El Putnam donnera une conférence le 17 novembre à 14h au Lieu

40 ans des RIAP: Territoires de la performance

La 20e Rencontre internationale d’art performance sera l’occasion de faire les états généraux de la performance dans le monde. Alors que 21 zones géographiques étaient représentées en 1998, les artistes invités pour cette édition anniversaire proviennent de 60 territoires. Une carte du monde particulière, axée sur les zones périphériques, tant géographiques qu’artistiques.

La programmation, répartie sur quatre semaines en septembre, octobre, novembre et décembre, inclut des soirées de performances, des conférences et des expositions de photos. À l’issue de la RIAP, une publication colossale, qui se veut le bilan de l’évolution de la performance ces 20 dernières années, prendra forme.

L’art performance s’appuie sur les réseaux. «Les organisateurs sont des personnes clés. Ils sont habitués d’organiser des événements, de rassembler des gens. Ils connaissent bien leur territoire. Ça a pris un bon cinq mois pour rassembler toutes les 60 bonnes personnes», indique le directeur artistique Richard Martel. «C’est un gros chantier, une affaire de fous.»

Tisser des liens

Le découpage géographique par pays et par continent permet de contextualiser les pratiques, tout en étant l’occasion de tisser des liens et de découvrir le vocabulaire commun des performeurs d’une même région. 

«Il y a une chasse gardée européenne sur l’histoire, la culture et les civilisations. Par exemple, dans un livre sur l’architecture, on ne trouvera pas les monuments mayas, on va les trouver en archéologie», explique M. Martel. En s’inscrivant dans l’espace public, la performance ouvre une porte inattendue sur des enjeux culturels et des préoccupations collectives.

«Je dis souvent qu’il y a des territoires culturels superposés», illustre Guy Sioui Durand, qui a orchestré le volet autochtone de la RIAP. Certaines images, aussi, se démultiplient. Il évoque notamment le trickster, «un personnage fabuleux du monde autochtone qui joue des tours à tous les humains. C’est le corbeau sur la côte Ouest, le coyote dans les Prairies, le carcajou ici», qui a inspiré plusieurs performeurs notoires.

«La soirée du vendredi [présentée à Wendake le 14 septembre], qui regroupera 40 artistes sur trois heures, va commencer en collectif et se finir en duo, ce n’est pas l’individualité qui va primer», indique-t-il. Conviant certains éléments des cérémonies ou encore des pow-wow, il questionnera ce qui est de l’ordre du sacré, de la tradition et ce qui est propre à l’art. «Tout ça s’entrechoque et crée des discussions, une culture vivante», note-t-il.

La poète, slammeuse et militante Natasha Kanapé Fontaine, le Métis David Garneau, de Régina, qui cumule les dialogues avec les statues de John A. MacDonald à travers le pays, ainsi que la performeuse Anishinaabe Ravan Davis, qui effectue une danse sur le drapeau du Canada, feront notamment partie des invités.

«Je veux envoyer ce message de présence autochtone et en communauté et dans le territoire de l’art, ouvert à tout le monde. C’est un peu ma réponse à tout ce qui s’est passé dans l’affaire Kanata», indique M. Sioui.

Le premier volet de la RIAP, Canada & Autochtone, se tiendra du 15 au 23 septembre. Amériques et Afrique, avec notamment quatre performeurs camerounais habitués de mener des performances «courageuses», note Richard Martel, seront mis en valeur du 13 au 21 octobre. L’Europe, plus particulièrement l’Irlande du Nord, promet des performances visuellement intrigantes du 3 au 18 novembre. Ce sont l’Asie et l’Océanie qui fermeront la marche, du 1er au 16 décembre. 

Les activités ont lieu au Lieu, aux Ateliers du Roulement à billes, à L’Œil de poisson et à la Chambre blanche.

Tous les détails à inter-lelieu.org