«On pense que c’est important de documenter ce qui se passe, explique le directeur général du Musée de la civilisation Stéphan La Roche. On veut savoir comment nos concitoyens vivent cette situation extraordinaire, comme ils se sentent, qu’est-ce que notre mémoire collective va en retenir.»

COVID-19: le Musée de la civilisation veut vos témoignages

Le Musée de la civilisation se met à l’heure de la pandémie. Soucieuse de jouer son rôle de reflet de la société québécoise, l’institution du Vieux-Port lance un appel au public afin de documenter de toutes les façons possibles la façon dont chacun traverse la crise. Pensées, réflexions, photos, vidéos, dessins d’enfants, autant de façons pour les citoyens de Québec et de la province de laisser à la postérité des témoignages sur cet événement exceptionnel .

«Il est encore trop tôt pour dire si on en fera une exposition formelle, dans une salle du musée. Tout va dépendre de la matière qu’on va amasser, explique au Soleil le directeur général Stéphan La Roche. Notre volonté est d’agir comme un musée de société.»

«Or, la société québécoise, comme le reste de la planète, vit une situation absolument inédite et inouïe. On pense que c’est important de documenter ce qui se passe, explique-t-il. On veut savoir comment nos concitoyens vivent cette situation extraordinaire, comme ils se sentent, qu’est-ce que notre mémoire collective va en retenir. L’histoire s’écrit actuellement, d’une certaine façon. Il est important d’en faire un jalon de notre histoire.»

Stéphan La Roche est également curieux de connaître la suite des choses. Car fin de l’isolement il y aura assurément un jour, tout le monde en convient. «Est-ce que les gens ont des réflexions sur la façon dont la société va changer? Car il y aura un avant et un après COVID-19. Je pense que les choses ne seront jamais exactement les mêmes. Comment la crise aura-t-elle eu un impact sur les changements d’habitude en matière environnementale, par exemple?»

Les fruits de ce grand remue-méninges seront éventuellement mis en ligne sur la plateforme uneheureaumusee.ca, créée sur le site du musée afin d’ouvrir des portes virtuelles sur l’institution en cette période de confinement.

Calendrier bousculé

À l’instar de toutes les organisations culturelles, le Musée de la civilisation est frappé de plein fouet par la crise du coronavirus. L’endroit est officiellement fermé jusqu’au 30 mars et les activités publiques annulées jusqu’au 12 avril.

L’exposition Histoires de pêches, prévue pour le 1er avril, devrait être offerte «avec quelques semaines de délai», souhaite M. La Roche. Quant à Effets spéciaux, la «grosse exposition de l’été», qui devait s’ouvrir le 18 juin, il est encore trop tôt pour statuer sur son sort. «C’est à des années-lumière de la capacité de décision qu’on peut avoir en ce moment.»

La fermeture des écoles ne sera pas sans affecter la fréquentation de l’institution muséale, très courue d’ordinaire au printemps. M. La Roche évalue jusqu’à maintenant à environ 9000 le nombre d’élèves qui n’ont pu franchir les portes du musée. «Toutes les visites sont annulées jusqu’à la fin de l’année. À la fin, c’est quelque 12 000 élèves qui ne seront pas venus.»

Visites virtuelles

D’autres musées ont également pris des mesures inédites en cette période trouble. À défaut de voir les amateurs d’art venir à eux, ce sont elles qui vont dorénavant vers le public. Aussi le Musée national des beaux-arts du Québec (mnbaq.org) a mis en ligne, dans un désir de «continuer à émerveiller les gens dans leur salon», des visites virtuelles présentant les œuvres de quelques-unes de ses salles d’exposition. Une initiative semblable a été prise par le Musée des beaux-arts de Montréal (mbam.qc.ca).