400 ans de pharmacie

Louis Hébert n'était pas le premier agriculteur en Nouvelle-France, mais bien le premier apothicaire. Ce sont des plantes médicinales qu'il faisait pousser près de sa résidence de Québec pour soigner les maladies affligeant la colonie naissante.
C'est pour rendre hommage à ce pionnier de la pharmacie au Québec que l'Université Laval et la Société québécoise d'histoire de la pharmacie ont concocté une exposition retraçant les 400 ans d'histoire de cette profession.
Louis Hébert est arrivé à Québec avec sa femme Marie Rollet le 4 juillet 1617. Dès lors, il échange avec les nations autochtones sur les vertus des plantes médicinales, et mélange les savoirs des deux cultures dans la fabrication de ses remèdes. C'est plutôt son gendre Guillaume Couillard qui deviendra le premier agriculteur de la colonie, en travaillant la terre appartenant à M. Hébert avec une charrue et un boeuf, une dizaine d'années plus tard.
«Louis Hébert a expédié en France une quarantaine de plantes pour l'enseignement (...) C'est sa contribution au développement de la pharmacie», raconte Gilles Barbeau, professeur émérite de la Faculté de pharmacie de l'Université Laval et commissaire de l'exposition, lors d'une visite de presse mercredi.
Parmi les 150 objets exposés, certains ont été trouvés dans la maison même de M. Hébert, comme des perles et des poids pour bien doser les médicaments. Le visiteur posera ensuite le regard sur plusieurs fioles, plantes séchées, recueils d'ordonnances, balances et autres objets pour faire des lavements ou des saignées, utilisés au fil du temps.
L'exposition intéressera les étudiants en pharmacie, mais elle s'adresse avant tout au grand public. La plupart des objets appartiennent à la Société québécoise d'histoire de la pharmacie, mais des collectionneurs privés et les soeurs Augustines ont également accepté de prêter des artéfacts.
Savoirs ancestraux riches
M. Barbeau soutient que ces savoirs ancestraux des différents remèdes sont très riches, étant donné qu'aujourd'hui, les pharmaciens sont plutôt «limités aux produits fournis par les compagnies pharmaceutiques». Même si certains traitements d'époque ont été abandonnés aujourd'hui. «Quand on juge ça, il faut oublier ce qu'on est aujourd'hui. Dans 400 ans, quand on jugera notre médecine d'aujourd'hui, on rira peut-être de nous!», lance M. Barbeau.
Certaines substances ont toutefois survécu à l'épreuve du temps. «Tous les laxatifs qu'on avait il y a 300 ans sont encore bons aujourd'hui», indique M. Barbeau.
L'exposition est présentée jusqu'au 22 décembre 2017 et divisée en deux salles, situées dans les pavillons Bonenfant et Vachon à l'Université Laval. L'entrée est gratuite.