18e Mois Multi: expérimenter le collectif

La programmation du 18e Mois Multi vise l'éveil du «nous» par des expériences rassembleuses et collectives. Outre les spectacles et les installations dévoilés en novembre, l'équipe du festival international d'arts multidisciplinaires et électroniques de Québec nous propose des cabarets éclectiques, une soirée de clôture qui remixera le film Grease, deux expériences théâtrales qui s'interrogent sur le rôle du spectateur et des concerts qui utilisent l'Amérique du Nord ou la lumière comme matière première.
Une image du <i>Voleur des miroirs,</i> de Daniel Barrow
Le trio nantais ABS[.]HUM
Trois spectacles et six installations avaient déjà été dévoilés. Impakt, une performance d'Herman Kolgen qui explore le passage de la violence à la magnificence, ouvrira le festival. Entrez nous sommes ouverts du Bureau de l'APA explorera l'univers des pitons, des connexions et des réactions en chaîne. Jeremy Gara, qui joue notamment au sein du groupe Arcade Fire, sera au Cercle pour présenter son projet de musique électronique Limn. Dès le 19 février, on pourra découvrir les installations ADA, un gros ballon hérissé de bâtons de fusain géants; Noctulica Scintillans, une installation photoluminescente où apparaîtront des figures fantasmagoriques; Concerting, un transmetteur d'ondes radio fait de fils barbelés; Spincycle, une série de petites sculptures sonores et cinétiques créées à partir d'objets banals; Orion Tide, un paysage désertique à mi-chemin entre la science-fiction et la réalité; et enfin Orienta; è qui ora, che decido di fermarmi, qui transformera la traînée laissée par 25 vrais escargots en dessins lumineux.
Le duo italien Quiet Ensemble, qui signe cette dernière installation, présentera également la performance The Enlightenment, les 18 et 19 février au studio d'essai de Méduse. «Ils remplacent l'orchestre traditionnel par un orchestre composé de différentes lumières, spots, stroboscopes, etc.», indique Ariane Plante, la commissaire du Mois Multi. 
Vous, spectateurs
Le collectif Dans ta tête, composé de diplômés du bac en études théâtrales de l'Université Laval, propose avec Lapalissade de soulever des questionnements sur nos conditionnements en tant que spectateurs les 23 et 24 février, au studio d'essai. Il y a des liens à faire avec Nous sommes les fils et les filles de l'électricité, de Simon Laroche et Étienne Grenier, où 16 personnes se feront donner des instructions dans un casque d'écoute et verront leurs visages modifiés par des projections. «Calquant d'insidieuses dynamiques de pouvoir, cette proposition radicale traite aussi bien d'aliénation, d'identité individuelle et culturelle que de devenir collectif et politique», nous indique-t-on dans le programme. Du 9 au 11 février à la salle Multi.
Cinéma nouveau genre
ABS[.]HUM, un trio de Nantes qui a déjà fait une résidence chez Avatar, viendra présenter les 9 et 10 février Immensity of the Territory Vol.3, une oeuvre entre spectacle, cinéma et concert. Inspirés par les westerns, les road movies et la Nouvelle Vague, les trois voyageurs ont sillonné le territoire américain pour collecter des images, des voix et y mélangent le son de leurs guitares programmées.
On pourra découvrir le travail de Daniel Barrow, qui a remporté le prix Sobey 2010 et qui exposera en mars à la Galerie 3, avec la performance «illustrée» Le voleur des miroirs. Le 9 février, l'artiste créera en direct une vidéo d'animation image par image en manipulant et superposant des dessins sur la surface d'un rétroprojecteur. «C'est exubérant et surréaliste, très éloigné des esthétiques qu'on voit habituellement en arts multi et électroniques», souligne la commissaire.
La proposition du Français établi à Londres Patrick Tresset, 5RNP Étude humaine #1, invitera les visiteurs à devenir les modèles vivants de cinq robots dessinateurs. Les portraits réalisés au fil du mois seront exposés dans le hall d'entrée de la coopérative Méduse.
Cabarets
L'espace bar et discussion du festival se transporte cette année au Fastoche, au deuxième étage, où sera présenté Mouvement de veille, des tableaux mouvants faits à partir de végétaux augmentés, un projet signé Pierre-Olivier Fréchet-Martin, le nouveau directeur de production du Mois Multi. Ce Cabaret mobile s'arrime au Cabaret domestique du 4 février, regroupant trois oeuvres cinématographiques liées au quotidien, et au Cabaret sauvage du 11 février, regroupant trois oeuvres sonores et s'approchant du concert rock. «Des moments intimistes, pour connecter et vivre une expérience ensemble», note la commissaire.
La soirée de clôture, le 25 février, s'annonce quant à elle plutôt pop avec la présentation de Grease remix : rebrasser la brillantine, imaginée par Claudine Thériault. Alexandre Berthier y remixera en direct les images et la bande sonore du célèbre film. Les participants sont invités à se déguiser (talons aiguilles, veste de cuir et brillantine sont de mise) et à participer à un grand karaoké.
À la Maison de la littérature, nouveau partenaire cette année, Myriam Lambert présentera Navire général, une installation mixant les voix et les sons délicats de trois grandes voiles.
Ateliers, portes ouvertes et conférences sont aussi au menu. Les détails à moismulti.org