Boris Firquet: le G7 à l’encre rouge

Boris Firquet, nourri à l’école de la vidéo, des VJ et des soirées de projections à L’Arlequin dans les années 90 livre Mascarades, à la Bande vidéo, une exposition explosive qui clôt la programmation spéciale des 40 ans du centre d’artistes. 

L’artiste a piraté des photos de presse auxquelles il a donné l’apparence de dessins, puis dont il a fait des impressions au jet d’encre sur lesquelles il envoie une projection. Cette façon de faire donne des couleurs brillantes et des lignes très appuyées, qui semblent inscrire le message à l’encre rouge. 

Sur chacun des trois murs, une œuvre vidéo vibre, un peu comme un gif animé, et nous mitraille la rétine. À gauche, le président Donald Trump scelle une entente sur la vente d’armes à feu avec un décideur saoudien. Trois fenêtres au-dessus d’eux montrent des commentaires qui défilent sur des forums de discussion d’extrême droite. 

À droite, on voit les représentants des pays du G11 devant leurs drapeaux. Un crâne remplace leur visage, les laissant anonymes et morbides, alors que derrière eux défilent des images d’une projection spéciale de Mickey Mouse pour Kim Jong-un. 

Sur le mur central, on voit un autre groupe en complet devant ce qui ressemble à la fois au château de Walt Disney et au Manoir Richelieu. Les feux d’artifice du générique du géant du divertissement ont toutefois été remplacés par une explosion atomique animée. 

Jusqu’au 6 mai, au 620 côte d’Abraham, Québec.

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Ann Karine Bourdeau Leduc : jouer avec les codes de la rénovation

Un escalier qui mène à un mur, des murs ouverts ou construits à l’envers, des vis mises à nu, du mobilier inutilisable, des surfaces non fonctionnelles, voire molles… avec Structures temporaires: Unfinished wall work, Ann Karine Bourdeau Leduc déjoue avec habileté les codes de la rénovation pour les faire traverser du côté des arts visuels. 

La jeune artiste, qui présente chez Engramme sa toute première exposition solo, a appris à dessiner sur les chantiers de construction où opérait son paternel. Elle connaît les matériaux sur le bout des doigts, voit leur beauté cachée et les utilise pour composer des compositions soignées, où elle dose savamment les couleurs et les textures. 

Elle cueille dans les quincailleries des échantillons de motifs qu’elle multiplie, modifie et imprime à sa guise — ce qui lui permet par exemple de mettre de la laine minérale en rouleau propret au creux d’un mur, où d’imprimer un comptoir sur du tissu. 

Entre ses maquettes bien encadrées et ses morceaux d’espace domestique décalé et renversé, le visiteur peut jouer à trouver les différences. Une exposition qui accrochera assurément un sourire aux rénovateurs. 

Jusqu’au 6 mai, au 510 côte d’Abraham, Québec.