«L’Atlas photographique de la Lune» (1894-1908) de Maurice Loewy et Pierre-Henri Puiseux

Des siècles de fascination pour la Lune au Met

NEW YORK — Une exposition du Metropolitan Museum de New York balaye 400 ans de représentation de la Lune, avec un accent sur la photographie, qui a contribué à la fascination du grand public pour cet astre.

Le Met a bien choisi son moment pour dévoiler Apollo’s Muse: The Moon in the Age of Photography, qui s’ouvre mercredi, à quelques jours du cinquantenaire de l’alunissage d’Apollo 11.

Mais si le voyage de 1969 est le point culminant de l’exposition, celle-ci remonte à 1610 et au traité d’astronomie de Galilée, le premier à avoir reproduit la Lune après observation à la lunette astronomique.

«La Lune a toujours été un objet scientifique et artistique, d’observation et d’imagination», a expliqué la commissaire, Mia Fineman, lors de la présentation à la presse de l’exposition qui s’achèvera le 22 septembre.

Dès les débuts de la photographie, les pionniers se tournent vers le satellite de la Terre et en 1840, l’Américain John William Draper réalise le premier daguerréotype détaillé de l’astre.

«La fascination pour la Lune et le développement de la photographie sont liés depuis le tout début de ce medium», a souligné le directeur du Met, Max Hollein, lors de la présentation.

Des lunettes astronomiques sont construites uniquement à des fins photographiques et l’astrophotographie devient une discipline à part entière.

Un tournant

Les clichés, de plus en plus précis, commencent à circuler et alimentent l’aura de la Lune, que l’on peut désormais voir de près.

Au tournant du XXe siècle, l’Atlas photographique de la Lune, de Maurice Loewy et Pierre-Henri Puiseux, marque un tournant.

Durant 14 ans (1894-1908), les deux hommes ont documenté la Lune avec minutie depuis l’Observatoire de Paris, où se trouve, à l’époque, le télescope le plus puissant au monde.

Leur travail, dont l’intégralité est reproduit au Met pour la première fois dans un musée, fera référence jusqu’aux débuts de la conquête de l’espace, plus d’un demi-siècle plus tard.

Au moment de préparer le voyage sur la Lune, la photographie jouera, là encore, un rôle déterminant, rappelle Mia Fineman à l’AFP.

Sans elle, «ils n’auraient pas été capables de poser un module», dit-elle. «Ils avaient besoin de comprendre la géographie [de l’astre] pour trouver un endroit où atterrir.»

Les photos ont aussi alimenté l’imaginaire du public et des artistes, romanciers, peintres ou poètes. Dès les balbutiements du cinéma, Georges Méliès triomphe avec Le voyage dans la Lune (1902).

«C’est notre plus proche compagnon céleste», explique Mia Fineman, «à la fois proche et lointain, constant et changeant. C’est un paradoxe.»