Vincent Roy, à droite, directeur général et artistique d'EXMURO, a recruté André Barrette, Denis Thibault, Patrick Altman, Gaston Côté et Ève Cadieux sur son projet.

Défilé d'images autour du chantier du Diamant

Des images d'archives réinterprétées et éclatées défileront sur la palissade du chantier du Diamant jusqu'à son ouverture prévue pour l'automne 2018. L'organisme EXMURO arts publics, qui est entre autres derrière Les passages insolites, a distribué les décennies de 1900 à aujourd'hui à des artistes pour qu'ils couvrent la barricade et la surface des conteneurs avec de l'art visuel.
«L'idée de l'affichage sauvage nous a tout de suite inspirés, indique Vincent Roy, directeur général et artistique d'EXMURO. On utilisera du papier de plan et de la colle amidon. Étant donné que nous sommes devant l'ancien YMCA, qu'un nouvel édifice émerge, qu'il y a une temporalité, un décompte, j'ai proposé aux artistes de travailler avec les archives des différentes époques. [...] On ne voulait pas faire une exposition historique, on réinvente, on éclate!»
Les passants peuvent déjà voir un aperçu de ses expositions, présenté sous forme de ligne du temps, sur la barricade du chantier bien en vue à la place D'Youville. Une image conçue par Denis Thibault à partir de captures d'écran de Google Street View de l'ancien l'édifice habille les conteneurs superposés. 
Dans quelques semaines, on verra le travail de Marc-Antoine K. Phaneuf sur les années 1900 à 1909. Il fera danser des images de l'époque au rythme du vers d'oreille «It's fun to stay at the YMCA» en hommage à la première vocation de l'immeuble, construit en 1879. Il fera une autre proposition pour les années 40.
Ève Cadieux a sélectionné des images d'archives des quartiers de Québec. Pour évoquer les années 1930 et les années 1960, elle en prendra des fragments, qui côtoieront des images d'objets créés lors de ces décennies. Ces dernières seront collectées sur des sites de vente en ligne.
Pour les années 20, Patrick Altman sortira des images de la construction de l'édifice Price et du passage de l'aviateur américain Charles Lindbergh sur les Plaines d'Abraham. Pour les années 2000, il s'intéressa au visage architectural de la ville, avec la disparition de l'église Saint-Vincent-de-Paul et la construction du pavillon Lassonde, par exemple. 
Andrée Barrette a puisé dans les publicités des vieux almanachs du peuple pour les années 50 et dans ses archives personnelles pour les années 80, où des images de Québec 84 et du Carnaval côtoieront des images de célébrations plus intimistes.
Gaston Côté et Isabelle Drouin, de Paquebot design, entendent s'inspirer de l'affichage abondant et chaotique qui s'étendait jusque sur la porte Saint-Jean dans les années 1910 pour rappeler la présence du marché public et la présentation de spectacles de cirque à cette époque. Pour les années 70, les spectacles méconnus seront à l'honneur. 
Jeremy Hall s'enligne sur une esthétique grunge qui utilisera les cassettes et les pochettes de disques de l'époque pour illustrer les années 90.