Geneviève Lévesque est propriétaire de la galerie bromontoise Artêria, qui fête ses 10 ans d’existence ce samedi.

Artêria : dix ans d’avant-gardisme

Alain Lacoursière n’a que de bons mots à dire sur la galerie Artêria et sa propriétaire, Geneviève Lévesque. Si leur relation en est principalement une d’affaires — il lui réfère simplement des clients —, ils ont en commun l’audace et le goût du risque.

« Geneviève a été très audacieuse et intelligente dans le développement de sa formule d’affaires et son plan stratégique. À l’ère du numérique, les frontières ont disparu. [...] Miser sur l’exportation est ce qu’il y avait de mieux à faire, sinon sa galerie était vouée à la fermeture dès son ouverture », dit M. Lacoursière.

Effectivement, la galerie Artêria s’est appuyée sur l’exportation — qui représente 95 % de son chiffre d’affaires — avant d’ouvrir pignon sur rue, à Bromont en 2011. « J’ai fonctionné à l’inverse de la grosse majorité des galeries », explique Mme Lévesque. « D’habitude, les gens préfèrent consolider leur marché local avant d’aller voir à l’international. »

Pas elle.

Merci, crise économique !
En 2008, crise économique aidant, elle a sauté sur l’occasion de se rendre à diverses foires d’art internationales. « Plusieurs grosses galeries s’étaient désistées parce que ça leur coûtait trop cher », souligne la détentrice d’un baccalauréat en communication qui a commencé dans ce métier en gérant des artistes bénévolement, « pour aider des amis ».

Aujourd’hui, la galerie bromontoise est l’une des seules galeries — sinon la seule au Canada, selon sa propriétaire — à se spécialiser dans l’exportation d’œuvres d’art d’artistes émergents contemporains d’ici. Elle représente ainsi une quarantaine d’artistes québécois sur la planète, possède une vingtaine de galeries partenaires à travers le monde et a un chiffre d’affaires « intéressant ».

Artêria participe à une quinzaine de foires internationales à travers le monde — New York, Miami, Los Angeles, Singapour, Hong Kong, Tokyo, Londres, Stockholm, Milan, Istanbul, New Delhi, etc. —, où elle s’est forgé une belle renommée. « Le contexte économique aidant, en deux ans, je suis rentrée à des places qu’on prend normalement dix ans à pénétrer », mentionne Mme Lévesque.

Comme la cote d’un artiste — et donc le prix de ses tableaux — se définit surtout par ses représentants à l’international, explique M. Lacoursière, il y a fort à parier que le nom d’Artêria continue à gagner en popularité dans le milieu artistique québécois.

Si vous êtes intéressés à vous joindre à la fête soulignant les 10 ans d’existence de la galerie Artêria, sachez que vous y êtes invités gratuitement, ce samedi 15 septembre, lors d’un 5 à 7.