Le concept des «Delirious Frites» est né de la tête du collectif Les Astronautes formé par Alexandre Hamlyn, Gabrielle Blais-Dufour et Robin Dupuis.

Deuxième vie pour «Delirious Frites» au Museum of Design d'Atlanta

Trois ans et demi après avoir fait courir les foules à Québec, dans le cadre des «Passages insolites», l’œuvre d’art public «Delirious Frites» connaît une seconde vie. Depuis jeudi, l’original corridor de frites de piscine roses et orangées est en vedette au Museum of Design d’Atlanta (MODA) dans le cadre de l’exposition «Designing Playfull Cities».

Le concept des Delirious Frites est né de la tête du collectif Les Astronautes formé par Alexandre Hamlyn, Robin Dupuis et Gabrielle Blais-Dufour. À l’époque étudiants à la maitrise en architecture, ces derniers avaient remporté, en 2014, le concours organisé à l’École d’architecture de l’Université Laval afin que leur œuvre soit l’une des huit exposées dans la toute première édition des Passages Insolites.

Rapidement, l’œuvre installée dans une ruelle à l’intersection des rues Saint-Paul et Sault-au-Matelot était devenue le chouchou des habitants de Québec et des touristes, notamment pour son aspect hautement photogénique. Les membres du collectif Les Astronautes ont toutefois été les premiers surpris, en décembre, trois ans et demi après que l’œuvre ait été démontée, de recevoir un appel du Museum of Design d’Atlanta.

«L’œuvre avait eu beaucoup de visibilité, à l’époque, sur des blogues d’architecture nationaux et internationaux, mais c’est sûr que ça nous a surpris qu’ils nous approchent. Tout ça s’est fait très rapidement. Le vernissage de l’exposition était jeudi», explique Alexandre Hamlyn.

Dans les dernières semaines, les Delirious Frites ont été recréées de toutes pièces à l’intérieur des murs du musée d’Atlanta selon les techniques fournies par le collectif de Québec qui supervisait le tout à distance. C’est d’ailleurs une photo de l’œuvre qui se trouve présentement en une du site Internet du MODA.

«Si le financement le permet, on aimerait ça se déplacer à Atlanta pour voir l’exposition. On est en discussion avec le MODA», poursuit Alexandre Hamlyn. Advenant un succès, l’exposition pourrait ouvrir des portes aux trois acolytes qui ont achevé leurs études depuis la création de l’œuvre. Le trio s’est séparé dans diverses agences d’architecture, deux à Montréal et un à Rouyn-Noranda, mais le collectif Les Astronautes n’est pas mort pour autant.

À québec et dans le monde

«J’espère que l’exposition va nous ouvrir de nouvelles possibilités pour des projets d’art urbain. Mais on ne veut pas simplement reproduire Delirious Frites dans d’autres villes.»

C’est que dans la foulée du succès des Passages insolites, en 2014, le collectif avait refusé plusieurs demandes en ce sens. Des villes désireuses de reproduire l’œuvre d’art telle quelle. «On avait refusé parce que c’est une œuvre qui était conçue spécialement pour un espace précis. Là, comme la demande était pour exposer dans un musée, c’était différent.»

Bref, Les Astronautes sont «tout à fait ouverts» à créer de nouvelles œuvres d’art public à Québec ou ailleurs dans le monde, mais pas simplement reprendre le concept exact des Delirious Frites.

Quant aux Passages insolites, le parcours d’art public financé par la Ville de Québec sera de retour en 2018.

La version des «Delirious Frites» au Museum of Design d'Atlanta

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L'ART PUBLIC FAIT SON CHEMIN

Quatre œuvres issues de l’édition 2015 des Passages insolites sont exposées depuis près de deux ans à Ottawa, mais Delirious Frites est la première des quatre ans d’histoire du parcours d’art public à faire son chemin dans un musée et à l’extérieur des frontières canadiennes.

Directeur général et artistique d’EXMURO, l’organisme derrière les Passages insolites, Vincent Roy se dit heureux de voir Delirious Frites avoir une seconde vie aux États-Unis. «C’est une bonne nouvelle. C’est un rayonnement pour les créateurs de l’œuvre, pour EXMURO et également pour la ville de Québec», a-t-il expliqué au Soleil.

Le succès de Delirious Frites vient en quelque sorte confirmer le succès de l’association d’EXMURO avec l’École d’architecture de l’Université Laval, croit M. Roy. «L’une des raisons pourquoi l’on aime collaborer avec des étudiants en architecture, c’est que ça permet de faire rayonner les Passages insolites auprès d’un réseau d’architecture qui est différent du nôtre, en art visuel», mentionne-t-il.

De retour à Québec

S’il s’agit de la première fois qu’une œuvre des Passages insolites est reproduite dans un musée, d’autres œuvres créées pour le parcours d’art public de Québec ont tout de même voyagé à Ottawa, ces dernières années. L’Odyssée de Cooke-Sasseville, mettant en scène des pigeons géants et une boîte  de soupe Campbell, et des œuvres de Jose Luis Torres, Francis Montillaud, Diane Landry et Francis Labissonière se trouvent toutes au marché By d’Ottawa depuis bientôt deux ans.

Elles seront bientôt rapatriées à Québec et Vincent Roy affirme être en discussion avec la Ville de Québec afin qu’elles soient réinstallées dans différents secteurs de la ville. D’ailleurs, le directeur général d’EXMURO croit que la plupart des œuvres issues des Passages insolites, qui demeurent entreposées, devraient continuer à se promener un peu partout à Québec d’année en année.

«On garderait l’aspect temporaire de l’emplacement des différents œuvres. Tout le monde serait gagnant, autant les créateurs que la Ville», croit-il, invitant au passage les citoyens favorables à cette initiative à se manifester auprès de la Ville.