition s'inscrit dans une vaste stratégie numérique, qui inclut aussi la numérisation de sa collection et la création imminente d'un laboratoire d'innovation et de créativité. «L'esprit de Muséomix deviendra un état permanent», note le directeur général Stéphan La Roche.
Camille Bernard-Gravel, qui participait l'été dernier au Symposium international d'art contemporain de Baie Saint-Paul, a créé trois micro-environnements, qui se détériorent en fonction des données météorologiques recueillies au «pôle d'inaccessibilité», l'endroit le plus éloigné de toute terre ferme. L'oeuvre réalisée avec le support de Spektrum, qui s'est occupé de la visualisation des données, s'intitule Point Némo
Bruit/Noise de Pascale Leblanc-Lavigne s'appuie sur les recherches les plus populaires quotidiennement au Québec sur le moteur de recherche Google. «Hier c'était la lutte, aujourd'hui ce sont les jumeaux», indique l'artiste, qui a élaboré son concept avec Ixmédia et Kabane. Il y a bien sûr des filtres qui empêchent les contenus violents ou pornographiques d'être diffusés sur les écrans. Une sculpture cinétique, où un haut-parleur risque de se fracasser à tout moment, garde les visiteurs aux aguets. 
Plus contemplative, l'oeuvre Ce côté-ci de la rue de Julie Bouffard prend la forme de compositions vidéos à partir d'images captées dans les quartiers Saint-Sauveur et Saint-Roch. «Ce n'est pas narratif, alors c'était un peu déstabilisant au début pour les gens du Studio Élément», raconte l'artiste, qui a toutefois fini par les «contaminer» et qui a pu bénéficier de leur expertise pour la synchronisation des images, l'ajout d'effets visuels et la finition. 
Le compositeur Pierre-Olivier Roy s'est allié à l'entreprise Saga, qui crée des réalités augmentées dans l'espace physique, pour créé Machine musicale. Les visiteurs peuvent monter sur des podiums qui contrôlent les trois grandes familles d'instruments (cuivres, cordes et bois) et influencer, avec leurs déplacements et leurs gestes, certains paramètres de la musique diffusée en continu.