Le directeur des Jardins de Métis, Alexander Reford, et le président d’Umanium, Pierre Fauteux, ont présenté l’exposition «Elsie vue par...» qui rend hommage à la fondatrice des jardins.

«Elsie vue par...»: la vie de la fondatrice des Jardins de Métis revisitée

GRAND-MÉTIS – Plusieurs invités et visiteurs ont pris part, dimanche à la villa Estevan des Jardins de Métis, à la présentation de l’exposition sur la vie d’Elsie Reford. L’exposition «Elsie vue par...» était commentée par l’arrière-petit-fils de la fondatrice des lieux, Alexander Reford, et l’équipe qui a monté le parcours en collaboration avec la firme Umanium de Montréal.

L’événement a aussi été l’occasion pour l’équipe de lancer le catalogue de l’exposition, tiré à 440 exemplaires. «C’est un ouvrage fascinant qui se lit comme un roman», estime Sylvain Legris, qui a supervisé sa réalisation.

L’exposition raconte l’histoire de cette femme entreprenante aux multiples talents à partir de lettres et de témoignages de gens qui l’ont connue. Selon le président d’Umanium, Pierre Fauteux, le concept des installations met l’accent sur l’esprit de la villa construite en 1886. Le design des panneaux d’interprétation évoque subtilement le mobilier et le papier peint de la résidence.

Sylvain Legris a supervisé la réalisation du catalogue qui contient toutes les photos et les textes de l’exposition «Elsie vue par...», tiré à 440 exemplaires.

De l’Ontario à la Gaspésie

Elsie Meighen est née en 1870 à Perth en Ontario d’une mère écossaise et d’un père irlandais. La famille emménage à Montréal en 1882. Son père est le président de la Lake of the Woods Milling Company, aussi connue sous le nom de Five Roses.

Le 12 juin 1894, Elsie épouse Robert Wilson Reford. Le couple aura deux fils : Bruce et Eric. La famille Reford passe ses vacances d’été à la villa Estevan à Grand-Métis. C’est en 1918 qu’Elsie hérite du domaine de son oncle, George Stephen.

Mme Reford était une intellectuelle. «La coutume voulait que les dames se retirent au salon après le dîner et que les hommes restent autour de la table à parler d’affaires, se souvient la fille du majordome d’Elsie, Evelyn Annett. Mme Reford restait à table pour discuter avec les plus brillants d’entre eux.» 

«C’est la seule femme de mes connaissances à avoir lu la théorie économique de Keynes d’un bout à l’autre», dira la petite-nièce d’Elsie, Lorna Bethell. En plus de l’anglais, Mme Reford parlait le français et l’allemand.

Une pionnière

En 1907, elle fonde le Cercle canadien des femmes. Elsie exprime d’ailleurs par lettre sa déception au premier ministre du Canada, sir Wilfrid Laurier, de ne pas avoir répondu à son invitation pour l’inauguration de son organisme.

Même si Elsie était une littéraire, la plupart de ses écrits ont été brûlés, croit le directeur des Jardins de Métis, Alexander Reford. «Elle écrivait à un paquet de monde», souligne-t-il. Heureusement, les photos de son mari remémorent ses nombreuses activités, dont la pêche au saumon. Se souciant peu des ragots de l’époque, une photo et une vidéo la montrent à l’été 1910 lors d’une expédition en canot, alors qu’elle était partie seule avec une équipe de guides, tous des hommes, pendant un mois. 

Ce n’est qu’à l’âge de 54 ans qu’Elsie commence à jardiner. «Son jardin était important, mais ce n’était pas son chef-d’œuvre, fait savoir son arrière-petit-fils, qui est également historien. C’est pour ça qu’on a exploré d’autres thèmes : féministe, politique, philanthropique… C’était une femme de défis et ils étaient multiples.» Tout au cours de sa vie, la grande dame a œuvré pour plusieurs causes. Elsie Meighen Reford s’est éteinte en 1967 à l’âge de 95 ans. 

«Elsie aimait la tranquillité, n’aimait pas la poussière et aimait les enfants bien éduqués, continue-t-il en riant. Elle serait peut-être découragée de voir 1000 personnes par jour dans ses jardins! Mais, je pense aussi qu’elle serait fière de voir tout son travail reconnu. Puis, quelque chose qu’Elsie n’a jamais compris, c’est sa contribution à l’économie régionale.» Les Jardins de Métis engagent aujourd’hui près de 60 personnes et sont l’une des principales attractions touristiques de la Gaspésie.