Le jeu vidéo anarchiste d'Hugo Nadeau présenté à l'OEil de poisson

Achromatopsie: révélations dans l'ombre

À l'OEil de poisson, la directrice générale Émilie Roi a mis sur pied l'exposition collective Achromatopsie, où se côtoient dans un cube noir des oeuvres qui posent un regard critique sur nos systèmes géopolitiques.
Hugo Nadeau propose une vision du capitalisme poussé à ses extrêmes limites dans un jeu vidéo anarchiste où la ville de Québec est devenue le royaume de l'automobile avec des robots-citoyens. Il s'agit d'un lieu dans un univers virtuel beaucoup plus vaste, qui comprend des utopies et des dystopies. 
Des affiches de Sylvain Bouthillette jonglent avec le mot «état» et invitent à la résistance. Jean-Charles Remicourt Marie a conçu une table de stratégie, «qui questionne comment les formes militaires se déploient de manière presque anodine dans notre quotidien et qui montre que la société est faite pour les fins stratèges», note Émilie Roi.
Marie-Andrée Godin présente la sorcière comme une icône révolutionnaire et féministe et a conjugué différents symboles qui sont associés à celle-ci dans une installation.
Estelle Evrard et Ezio Puglia - deux chercheurs qui ont écrit sur le free port du Luxembourg, où transitent des biens invisibles (dont des oeuvres d'art) pour servir des intérêts financiers - présentent des éléments de leur recherche dans un coffre aux compartiments secrets.
La Marseillaise Anne-Valérie Gasc a filmé la démolition d'un immeuble de logements construit dans l'après-guerre pour loger des réfugiés. Sa caméra, dans une boîte noire, devient le témoin privilégié de la destruction de cet édifice qu'on avait baptisé La démocratie. Jusqu'au 8 octobre.
Escargots bouffeurs d'art à VU
À VU, le Barcelonais Joan Fontcuberta a donné en pâture des cartons d'invitation à des expositions d'arts visuels à des escargots, dont la voracité altère les images. «Ils sont surtout friands d'expressionnisme abstrait et de rouge», a noté l'artiste.
Cette réflexion sur la disparition est un contrepoint à celle de Katia Gosselin dans sa série Espaces périphériques, qui propose plutôt des apparitions. La lumière crue de son flash a capté des détails inquiétants, un chien qui passe, une arrière-cour où flotte une forme molle, des jambes qui dansent... formant une collection ambiguë.
Jusqu'au 15 octobre 
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Pimpants jardins
Andrée-Anne Dupuis Bourret signe La machine paysage chez Engramme, une installation constituée de différents modules de papier imprimé. Sous des éclairages ciblés, de petites saynètes naissent dans ces jardins hydroponiques aux couleurs vives et ces escalades de blocs aux allures de jeux vidéo ou de vitrines de magasin. Un travail obsessif, ludique, coloré, qui a contrebalancé la réflexion sérieuse en noir et blanc que l'artiste a menée pendant sa maîtrise à l'UQAM.  Le jeu, pour le regardeur, consiste à suivre les différents parcours que la couleur crée dans cet espace à la fois foisonnant et ordonné, animé par le bruissement des ventilateurs, qui fait écho au vent qui s'agite de l'autre côté des larges fenêtres.
À voir jusqu'au 8 octobre