Expositions

En cour pour des Rodin authentiques contrefaits

PARIS — «Le penseur, Le baiser, La main de Dieu» : la cour d’appel de Paris a commencé à juger mercredi «le projet Rodin», une contrefaçon à grande échelle d’œuvres du sculpteur, produites à partir de moules originaux, puis vendues et exposées à l’étranger, notamment en Suisse.

Quatre hommes et la société Gruppo mondiale sont jugés dans cette affaire, qui a démarré quand le musée Rodin a déposé plainte en 2001.

Expositions

Installations du 20e Mois multi: envoûtement écologique [PHOTOS + VIDÉO]

À travers les installations du 20e Mois multi, les préoccupations écologiques n’auront jamais parues aussi séduisantes. En nous invitant à façonner l’espace, à se laisser charmer par des objets magiques et à partir en exploration dans les moindre recoins de la coopérative artistique Méduse, Recto Verso nous propose une épopée sensorielle dans l’art multi et électronique.

Nous débutons la visite dans le studio d’essai, où le Français Vincent Houzé présente Fluid Structure 360, une installation vidéo qui se déploie sur les quatre murs de la salle et avec laquelle les visiteurs peuvent interagir. Lorsqu’on se place devant le mur d’eau virtuelle, notre silhouette y apparaît, comme dans un creux de vague. L’eau suit nos gestes avec une fluidité étonnante. «En voyant l’oeuvre à Paris l’été dernier, j’ai pensé à la pièce J’aime Hydro, à la manière dont on contrôle et joue avec l’eau au Québec», note Jeanne Couture, la commissaire qui a sélectionné les installations du Mois multi.

Expositions

Exposition historique 350 ans après la mort de Rembrandt, le «premier Instagrammeur»

AMSTERDAM — Le Rijksmuseum d’Amsterdam a dévoilé mercredi sa toute première exposition de l’ensemble de ses oeuvres de Rembrandt à l’occasion du 350e anniversaire de la mort de l’illustre peintre néerlandais, surnommé le «premier Instagrammeur», sans qui les réseaux sociaux n’auraient pas été les mêmes.

L’exposition historique, qui rassemble près de 400 peintures, dessins et croquis, ambitionne d’illustrer comment les innombrables autoportraits du maître de l’âge d’or de la peinture néerlandaise et ses représentations du monde qui l’entoure ont préfiguré les réflexes de la société actuelle.

«Rembrandt est le premier artiste de l’histoire, on pourrait même dire le premier “instagrammeur”, qui a capturé sa propre vie», explique le directeur du Rijksmuseum, Taco Dibbits.

«Aucun artiste n’a réalisé autant d’autoportraits que Rembrandt. Il peint sa famille, il dessine ses amis, il va dans la rue, à la campagne, et il nous laisse même entrer dans sa propre chambre à coucher, ou sa femme malade est alitée», poursuit-il auprès de l’AFP.

Exposition

Manif d'art 9 : entre ciel et terre [PHOTOS+VIDÉO]

Bravant la tempête de mercredi au nom du rayonnement de l’art, une petite troupe de privilégiés a pu visiter avant l’heure l’exposition centrale de Manif d’art 9 au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ). Ce périple hivernal en art actuel nous fait voyager entre ciel et terre, dans des territoires fabulés, exploités, assemblés et transposés.

La Biennale de Québec s’est officiellement ouverte vendredi, alors que les vernissages continuent de s’enchaîner dans les lieux périphériques samedi (et au-delà pour le nouveau volet jeunes commissaires). Il faudra arpenter la ville pour goûter pleinement à cette édition chapeautée du titre «Si petits entre les étoiles, si grands contre le ciel». Le pavillon Pierre-Lassonde est toutefois un bon point de départ pour comprendre comment le comité artistique et le commissaire britannique Jonathan Watkins ont marié les œuvres autour du cosmos, du territoire et de l’humain.

Arts

Les nombreuses vies de Paul Sarrasin

Il y a plusieurs vies dans une vie, une formule qui sied particulièrement à Paul Sarrasin. Depuis qu’il a quitté le Saguenay, à l’âge de 23 ans, cet homme a dû se réinventer à maintes occasions, un parcours qui a fait ressortir sa résilience, en même temps qu’une capacité d’adaptation hors de l’ordinaire. Il y a eu des virages brusques, des périodes de désarroi, mais aujourd’hui, c’est un homme serein, en paix avec lui-même, qui partage son temps entre le doublage et les arts visuels.

Ce qui est particulier chez lui, c’est que le Québec au complet sait de quelle manière s’est amorcée sa carrière multiforme. Il a été l’un des visages de Musique Plus pendant sept ans, animant, entre autres, les émissions Solid Rock, Le combat des clips et Le décompte Coca-Cola. Cette aventure, amorcée en 1987, à laquelle se sont maillées des entrevues mémorables avec des artistes, comme le chanteur du groupe Kiss, Gene Simmons, fut à la fois exaltante et confrontante.

Expositions

«Les entretemps», espace de réflexion

MATANE — Trois artistes émergents de la photographie exposent jusqu’au 23 mars au centre Espaces F de Matane. À travers une soixantaine d’œuvres, Valérie Arsenault, Hubert Gaudreau et Morgane Clément-Gagnon présentent «Les entretemps». L’exposition propose une réflexion portant sur l’intervalle en photographie, qu’il soit temporel, spatial ou imaginaire.

«C’est surtout les espaces qui sont entre les photographies qui m’intéressaient dans cette notion d’entretemps, explique la commissaire d’exposition de Québec, Gentiane La France. Dans les intervalles entre les photographies, il y a différentes correspondances qui peuvent se générer quand des photographies sont mises ensemble. Il se passe des choses entre les photographies qui n’auraient pas pu se passer si les photographies n’avaient pas été ensemble.»

Valérie Arsenault, de Québec, décrit son travail photographique comme le retrait de certaines photos de leur essence intime et personnelle afin de trouver une nouvelle corrélation entre les images. «Dans un ensemble de photos, il y a un torse et un cactus, donne-t-elle comme exemple. Dans le cactus, il y a des gravures. Entre ces photos, il y a quelque chose qui résonne, comme un écho de quelque chose.»

Les photos et projections vidéo de Morgane Clément-Gagnon sont issues d’une résidence de création en Islande. «Je me suis beaucoup intéressée à la lumière particulière d’un lieu où il y a quatre heures de soleil par jour et au folklore islandais qui veut qu’il y ait des créatures qui vivent dans le paysage», décrit l’ex-enseignante de philosophie au collégial originaire de Québec et qui réside maintenant à Montréal.

Dans sa série photographique, Hubert Gaudreau plonge dans l’inquiétude et l’anticipation qu’il a ressenties lors de son déménagement de Québec à L’Isle-Verte, près de Rivière-du-Loup. «Le projet a pris racine dans une fin de semaine un peu chaotique, raconte-t-il. J’étais dans le bois et je faisais des images. Une de mes phobies, qui est un peu irrationnelle, est celle du couguar de l’Est. C’est donc une métaphore de cette peur-là, une appréhension d’un nouveau territoire qui me submerge. Mes images sont la transition de la ville à la campagne.»

Expositions

Le Tate Britain expose Don McCullin

LONDRES — L’œuvre du photojournaliste britannique Don McCullin, adulé pour son travail en noir et blanc qui plonge au cœur de la guerre et de la pauvreté dans le monde, est à l’affiche de la Tate Britain à partir de mardi.

Au total, 250 photographies, toutes en noir et blanc, toutes développées par les soins du photographe aujourd’hui âgé de 83 ans, étalent leur noirceur sur les murs gris de ce musée londonien : de la guerre au Viêt Nam au conflit chypriote en passant par les années de «Troubles» en Irlande du Nord, des paysages britanniques et des scènes de rue à Londres.

Reconnu pour ses reportages de guerre, qui ont occupé 18 de ses 60 années de carrière, Don McCullin a aussi pris des clichés des paysages industriels du nord de l’Angleterre et saisi la pauvreté qui régnait dans l’East End londonien.

Ce quartier, devenu bien propret depuis que les hipsters y ont jeté leur dévolu, était alors peuplé par des hommes en haillons et au regard hagard, jetés à la rue par une misère sordide, tentant de se réchauffer autour d’un feu de fortune, peut-on voir sur plusieurs photos des années 70.

Ses clichés les plus récents, de 2018, montrent le site antique de Palmyre, en Syrie, dévasté par le groupe État islamique.

L’exposition propose aussi de découvrir quelques-uns des objets qui l’ont accompagné dans ses missions, comme son casque de l’armée américaine, six de ses passeports, sa montre, ainsi que son Nikon, dans lequel s’est logée une balle en 1970 pendant qu’il accompagnait des soldats cambodgiens dans un champ de riz. Un appareil qu’il a gardé pour se souvenir d’avoir été chanceux.

Ciels menaçants

«Il y a beaucoup d’émotion dans cette exposition», déclare à l’AFP son commissaire, Simon Baker.

«Le travail de Don envoie un coup de poing en plein visage : c’est vraiment une expérience intense, avec l’impression d’être en plein cœur du sujet», ajoute-t-il, soulignant que «Don a toujours voulu montrer et communiquer la souffrance, la misère et les gens dans le besoin» dont il sait quelque chose, pour avoir lui-même grandi dans la misère.

L’exposition, visible jusqu’au 6 mai, est divisée en plusieurs sections, chacune consacrée à l’une de ses missions dont la bataille de Huê, au Viêt Nam, en 1968, l’Irak en 1991, Beyrouth, la pandémie de sida en Afrique, Berlin divisé, la guerre du Biafra, l’Éthiopie, l’Inde.

On peut aussi voir des paysages britanniques, avec beaucoup de photos prises près de sa maison du Somerset, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

«Même ses paysages possèdent une note dramatique. Les ciels sont souvent très noirs et il y a une sensation sombre de menace», souligne Simon Baker.

Présent pour l’occasion, Don McCullin a posé de bonne grâce pour les photographes, dont certains avides de voir le maître leur dédicacer des copies de
ses ouvrages.

Une admiration loin de le mettre à l’aise, même s’il a tôt appris à gérer sa célébrité.

«Je me sens coupable vis-à-vis des gens que je photographie. C’est vrai», a-t-il admis, dans une de ses déclarations affichées sur les murs du musée. «Pourquoi devrait-on me célébrer au détriment de la souffrance des gens? Je ne me sens pas à l’aise avec mes lauriers sur la tête».

Expositions

Le MoMA de New York va fermer quatre mois pour travaux

NEW YORK — Le Museum of Modern Art de New York va fermer ses portes durant quatre mois de mi-juin à fin octobre, le temps de réaliser la dernière phase de travaux d'agrandissement, selon un communiqué publié mardi.

À la réouverture le 21 octobre, le musée comptera 3600 mètres carrés d'espace d'exposition supplémentaires, soit un tiers de plus que la surface exploitée jusqu'ici (12 500 m2).

Le projet, qui aura coûté 400 millions $ au total, visait non seulement à ajouter des galeries au musée mais aussi à favoriser le dialogue entre les différentes formes d'arts visuels, peinture mais aussi architecture, sculpture, photographie ou design.

Le MoMA disposera également en son sein d'un nouveau lieu, baptisé The Studio, qui accueillera du spectacle vivant et des projections.

Autre ambition : reconnecter l'institution avec sa ville en créant des galeries situées au rez-de-chaussée et accessibles gratuitement, à la différence des autres espaces.

La fermeture temporaire du musée interviendra le 15 juin, date à laquelle s'achèveront toutes les expositions temporaires de printemps, notamment Birth of the World dédiée à l'artiste espagnol Juan Miro.

À sa réouverture, le musée proposera plusieurs nouvelles expositions réalisées en exploitant son fonds d'oeuvres.

Cette rénovation témoigne de la santé insolente du MoMA, entretenue par une série de dons colossaux reçus ces dernières années, notamment l'enveloppe de 100 millions $ confiée par le producteur américain David Geffen en 2016.

Don de 200 millions $ de la famille Rockefeller

La famille Rockefeller a fait don de 200 millions $ au MoMA, a annoncé mardi l'institution, l'une des sommes les plus importantes jamais léguées à un musée.

David Rockefeller, décédé en 2017, avait déjà donné 100 millions $ à l'institution en 2005, ainsi que de nombreux tableaux de maîtres, notamment de Gauguin, Matisse, Picasso ou Cézanne.

En outre, sa famille a déjà versé au musée une partie du produit de la vente historique de la collection de David et Peggy Rockefeller, qui en mai dernier avait atteint 832 millions $ au total.

L'histoire des Rockefeller est intimement liée à celle du MoMA, qui a été créé par la mère de David, Abby, l'épouse de John D. Rockefeller Jr, avec le soutien de deux autres amatrices d'art de la haute société new-yorkaise.

Si elle a donné beaucoup de temps et d'énergie au lancement de ce projet, Abby Rockefeller n'y a, en revanche, quasiment pas contribué financièrement: son mari, qui n'aimait pas la peinture moderne, refusait d'y consacrer une partie de sa fortune.

Expositions

Des momies de plus de 2000 ans dévoilées en Égypte

MINYA — Elles ont plus de 2000 ans mais sont «en bon état»: plus de 40 momies datant de la dynastie ptolémaïque d’origine grecque (323 à 30 avant J.-C.) ont été dévoilées en grande pompe dans des catacombes en Egypte par le ministère des Antiquités.

Pour les contempler, il faut emprunter une fine échelle et descendre un tunnel en pierre étroit de neuf mètres. Sous le sol sableux du site archéologique de Touna el-Gebel à Minya, en Moyenne-Egypte (centre), une vaste pièce donne accès à plusieurs chambres minuscules.

A l’intérieur, des momies brunâtres sont posées à même le sol ou placées dans des cercueils ouverts en argile blanche. De sexes et de tailles différents, elles sont enveloppées de lin ou décorées d’écritures démotiques, une langue égyptienne antique. Certaines portent encore des fragments de carton coloré, un matériau utilisé pour la fabrication de masques funéraires.

Selon le ministère égyptien des Antiquités, ces hommes et ces femmes, ces enfants et mêmes ces animaux de compagnie ont été découverts dans un tombeau familial appartenant à «la petite bourgeoisie» de l’époque ptolémaïque, du nom de la dernière dynastie pharaonique régnante, d’origine grecque, avant que l’Egypte ne passe sous domination romaine. La reine Cléopâtre en fut la dernière souveraine.

«Tous sont en bon état de conservation», assure le ministère.

Parmi ces momies, douze sont celles d’enfants et six d’animaux, pour la plupart des chiens. «Ces animaux devaient être si chers à leurs propriétaires qu’ils les ont enterrés avec eux», s’amuse Mohamed Ragab, qui a participé aux fouilles de cette mission débutée en février 2018.

Pendant que les journalistes photographient ces découvertes, des archéologues en blouses blanches tiennent à montrer qu’ils veillent à leur conservation.

Casquette rose vissée sur le crâne et mains gantées, l’un d’entre eux se penche sur un sarcophage pour brosser délicatement une momie au niveau des jambes. Le geste, immortalisé par les objectifs des photographes, est soigné.

L’Egypte, longtemps critiquée pour sa négligence et son manque de rigueur scientifique, tient à montrer qu’elle prend soin de son trésor archéologique.

Des ostracons et des fragments de papyrus ont également été découverts sur place. Ils ont été exposés à la surface de cette nécropole de Touna el-Gebel nouvellement découverte.

Musique

«Kitchen Chicken» au Mois multi : le cabaret culinaire de L'ODHO

Pour sa première présence au Mois multi, L’orchestre d’hommes-orchestres (L’ODHO) propose un cabaret musical et culinaire à la sauce yodel avec les Cackle Sisters, un duo qui a déjà fait quelques apparitions dans leur univers protéiforme.

Les balbutiements de Kitchen Chicken remontent à il y a environ cinq ans, raconte Bruno Bouchard, un des membres de l’inclassable collectif. «Ce sont de longues histoires, les créations de L’orchestre d’hommes-orchestres. Ça découle toujours d’autre chose.» Le répertoire des vedettes du yodel (campées par Gabrielle Bouthillier et Danya Ortmann) a été utilisé dans Joue à Tom Waits et dans Tintamarre Caravane avant de devenir l’objet d’un projet à part entière.