«Animal Nation 110» de Sylvie Plante

«Animal Nation» de Sylvie Plante: l’émergence des créatures

Qu’elle amasse des morceaux de bois flotté qui deviendront des sculptures ou qu’elle laisse des traces de suie guider ses dessins à l’encre de Chine, Sylvie Plante utilise le hasard comme ingrédient de base de ses créations.

«J’ai toujours travaillé par émergence», indique l’artiste qui travaille à Calixa-Lavallée, en Montérégie. Son exposition Animal Nation en est déjà à sa 10e présentation. À Lévis, l’artiste a disposé une installation dans chaque pièce, a réparti les sculptures et occupe les murs avec une multitude de monotypes.

«Les yeux apparaissent, puis les becs, les griffes, les plumes. Une fois que je les ai ciblés, le travail de dessin à l’encre de Chine commence», explique l’artiste.

Animal Nation 112 de Sylvie Plante

Tant pour les miniatures que pour les grands formats, elle commence son dessin en laissant de la suie, provenant de son poêle à l’huile, sur le papier. Elle étend ensuite rapidement la masse au pinceau, sans réfléchir, et en fait une impression, qu’elle scrute attentivement, à l’affût des bêtes qui vont émerger.

Animal Nation

Des peupliers de Lombardie, grugés par l’agrile, servent de socles aux sculptures faites de morceaux de bois ou d’objets récupérés, elles aussi minutieusement dessinées. Josianne Desloges (collaboration spéciale)

Des sections rocheuses, voire feuillues, donnent l’impression que le paysage s’est entremêlé avec les créatures, ou que ces dernières portent la Terre sur leur dos. On découvre le bestiaire de Sylvie Plante au son d’une trame sonore qui mêle cris, grognements et chants d’oiseaux et donne l’impression d’entrer dans une jungle.

Au Centre d’exposition Louise-Carrier, 33, rue Wolfe, Lévis, jusqu’au 5 mai.