Irina Antonova, ici en 2012 pour le 100e anniversaires du musée Pouchkine de Moscou, est décédée à 98 ans.
Irina Antonova, ici en 2012 pour le 100e anniversaires du musée Pouchkine de Moscou, est décédée à 98 ans.

COVID-19: décès de l’emblématique ex-directrice du musée Pouchkine de Moscou

Agence France-Presse
MOSCOU — Directrice du musée Pouchkine de Moscou de 1961 à 2013, Irina Antonova, qui s’est battue toute sa vie pour promouvoir en Russie l’art moderne et les peintres impressionnistes écartés par Staline, est décédée des suites du coronavirus, a annoncé le musée mardi.

«Elle avait un diagnostic combiné, une infection au coronavirus et une maladie cardiovasculaire», a indiqué aux agences de presse russes le musée Pouchkine, précisant que Mme Antonova, 98 ans, est décédée lundi.

«C’est une nouvelle triste et inattendue: elle venait de quitter l’hôpital où elle avait passé quelques jours, on croyait qu’elle s’en était sortie», a réagi auprès de l’AFP Viktoria Markova, directrice de recherche du musée.

«Vladimir Poutine a exprimé ses sincères condoléances», a indiqué dans un communiqué le Kremlin, son porte-parole Dmitri Peskov précisant que «Vladimir Poutine la connaissait très bien» et «appréciait ses profondes connaissances».

Née le 20 mars 1922 à Moscou, Irina Antonova était entrée en 1945 au musée Pouchkine et fut nommée directrice en 1961 par un décret du leader soviétique Nikita Khrouchtchev.

À la tête du musée, elle a fait découvrir aux Russes son ami Marc Chagall et a ressorti des réserves les peintres impressionnistes, honnis pas Staline, offrant au musée une réputation d’îlot de liberté culturelle en URSS et en faisant le plus important de la capitale russe avec la galerie Tretyakov.

Cette femme autoritaire, qui parlait un français parfait, avait organisé l’exposition de La Joconde à Moscou en 1974, dernière fois que l’œuvre fut montrée hors de France.

Très respectée dans le monde des musées, Mme Antonova réussit aussi organiser des expositions de Picasso, Modigliani ou Caravage, se faisant prêter des toiles qui quittent rarement leur musée d’origine.

Irina Antonova avait quitté son poste en 2013, après avoir mené une campagne inaboutie visant à réunir à Moscou une collection de 600 toiles d’impressionnistes donc certaines se trouvent désormais au musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, idée très mal reçue dans l’ex-capitale impériale.

Irina Antonova est néanmoins restée jusqu’à sa mort présidente du musée, un poste honorifique.