«École d’aviation»

«École d'aviation» au Mois Multi: le retour d’une œuvre phare

Diane Landry a le don d’assembler des objets banals pour créer des machines sublimes. Au fil des ans, l’artiste de Québec a vu plusieurs de ses œuvres faire plusieurs fois le tour du monde, mais peu d’entre elles ont été aussi unanimement célébrées qu’«École d’aviation», qu’on pourra (re)voir au Mois Multi.

Les installations de Diane Landry voyagent. À la fin janvier, elle était à Kitchener, en Ontario, pour veiller au montage d’une autre de ses œuvres phares, Le chevalier de la résignation infinie, qui y restera jusqu’en septembre. Le clin d’œil à Don Quichotte, où des moulins à vent faits de bouteilles de plastique, de sable et de lumières blanches tournent doucement dans la pénombre, a déjà dix ans.

École d’aviation, un conciliabule de 24 parapluies qui respirent doucement en produisant des sons et des projections, est deux fois plus vieux. «Ça va faire 20 ans, c’est fou!», constate l’artiste. L’oeuvre a séjourné en Suède, en Australie, aux États-Unis et au Mexique et faisait partie de la programmation 2003 du Mois Multi.

Il y avait un moment que la bricoleuse voulait travailler avec des parapluies lorsqu’un spécimen brisé et abandonné au bord de la route a attiré son attention. Elle l’a recueilli et il fait toujours partie de l’installation aujourd’hui. «Je trouve cet objet absolument magnifique. Il parle de l’eau, mais aussi de se protéger des intempéries, souligne Diane Landry. J’y voyais aussi un possible instrument de musique.»

École d’aviation

Pour faire bouger et donner du souffle à ses objets, elle les a juché sur des accordéons motorisés, où sont cachés des morceaux d’harmonica. Une lamelle, en vibrant, produit deux notes : une sur l’inspiration et une autre sur l’expiration.

L’installation a aussi un ciel, fait de projections qui évoquent des nuages mouvants. «Pour présenter ce projet, il faut un plafond blanc, c’est souvent une contrainte, parce que le haut des salles d’expositions est souvent encombré», note l’artiste, qui aura tout le loisir de déployer sa magie dans la Grande Galerie de l’Œil de poisson. 

Les pieds des parapluies d'«École d’aviation» contiennent un accordéon et une lampe, pour créer des sons et des projections au plafond.

École d’aviation sera présentée du 6 au 23 février (du mercredi au dimanche de 12h à 17h), dans le cadre du Mois multi. Vernissage mercredi 5 février à 17h.