Abonnez-vous à nos infolettres. Obtenez en plus et assurez-vous de ne rien manquer directement dans votre boîte courriel.

Expositions

Les pompiers de Québec à l’honneur au Musée de la civilisation [VIDÉO]

Le Musée de la civilisation a inauguré mercredi l’exposition Pompiers de Québec - 250 ans de courage, qui, comme son titre l’indique, rend hommage à la bravoure des porte-étendards de ce métier qui fascine petits et grands.

Jusqu’au 29 mars 2020, le public pourra découvrir le quotidien de ces hommes et de ces femmes qui veillent jour et nuit à la sécurité publique, ainsi que les multiples améliorations apportées à l’équipement du Service de protection contre l’incendie de la Ville de Québec, créé en 1769.

Expositions

COZIC AU MNBAQ: pour le plaisir des sens [VIDÉO]

La rétrospective «COZIC» au Musée national des beaux-arts du Québec s’impose comme un événement marquant à bien des égards. Parce qu’il s’agit d’une première pour cette figure incontournable de l’art contemporain québécois. Mais aussi parce que le corpus du joyeux duo, complice dans la vie et dans la création, bouscule les codes muséaux en invitant le visiteur à toucher, à enlacer et même à sentir leurs œuvres : du plaisir pour tous les sens.

Monic Brassard et Yvon Cozic se sont rencontrés au mitan des années 1960 à l’École des Beaux-arts de Montréal où ils ont suivi une formation «académique». Mais très vite, «nous nous sommes questionnés sur notre profession de sculpteur et les diktats de l’art de l’époque. Pourquoi la couleur était-elle réservée à la peinture? Pourquoi certains matériaux sont nobles et d’autres pas?» expliquait Mme Brassard lors de la visite de la centaine d’œuvres regroupées pour l’exposition.

Expositions

«La Joconde» désormais sur fond bleu de Prusse

PARIS — «La Joconde» a retrouvé lundi sa place au musée du Louvre dans une salle des États repeinte dans un profond bleu nuit rehaussé de noir, qui met en valeur la vivacité des couleurs des œuvres du XVIe siècle vénitien qui l’entourent.

Après deux mois de travaux de rénovation, le célèbre tableau de Léonard de Vinci, que viennent voir des millions de touristes du monde entier, est de nouveau installé face au plus grand tableau du musée, les Noces de Cana de Véronèse.

Le tableau du maître toscan a été transporté dimanche soir dans la Salle des États depuis la Galerie Médicis où il avait été exposé provisoirement en raison du chantier de rénovation. L’opération s’est faite à l’abri des regards, avec les plus grandes précautions pour une œuvre fragile.

Un bleu de Prusse profond animé de subtiles variations noires saisit le visiteur dès l’entrée de la salle, contrastant avec l’ocre jaune moiré qui en couvrait les murs depuis 15 ans et s’était terni.

Le chantier a duré dix mois, dont trois de fermeture au public.

Ce bleu noir paraît tout d’abord un peu froid, mais, comme le souligne Vincent Delieuvin, conservateur en chef au département des peintures, il vise à faire ressortir «les couleurs intenses — parfois des pigments à l’état pur — des tableaux des grands maîtres vénitiens, et leurs cadres dorés». «Ce bleu de Prusse avec une patine noire donne une vibration aux œuvres», observe-t-il, alors que les peintures semblaient auparavant avalées par l’environnement jaune.

La Joconde est visible derrière un verre plus transparent. Le fond sombre lui redonne une grande profondeur. «Grâce à ce verre, on n’a plus l’impression d’un léger filtre verdâtre comme auparavant», se félicite M. Delieuvin.

Lundi soir, des files de touristes venaient de nouveau admirer La Joconde. Ils suivaient deux parcours en serpentin pour s’approcher du chef-d’œuvre, sans créer de phénomène de congestion. Un circuit qui assure que «la Mona Lisa vous regarde toujours».

50 secondes

Auparavant les touristes confluaient dans un seul carré devant le tableau et «seuls les plus grands, les plus déterminés réussissaient à bien profiter de l’œuvre», souligne Servane de Landsheer, adjointe du directeur de l’accueil du public.

Des études ont montré que le visiteur passe en moyenne 50 secondes devant La Joconde, contre 4 secondes devant les autres œuvres.

Le chantier avait plusieurs objectifs : une meilleure visibilité des chefs-d’œuvre, une médiation écrite plus adaptée, un circuit de circulation repensé. Un nouvel accrochage fait alterner les peintures monumentales et les œuvres plus intimistes et mélancoliques.

La Salle des États n’avait pas été rénovée en 15 ans, période pendant laquelle elle a accueilli plus de cent millions de visiteurs dans des conditions de visite pas toujours agréables.

Expositions

Un rare Gauguin de la période tahitienne bientôt en vente à Paris

PARIS — Un paysage de végétation aux tons vert, bleu et mauve avec un cavalier au loin, semblant s’éloigner... «Te Bourao (II)», l’un des rares tableaux de la période tahitienne de Paul Gauguin à être encore en des mains privées, sera mis en vente aux enchères en décembre par la maison Artcurial.

Estimée entre 5 et 7 millions d’euros (entre 7 et 10 millions $CAN environ), cette huile sur toile datant de 1897 fait partie d’un cycle de neuf tableaux réalisés à Tahiti que le peintre français (1848-1903) a envoyés ensuite à Paris pour une exposition à la Galerie Ambroise Vollard, au succès limité.

Parmi eux, figure son oeuvre testament «D’où venons-nous? Que sommes-nous? Où allons-nous?», qui est exposée au musée des Beaux-arts de Boston.

De prime abord moins métaphysique que le fameux tableau, «Te Bourao (II)» («l’arbre» en tahitien) n’est pas une nouvelle scène de la vie tahitienne, chère au peintre qui a fait des Marquises et de Tahiti son refuge à la fin de sa vie.

«Ce qu’il décrit peut-être très figuratif et en même temps, complètement abstrait», souligne Bruno Jaubert, directeur du département Art impressionniste et moderne d’Artcurial. Dans la vision de Gauguin, «la présence du cavalier qui s’en va est comme la présence de l’Homme sur la terre. Ce qui reste, c’est la nature elle-même».

Évocation probable d’«un paradis perdu avec une nature vierge et une présence très limitée de l’Homme», «Te Bourao (II)» est le dernier tableau du cycle à être encore entre des mains privées, même s’il a beaucoup été prêté ces dernières années. Il a notamment été exposé au MET à New York de 2007 à 2017.

Auparavant, le tableau a connu une histoire assez linéaire: Ambroise Vollard l’a conservé, puis exposé au Salon d’Automne en 1906, sous le titre «Paysage bleu».

À sa mort, «Te Bourao (II)» est revenu à ses héritiers qui l’ont revendu en 1995 à l’acheteur s’en délestant aujourd’hui.

Sa vente est un événement tant il est rare de trouver un Gauguin de cette période, la plus recherchée par les collectionneurs et les musées, et dans un très bon état. La dernière vente sur le marché français d’un tableau de ces années remonte à 22 ans, souligne-t-on chez Artcurial.

Les huit autres tableaux de ce cycle sont exposés dans les musées du monde entier: l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, le Barber Institute à Birmingham ou encore le musée d’Orsay à Paris. La vente aux enchères de «Te Bourao (II)», dévoilé au public du 4 au 9 octobre, aura lieu le 3 décembre.

Exposition

«Empreintes et dérivés» d'Ève Cadieux: la beauté cachée des marchés aux puces

Là où certains ne voient qu’un ramassis de cossins, Ève Cadieux déniche des trésors. Arpentant les marchés aux puces des grandes villes d’Europe avec sa caméra, l’artiste saisit des assemblages d’images surprenants.

C’est parfois le reflet d’une cathédrale dans un miroir, tout près d’une reproduction d’un tableau de Goya, qui capte son attention. Ou le mélange éclectique d’images de culture de masse et d’objets rares aux usages mystérieux.

Expositions

«L'opéra d'or» de Geneviève et Matthieu: décapante dystopie

Le duo Geneviève et Matthieu ont investi l’espace galerie de Regart pour camper le décor d’une œuvre chorale où musique, intrigue, sculpture et performance composent un grand thriller expressionniste. Voici venir «L’opéra d’or», qui prendra vie le soir de l’Halloween dans une toute nouvelle version lévisienne.

Nous y suivrons Feu Catharsis (Geneviève), une artiste prisonnière d’un monde parallèle doré avec l’alchimiste Fulcanelli, son obsédant mentor. À force de mantras et d’actions diverses, un ex-sculpteur devenu livreur de pizza et DJ de boîte de nuit (Matthieu) réussira à la ramener dans la réalité. Ils vivront une histoire d’amour passionnée jusqu’à ce qu’une mutante, nouvel espoir de l’art contemporain, vienne déverser envie et poussières sur la ville.

Exposition

ORLAN: À mort la mort!

ORLAN questionne les cadres qui circonscrivent nos conceptions de la beauté, de la féminité, du corps et de la condition humaine en utilisant une panoplie de médiums — performance, chirurgie, robotique, biotechnologie, peinture, sculpture. L’artiste française fait exploser les codes. Elle sera de passage au Québec en octobre pour livrer une conférence à Montréal et présenter une exposition au Lieu, à Québec.

L’exposition d’ORLAN sera précédée d’une classe de maître, lancée avec une performance. L’artiste invite ceux qui refusent l’idée de mourir à signer une pétition contre la mort (www.orlan.eu/petition). Pourquoi? «Parce que c’est dégueulasse la mort, qu’il n’y a rien de pire, répond-elle de sa voix grave et chantante. Personne ne nous a consultés. D’autant plus que par rapport à d’autres êtres vivants, comme les baleines ou les séquoias, l’humanité semble avoir tiré la courte paille de la longévité.»

Expositions

Un couple accusé de recel d’œuvres de Picasso évoque un «magnifique cadeau»

LYON — L’ex-électricien de Pablo Picasso et sa femme, jugés en appel pour recel par la justice française, ont soutenu mardi que les 271 œuvres de l’artiste entreposées dans leur garage étaient «un magnifique cadeau» de sa veuve.

Qualifiant leur version de «suspecte», l’avocat général Philippe de Monjour a réclamé à la cour d’appel de Lyon de confirmer la condamnation à deux ans de prison avec sursis des deux prévenus.

Déjà condamnés à deux reprises pour le recel de ces œuvres, Pierre et Danielle Le Guennec assurent désormais, après avoir soutenu en première instance que le don avait été fait du vivant de Picasso et avec l’accord de ce dernier, que les œuvres leur ont été remises après la mort du peintre. Un changement de version «pour nos enfants, pour qu’ils n’aient pas d’ennui», s’est justifiée Mme Le Guennec, en fauteuil roulant.

«Madame m’a demandé de mettre chez moi des choses» au moment où la veuve était en litige avec les héritiers du peintre, a déclaré à la barre son mari. Plus tard, Jacqueline lui aurait demandé de les lui rendre, sauf un pour lequel elle aurait dit «Gardez-le, c’est pour vous», selon lui.

Si c’était à refaire? «Je referais pareil», a assuré Pierre Le Guennec, ancien artisan, 80 ans, tout dévoué à «Madame», comme il appelle Jacqueline, la dernière femme de Picasso.

Sa femme Danielle Le Guennec, 76 ans, a pour sa part entretenu «15 ans de fidélité» avec la veuve de Picasso, qui lui «téléphonait deux fois par jour».

Le couple a gardé le secret sur «ce magnifique cadeau» pendant près de quarante ans. «C’était peut-être un secret qu’on gardait dans notre cœur, c’était à nous», a ajouté la septuagénaire.

Une version qui n’a pas convaincu l’avocat général.

«Les époux Le Guennec avaient connaissance de l’origine délictueuse des œuvres, ils n’en parlent même pas à leurs propres enfants», a estimé le magistrat. «La thèse de l’oubli de ce trésor ne tient pas et dire que cela était gardé à titre de simple souvenir n’est absolument pas crédible».

180 de ces œuvres, des dessins, lithographies et collages non signés ni inventoriés au moment du décès du peintre, avaient refait surface lorsque M. Le Guennec s’était présenté au fils de l’artiste, Claude Ruiz-Picasso, afin d’en faire authentifier une partie, dont un carnet de 91 esquisses, le tout datant de 1900 à 1932. Les héritiers avaient aussitôt porté plainte.

«Si j’avais été intéressé, je serais allé voir un expert ou une galerie pour les vendre», a argué M. Le Guennec, assurant ne pas savoir «ce que ça vaut».

Expositions

L’Italie prête sept œuvres au Louvre pour l’exposition sur Léonard de Vinci

PARIS — L’Italie et la France ont signé mardi un accord prévoyant le prêt de cinq œuvres, dont le célèbre «Homme de Vitruve», et de deux copies de tableaux de Léonard de Vinci pour la grande exposition du Louvre commémorant le cinquième centenaire de la mort de l’artiste, mettant fin à des mois de discussions et de tensions.

Outre l’Homme de Vitruve provenant de la Galerie de l’Académie à Venise, quatre dessins — Étude de paysage, Étude pour l’Adoration des Mages, et deux Études de paneggio — seront prêtés en vertu de cet accord signé par les ministres de la Culture français Franck Riester et italien Dario Franceschini.

De même, des copies de la Leda et de la Bataille d’Anghiari de la Galerie des Offices à Florence viendront au Louvre.

Ces sept œuvres s’ajoutent à 13 autres que divers musées italiens ont déjà accepté de prêter, à l’issue de négociations entre musées : la plus connue est la Scapigliata (la jeune fille décoiffée) de la Galerie nationale de Parme, une peinture inachevée.

Des études pour la bataille d’Anghiari, pour la Sainte-Anne, un portrait d’enfant, des études de proportion du visage, de l’œil et de nus constituent les autres prêts des musées italiens, mais ce ne sont pas des peintures.

En vertu de l’accord de réciprocité signé à Paris, cinq œuvres de Raphaël (deux peintures et trois dessins) ainsi que deux études au dessin de Giovan Francesco Penni, qui se trouvent au Louvre, seront prêtés à l’Italie pour l’exposition Raphaël qui s’ouvrira au musée du Quirinal à Rome en mars.

Dario Franceschini a salué «un signal important de collaboration» entre les deux pays. «L’Europe a un énorme potentiel» en tant que «plus grand distributeur et plus grand consommateur d’événements culturels, mais elle se trouve en difficulté face aux géants d’internet. La France et l’Italie ensemble peuvent être moteurs», a-t-il dit devant la presse, avant de signer l’accord.

«C’est un très beau symbole» que ce premier déplacement du ministre italien depuis la formation du gouvernement soit à Paris, a salué Franck Riester. Il a souligné que les œuvres de Léonard étaient à la fois «des chefs d’œuvre italiens, européens et de l’humanité».

Dario Franceschini a expliqué que L’Homme de Vitruve était une œuvre fragile, très délicate à transporter, et que des conditions avaient dû être remplies avant qu’il reçoive l’autorisation de sortir d’Italie. Ce prêt ne durera que plusieurs semaines, alors que l’exposition qui s’ouvre le 25 octobre durera plusieurs mois.

Ce célèbre dessin annoté par Léonard, réalisé vers 1490 à la plume, encre et lavis, est une œuvre emblématique de la Renaissance par sa reproduction exacte des proportions du corps humain.

L’Annonciation, célèbre tableau qui se trouve aux Offices, n’a pu par contre être déplacé.

Le précédent gouvernement italien, dans lequel la Ligue du Nord de Matteo Salvini avait un poids prépondérant, avait renâclé à prêter les œuvres et marqué sa mauvaise humeur au sujet de cette exposition au Louvre.

Il avait insisté sur le fait que le grand maître de la Renaissance, mort il y a 500 ans, était d’abord Italien même s’il avait vécu les trois dernières années de sa vie en France.

Expositions

L’Opéra imaginaire de Degas

PARIS — Ses pastels des petits rats de l’Opéra en répétition semblent plus vrais que nature. Mais Edgar Degas a le plus souvent inventé ces scènes, après avoir fait poser les ballerines pendant de longues heures dans son propre studio.

Degas à l’Opéra, exposition qui s’ouvre mardi au musée parisien d’Orsay (jusqu’au 19 janvier), montre que l’artiste français a créé des tableaux souvent «fantasmagoriques» à partir de son atelier, loin des salles de répétition.

Habitué de l’Opéra de Paris — notamment de la Salle Peletier qu’il adorait et qui a brûlé, puis du Palais Garnier qu’il détestait —, Degas (1834-1917) n’a jamais peint et presque jamais dessiné in situ des ballerines et des scènes de danse.

Mais «même si ces peintures n’ont pas été réalisées dans une salle de répétition, c’est comme si on y était», explique Kimberly Jones, conservatrice à la National Gallery of Art de Washington qui a prêté une vingtaine de tableaux à cette exposition majeure organisée pour le 350e anniversaire de l’Opéra de Paris.

«Elles sont si naturelles... certaines poses sont mêmes un peu gauches, des danseuses se frottant les genoux ou penchées en avant», ajoute-t-elle. Et pour cause : «le peintre des danseuses» embauchait des ballerines comme modèles dans son studio «et elles posaient pendant de longues séances», selon Mme Jones.

D’où la précision légendaire des positions de bras, des pieds pointés et des pliés. «C’était un observateur extraordinaire [...] il a fait plusieurs études de pieds tout en regardant comment elles se positionnaient en première ou seconde position.»

Un «laboratoire»

Si ses premiers tableaux de ballet dans les années 1870 rencontrent le succès, le flou demeure sur la fréquence de ses visites dans les salles de répétition et des coulisses pendant cette période, vu qu’il n’est devenu que tardivement, en 1885, un «abonné» de l’Opéra, statut donnant un accès aux coulisses.

«J’en ai tant fait de ces examens de danse, sans les avoir vus, que j’en suis un peu honteux», reconnaît-il dans une lettre en 1880, en référence aux redoutables concours de promotion des danseurs encore en vigueur au Ballet de l’Opéra de Paris.

Mais ces peintures n’auraient pu être crédibles si l’artiste n’était pas aussi imprégné de danse et d’opéra. «Il fait très vite de l’Opéra son laboratoire, un endroit ou il peut tester librement la question de l’éclairage, la forme et le fond», explique Henri Loyrette, commissaire général de l’exposition.

Les plus de 200 œuvres de l’exposition vont au-delà des pastels de ballerines, avec des peintures des compositeurs, des musiciens, des choristes.

Incluant aussi l’aspect plus sordide de l’Opéra de l’époque : les abonnés, ces messieurs habillés en noir, en coulisses, tout près des danseuses en tutus blancs.

«Ils devenaient souvent les “protecteurs” des ballerines, les aidaient à être promues... mais souvent s’attendaient à des faveurs sexuelles en retour. Degas était conscient de cela», explique Mme Jones, soulignant la précarité des danseuses venant souvent d’un milieu ouvrier.

«Il les montre avec leurs prédateurs. Il n’était pas complice, mais il ne les dénonçait pas non plus», précise Marine Kisiel, conservatrice au musée d’Orsay.

«Très timide et réservé»

Degas illustrera les nouvelles Les petites Cardinal de son ami le librettiste Ludovic Halévy et où «on voit la proximité très évidente entre les scènes de vie de l’Opéra et des scènes de maisons closes où l’abonné devient client, la danseuse devient prostituée, et la mère devient maquerelle», selon M. Loyrette.

Les experts s’accordent pour dire que Degas était respectueux des danseuses et de leur dure carrière.

Réputé misogyne, il a toutefois, selon Mme Kisiel, «aidé des peintres femmes à émerger comme Berthe Morisot». D’après Mme Jones, il était surtout un «misanthrope», «quelqu’un de très timide et réservé».

Artiste hanté par l’Opéra jusqu’à la fin de sa vie, il était incompréhensible pour lui qu’un peintre comme Gauguin aille jusqu’en Polynésie pour trouver son inspiration. «On voit la divergence entre un artiste qui recherche l’ailleurs tandis que l’autre trouvait ce qu’il cherchait à quelques pas de chez lui», note M. Loyrette.

Exposition

Jean-Pierre Morin à l'heure du couronnement

Le regard bleu acier de Jean-Pierre Morin n’a rien perdu de son intensité. Sa fascination pour les formes, les protocoles et le patient assemblage non plus. Pour sa première exposition à la Galerie 3, le sculpteur a façonné des cônes et des couronnes à la force émouvante, d’une majestueuse gravité.

On reconnaît la signature du dompteur d’aluminium et d’acier, qui construit grâce à un nombre infini de petits cubes des formes courbes et élégantes. De grands formats pointent vers le ciel comme des silhouettes de conifères. Une immense couronne d’aluminium semble avoir appartenu à un géant. La scène a des allures de conte.

Exposition

«Beholder / Dans l’œil de celui qui regarde»: dans le prisme de l’autisme

Le collectif United Visuals Artists a conçu une expérience vidéo à partir des stimulus qui semblaient captiver et retenir l’attention d’un enfant autiste et muet, Oliver, le fils du fondateur du groupe artistique.

Sous les yeux du regardeur de Beholder / Dans l’œil de celui qui regarde, les corps de trois passereaux qui s’envolent se déconstruisent et créent de surprenant motifs. Le temps et l’espace se contorsionnent.

Exposition

«Le cabinet des censurés»: la parole aux artistes

Une plainte ou une crainte suffit parfois pour qu’une salle d’exposition décide de retirer des œuvres de la vue du public. Mais quel effet cela a-t-il sur les artistes?

L’art public, la nudité et la propriété intellectuelle font partie des questions soulevées par Le cabinet des censurés. Autour de l’exposition rassemblant des œuvres de Martin Bureau, John Boyle-Singfield, Steve Giasson, Isabelle Hayeur, Helena Martin Franco et Christian Messier, les occasions de prise de parole se multiplieront. Des capsules vidéos et une table ronde, le 29 septembre à 13h, sont notamment au programme.

Exposition

«Entre fleuve et rivière»: capturer les brumes basques

En suivant les traces des Basques, qui venaient chasser la baleine sur le Saint-Laurent bien avant la fondation de la Nouvelle-France, les photographes Charles-Frédérick Ouellet et Christophe Goussard ont élaboré un projet photographique commun. Entre fleuve et rivière est l’aboutissement de leur quête fictionnelle sur des territoires chargés d’histoire.

Par le passé, le Québécois et le Français ont travaillé chacun de leur côté sur le fleuve qui traverse leur territoire natal. En s’embarquant sur le Saint-Laurent avec les pêcheurs, Charles-Frédérick Ouellet a rassemblé les images de son livre Le Naufrage. Christophe Goussard a quant à lui consacré un ouvrage à l’estuaire de la Gironde, en Nouvelle-Aquitaine, dont il est originaire.

Exposition

Les bijoux confits de Magali Thibault-Gobeil à Materia

L’exposition au titre coloré «Quand les arcs-en-ciel pleurent des bonbons» ouvre la saison à Materia, qui présente des expositions en lien avec les métiers d’art. Les bijoux extravagants, funky et sculpturaux de Magali Thibault-Gobeil débordent des cadres établis pour former un alléchant pays des merveilles.

Elle aurait voulu être diplomate et régler tous les problèmes du monde, a étudié en sciences politiques, mais s’est finalement tournée vers la création de bijoux d’art qui illuminent la grisaille contemporaine, à défaut de résoudre les conflits géopolitiques. Formes molles, résines, couleurs vibrantes, formes démesurées… «Il y a un côté très léger et très drôle à tout ça, note-t-elle. On a le goût de les toucher, de les manger, ça appelle à l’interaction.»

Expositions

«Elsie vue par...»: la vie de la fondatrice des Jardins de Métis revisitée

GRAND-MÉTIS – Plusieurs invités et visiteurs ont pris part, dimanche à la villa Estevan des Jardins de Métis, à la présentation de l’exposition sur la vie d’Elsie Reford. L’exposition «Elsie vue par...» était commentée par l’arrière-petit-fils de la fondatrice des lieux, Alexander Reford, et l’équipe qui a monté le parcours en collaboration avec la firme Umanium de Montréal.

L’événement a aussi été l’occasion pour l’équipe de lancer le catalogue de l’exposition, tiré à 440 exemplaires. «C’est un ouvrage fascinant qui se lit comme un roman», estime Sylvain Legris, qui a supervisé sa réalisation.

L’exposition raconte l’histoire de cette femme entreprenante aux multiples talents à partir de lettres et de témoignages de gens qui l’ont connue. Selon le président d’Umanium, Pierre Fauteux, le concept des installations met l’accent sur l’esprit de la villa construite en 1886. Le design des panneaux d’interprétation évoque subtilement le mobilier et le papier peint de la résidence.

Expositions

Art, nature et patrimoine à Vrille

Trois projets s’arriment au patrimoine du Bas-Saint-Laurent grâce à Vrille art actuel. Deux artistes de Québec, Isabelle Demers et Marie-Fauve Bélanger, y présentent des œuvres à l’issue de résidences estivales.

Isabelle Demers s’est installé un atelier temporaire dans la sacristie de l’église de Saint-Pacôme, qui sera convertie en laboratoire de culture sous l’égide des Jardins du Clocher. «Il y a aussi des agronomes et des ingénieurs de Inno 3B qui développent de la culture verticale. Ça bouillonne, j’ai des discussions vraiment intéressantes!» indique l’artiste.

Expositions

Symposium de Baie-Saint-Paul: déborder des classes

Même s’ils se sont tous vu attribuer une classe de l’ancienne école Thomas-Tremblay, les membres de la cohorte 2019 du Symposium d’art contemporain de Baie-Saint-Paul sont loin de s’y confiner. Inspirés par la vue que leur donnent les fenêtres sur l’architecture et la nature environnante, ils tournent leur regard vers l’horizon. À l’intérieur, des liens se tissent entre les artistes, donnant naissance à des collaborations inédites et à des débordements dans les corridors.

Sebastian Mügge a recouvert une bonne partie de son espace (plancher compris) de papier où il amalgame les dessins que lui inspirent l’actualité, l’architecture mondiale et son expérience dans Charlevoix : les balançoires qui percent le mur à la frontière des États-Unis et du Mexique, la muraille de Chine défaite brique par brique par les fermiers voisins, le husumer, ce cochon allemand aux couleurs du drapeau danois… Près de la porte, son rouleau de papier se froisse, comme une chute, et va enlacer l’installation de fils et de tuyaux que la New-Yorkaise Erica Stoller fait pendre dans la cage d’escalier.

Expositions

Une année hors les murs pour les centres d’artistes de Méduse

Le grand chantier de réfection et de réaménagement qui doit avoir lieu cette année dans la coopérative artistique Méduse oblige les locataires à déménager temporairement et à revoir leur calendrier de diffusion. Il n’y aura pas d’expositions sur la côte d’Abraham ni de spectacles présentés à la salle Multi pendant les mois de travaux, mais les centres d’artistes rivalisent d’inventivité pour adapter leurs activités.

«Nous nous apprêtons à aller en appel d’offres pour la construction», indique Caroline Salaün, la directrice générale de Méduse. La coopérative n’attend que l’approbation du ministère de la Culture pour aller de l’avant et faire exécuter les plans et devis conçus par Coarchitecture (qui a Le Diamant et le futur théâtre jeunesse Les Gros Becs dans son portfolio) et deux firmes d’ingénierie.

Expositions

René Derouin: du ciel mexicain aux profondeurs du fleuve

L’exposition «Le mur des rapaces 3», de René Derouin, présentée tout l’été au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, permet de plonger dans deux espaces immenses qui nourrissent l’œuvre de l’artiste renommé. On y redécouvre l’ampleur de son projet «Migrations», où il a largué 19 000 statuettes au fond du Saint-Laurent, tout en se laissant avaler par ses ciels chargés de rapaces tournoyants.

Plusieurs endroits de Baie-Saint-Paul portent la marque de René Derouin, même si celui-ci demeure à Val-David depuis une cinquantaine d’années. Il y a l’œuvre Le Phare à l’hôtel Germain, mais surtout le souvenir du largage, il y 25 ans, de 16 000 (sur les 19 000) statuettes d’argile au large de L’Isle-aux-Coudres. En guise de prémisse à l’exposition estivale, le MAC de Baie-Saint-Paul présente une statuette accompagnée d’une lettre et d’une photo du largage laissées par l’artiste dans la collection du Musée d'art contemporain des Laurentides.

Expositions

Symposium de Baie-Saint-Paul : de l'architecture à l'environnement

Douze projets artistiques prendront forme pendant le Symposium de Baie-Saint-Paul, dont le coup d’envoi a été donné vendredi. Croisant les thèmes de l’art, de l’architecture, du paysage et de l’environnement, la commissaire Sylvie Lacerte a orchestré cette célébration de l’art en train de se faire.

Quatre axes forment la thématique du 37e Symposium de Baie-Saint-Paul, le deuxième sous la houlette de Mme Lacerte, qui avait convié les artistes à explorer les liens entre art et politique l’an dernier.

Expositions

Une exposition sur Bob Morane, ce héros [VIDÉO]

Le héros Bob Morane a marqué l’enfance de plusieurs au Québec. Encore aujourd’hui, nombreux sont fiers de «Terreur à la Manicouagan», une aventure au Québec où Bob Morane affronte le Smog, un adversaire redoutable qui veut détruite le barrage Manic 5. Pour célébrer le 70e anniversaire des éditions Marabout, le 100e de son auteur, Henri Vernes, et le 55e de sa venue au Québec, Les Rendez-vous de l’histoire de Québec ont concocté une exposition à la Maison de la littérature qui saura séduire les amateurs de cette série d’aventures rocambolesques.

À l’entrée de la Maison de la littérature, une douzaine de panneaux colorés ornent les murs. Des images d’archives, des bouteilles de vin, des cartes postales et autres objets disparates sont à l’effigie d’un personnage bien connu : Bob Morane. Jusqu’au 25 août, il est possible d’en apprendre davantage sur le rôle qu’a joué ce mythique personnage dans la Belle Province grâce à l’exposition Les éditions Marabout, Bob Morane et le Québec

Expositions

Un Rembrandt restauré devant public

AMSTERDAM — Pendant plusieurs années, les millions de visiteurs du Rijksmuseum d’Amsterdam vont pouvoir observer la restauration historique entamée lundi de la célèbre «Ronde de nuit» de Rembrandt, placée dans un écrin de verre au beau milieu de la galerie d’honneur du musée.

La restauration de l’immense tableau, qui date de 1642, est également retransmise sur Internet afin que le monde entier puisse y assister.

L’œuvre, qui mesure 3,8 mètres de haut sur 4,5 mètres de large pour un poids de 337 kilos, «appartient à tout le monde» et «nous estimons que le public a le droit de voir ce que nous faisons avec la peinture», a expliqué le directeur du musée Taco Dibbits.

Tailladée à coups de couteau

La dernière restauration majeure de l’œuvre remonte à plus de 40 ans, après une attaque en 1975 d’un déséquilibré qui l’avait tailladée à coups de couteau. Depuis, les experts ont constaté l’apparition d’un halo blanc sur certaines parties du tableau, en particulier autour de la zone endommagée par les coups de couteau, décolorant la représentation d’un petit chien en bas à droite.

Redonner à la toile monumentale tout son éclat et sa splendeur : voilà la tâche délicate confiée par le musée amstellodamois à une petite armée de 25 scientifiques, restaurateurs, conservateurs et chercheurs. Un travail de longue haleine, car les premiers coups de pinceau pour restaurer les couleurs d’origine ne sont pas pour tout de suite.

Les experts examinent tout d’abord la peinture grâce à des photographies en haute résolution et à l’aide d’analyses numérisées de la toile et de chaque couche de vernis et de peinture, avant de déterminer les meilleures techniques de restauration.

«La phase de recherche durera environ un an. Ensuite, nous pourrons élaborer un plan de traitement et ce sera la prochaine étape de la restauration», explique auprès de l’AFP Petria Noble, directrice du département restauration des peintures du Rijksmuseum.

Elle et son équipe travailleront pendant «plusieurs années» au beau milieu de la galerie d’honneur du musée, un endroit foulé chaque jour par des milliers de visiteurs venus du monde entier.

Stressant? «Au début, certainement», confie-t-elle. «Mais après une semaine, l’équipe sera habituée à être observée. Car tout le monde est concentré sur l’équipement qu’il utilise ou sur la peinture».

«Opération Ronde de nuit»

Appelé «Opération Ronde de nuit», le projet, qui coûte plusieurs millions d’euros, est une grande première. Il s’agit du travail de recherche et de restauration le plus vaste et le plus complet du chef-d’œuvre de Rembrandt de l’histoire, a indiqué le musée. L’œil tourné vers l’avenir et les générations futures, le Rijksmuseum souhaite «conserver au mieux» le chef-d’œuvre.

Les restaurateurs travaillent dans un écrin de verre créé spécialement pour l’occasion et dessiné par l’architecte français Jean-Michel Wilmotte, auquel avait déjà été confié l’aménagement des salles lors de la longue rénovation du musée achevée en 2013.

Le Néerlandais Rembrandt van Rijn (1606-1669) avait reçu en 1642 une commande du capitaine de la milice bourgeoise d’Amsterdam Frans Banninck Cocq pour portraiturer les officiers et membres de sa milice.

En trois siècles et demi, le tableau a connu une série de déménagements ou tentatives de restauration et a même échappé aux nazis.

Expositions

Musée d'Orsay: nouvelle donation du couple de collectionneurs américains Hays

PARIS — De nouvelles peintures de Bonnard, des tableaux de Vuillard, des oeuvres de Camille Claudel vont rejoindre le musée parisien d'Orsay après une seconde donation de Marlene Hays, grande collectionneuse d'art texane avec son mari Spencer, décédé en 2017.

Ce couple américain a amassé une immense collection comprenant quelque 600 oeuvres de la seconde moitié du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle.

Ils avaient prêté 187 oeuvres au musée d'Orsay en 2013 pour l'exposition Une passion française. En octobre 2016, cet ensemble a fait l'objet d'une première donation sous réserve d'usufruit, désormais complétée par les 106 nouvelles oeuvres données au musée.

«Cette nouvelle donation constitue un enrichissement historique des collections publiques nationales de l'État», a souligné jeudi le ministre français de la Culture Franck Riester.

Parmi la centaine d'oeuvres, figurent 40 peintures, 47 oeuvres sur papier et 19 sculptures, portant à près de 300 le nombre de pièces données par le couple, amoureux de la peinture française de la fin du XIXe et du début XXe et sous le charme des nabis.

Dix peintures de Bonnard (dont Jeune fille au chien, 1894), neuf Edouard Vuillard viendront donc compléter les collections d'Orsay, ainsi que des tableaux considérés comme majeurs de Robert Delaunay (La femme au pain, 1905), Henri Matisse (La femme en jaune, 1923) et Modigliani (Jeune femme à la rose — Margherita, 1916).

Mariés pendant près de 60 ans, l'homme d'affaires Spencer Hays et son épouse Marlene Hays étaient des autodidactes en histoire de l'art.

«Enfant, j'habitais au Texas, dans une ville où il n'y avait ni art, ni musée. J'ai rencontré ma femme Marlene avant d'entrer à l'université. Nous étions tous les deux d'origine très modeste», soulignait ce grand collectionneur en 2013.

Il commença par vendre des livres en faisant du porte-à-porte pour une société de Nashville (Tennessee), jusqu'à ce que son épouse lui propose d'acheter un tableau d'un peintre hollandais du XVIIe, pour décorer leur maison de Nashville. Ce sera le début d'une grande collection.

Le couple commença par acheter de l'art américain avant de se lancer dans les années 1980 dans les oeuvres françaises de la fin du XIXe.

La donation Hays avait couronné les efforts de Guy Cogeval, président du musée d'Orsay jusqu'en 2017, qui connaissait le couple depuis 2001 et partageait avec lui la passion des peintres nabis.

Exposition

Vent de renouveau pour le centre d'artistes Regart

Alors que la directrice générale et artistique de Regart se prépare à aller passer la prochaine année et demie en résidence à Berlin, le centre d’artistes a reçu l’assurance de la Ville de Lévis qu’il serait relocalisé dans le secteur de la traverse, malgré la décision d’exproprier leur locateur actuel.

Le conseil municipal de Lévis a voté il y a quelques semaines l’expropriation du bâtiment où loge le centre d’artistes Regart, sur la rue Saint-Laurent. Une refonte complète du secteur est prévue afin d’accueillir des bateaux de croisière, de construire un hôtel et d’aménager un lien mécanique entre la traverse et le Vieux-Lévis.

Expositions

Expos estivales à Regart: reliques et projections

La programmation estivale de Regart amène le visiteur à renouer avec des curiosités du passé, à anticiper le futur et à se questionner sur l’art infiltrant. Dans la galerie, Marc-Antoine K. Phaneuf et Charles Sagalane déploient leur pimpante correspondance sur les murs pour «Ma collection d’exposition».

Marc-Antoine K. Phaneuf a été appelé en renfort après le désistement de l’artiste qui devait exposer cet été au centre lévisien. «J’avais le fantasme d’écrire sur les murs. De profiter de la salle en “L” pour faire faire les 100 pas aux spectateurs, qui doivent faire 12 fois le tour de la pièce pour tout lire», explique l’artiste touche-à-tout. «Mais il faillait que ce soit une exposition en collaboration. À cinq semaines d’avis, c’était pas évident.»

Natation

La mémoire de Jacques Amyot honorée

Moins d’un an après le décès du nageur de longue distance Jacques Amyot, sa mémoire survivra au Musée de la Civilisation, qui a reçu une donation de ses souvenirs et mis en valeur le trophée qu’il a reçu pour avoir été le premier homme à traverser le lac Saint-Jean en 1955 et les lunettes de natation qu’il a utilisées pour réaliser l’exploit.

Présentés dans l’exposition «Le temps des Québécois», entre des présentations sur Félix Leclerc et Maurice Richard, ces objets font partie d’une donation que M. Amyot avait faite à l’institution muséale juste avant d’être emporté par la maladie au mois de septembre à l’âge de 93 ans. La donation inclut des trophées, médailles, lunettes de natation et maillots de bain de même qu’un fonds d’archives représentatif de sa carrière.

Expositions

Paris ouvre le premier centre d’art urbain flottant au monde

PARIS — Le «premier centre d’art urbain flottant au monde», selon ses concepteurs, a ouvert ses portes lundi à Paris sur un bateau où se côtoient les plus grands noms de l’art de rue, de Banksy à Vhils en passant par JR et Keith Haring.

C’est un bateau tout en transparence, au design dépouillé, qui s’ouvre rive gauche sur 1000 mètres carrés et trois niveaux. Avec ses baies aux extrémités, il a été conçu de telle sorte que l’on voie les œuvres de l’art de rue dans l’enfilade des ponts sur la Seine.

De la vaste cale de 3,5 mètres de hauteur, on se sent au plus près du fleuve. Le clapotis des flots monte d’une darse intérieure où poussent les plantes d’eau et où viennent se sustenter les canards.

«Nous avons voulu ce lien très fort avec l’eau, l’environnement. Il faut réinventer le rapport à l’eau», souligne Nicolas Laurego Lasserre, directeur artistique du projet, collectionneur et spécialiste de l’art de rue.

L’emplacement privilégié retenu — avec une vue sur certains des plus prestigieux monuments de Paris et la proximité de la tour Eiffel — «incite à s’incliner, à être modeste, à laisser voir. D’où notre impératif de transparence.»

La Ville de Paris a retenu ce site pour un centre d’exposition gratuit, au bord d’un quai où passent deux millions de personnes chaque année, alors que Paris est sujette à une streetartomanie, avec des projets et expositions d’art urbain fleurissant de toutes parts.

Lieu hybride

Fluctuart est «un lieu hybride : lieu festif avec restaurant, rooftop, librairie, et lieu de création artistique qui, dans la logique du street art, doit rester accessible à tous», résume Nicolas Laurego Lasserre.

Cinq cents visiteurs au maximum pourront monter sur le bateau, pour des raisons de sécurité.

Première à inaugurer l’espace d’exposition permanente, l’Américaine Swoon est venue pendant deux semaines en juin investir la cale du bateau avec son Time Capsule.

Celle qui avait fait l’évènement en 2013 à la Biennale de Venise en débarquant de la mer sur un radeau surmonté d’une pyramide de déchets y expose la précarité urbaine avec ses silhouettes découpées.

Le projet fou de trois amis

À l’étage intermédiaire et jusque sur les quais, une collection permanente rassemble sur des vitrines de verre modulables les plus grands noms de l’art de rue, avec pour chacun au moins une œuvre : Banksy, JR, Shepard Fairey, Vhils, Roa, Invader, Keith Haring, Nasty, etc.

Pour ce projet un peu fou, Nicolas Laurego Lasserre s’est associé à deux autres passionnés : Géraud Boursin, associé-gérant d’une entreprise spécialisée dans l’hôtellerie de plein air, et Éric Philippon, investisseur dans des PME non cotées du secteur du tourisme.

Quatre millions d’euros (5,91 M $CAN) ont été misés sur ce bateau pensé, inventé et construit en quatre ans. Il n’y a pas eu de subvention publique, et les trois concepteurs comptent sur la restauration et la location de la terrasse pour des performances et des soirées festives afin de compenser la gratuité.

Dans un partenariat avec l’ICART (école du management de la culture et du marché de l’art) que dirige Nicolas Laurego Lasserre, les étudiants feront des visites guidées pour un public qui connaît mal et a parfois des préjugés sur l’art de rue.

Expositions

Des siècles de fascination pour la Lune au Met

NEW YORK — Une exposition du Metropolitan Museum de New York balaye 400 ans de représentation de la Lune, avec un accent sur la photographie, qui a contribué à la fascination du grand public pour cet astre.

Le Met a bien choisi son moment pour dévoiler Apollo’s Muse: The Moon in the Age of Photography, qui s’ouvre mercredi, à quelques jours du cinquantenaire de l’alunissage d’Apollo 11.

Mais si le voyage de 1969 est le point culminant de l’exposition, celle-ci remonte à 1610 et au traité d’astronomie de Galilée, le premier à avoir reproduit la Lune après observation à la lunette astronomique.

«La Lune a toujours été un objet scientifique et artistique, d’observation et d’imagination», a expliqué la commissaire, Mia Fineman, lors de la présentation à la presse de l’exposition qui s’achèvera le 22 septembre.

Dès les débuts de la photographie, les pionniers se tournent vers le satellite de la Terre et en 1840, l’Américain John William Draper réalise le premier daguerréotype détaillé de l’astre.

«La fascination pour la Lune et le développement de la photographie sont liés depuis le tout début de ce medium», a souligné le directeur du Met, Max Hollein, lors de la présentation.

Des lunettes astronomiques sont construites uniquement à des fins photographiques et l’astrophotographie devient une discipline à part entière.

Un tournant

Les clichés, de plus en plus précis, commencent à circuler et alimentent l’aura de la Lune, que l’on peut désormais voir de près.

Au tournant du XXe siècle, l’Atlas photographique de la Lune, de Maurice Loewy et Pierre-Henri Puiseux, marque un tournant.

Durant 14 ans (1894-1908), les deux hommes ont documenté la Lune avec minutie depuis l’Observatoire de Paris, où se trouve, à l’époque, le télescope le plus puissant au monde.

Leur travail, dont l’intégralité est reproduit au Met pour la première fois dans un musée, fera référence jusqu’aux débuts de la conquête de l’espace, plus d’un demi-siècle plus tard.

Au moment de préparer le voyage sur la Lune, la photographie jouera, là encore, un rôle déterminant, rappelle Mia Fineman à l’AFP.

Sans elle, «ils n’auraient pas été capables de poser un module», dit-elle. «Ils avaient besoin de comprendre la géographie [de l’astre] pour trouver un endroit où atterrir.»

Les photos ont aussi alimenté l’imaginaire du public et des artistes, romanciers, peintres ou poètes. Dès les balbutiements du cinéma, Georges Méliès triomphe avec Le voyage dans la Lune (1902).

«C’est notre plus proche compagnon céleste», explique Mia Fineman, «à la fois proche et lointain, constant et changeant. C’est un paradoxe.»

Arts

L’Allemagne rend à un musée florentin un tableau volé par les nazis

BERLIN — Le ministère allemand des Affaires étrangères a annoncé samedi qu’il allait restituer au Palazzo Pitti de Florence un tableau d’un peintre hollandais dérobé par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale.

«Le tableau Vaso di Fiori (Vase de fleurs) du peintre hollandais Jan van Huysum est restitué à la galerie d’art du Palazzo Pitti à Florence», a indiqué le ministère dans un communiqué.

Ce tableau, évalué aujourd’hui à plusieurs millions d’euros, est une huile sur toile de 47x35 cm signée Jan van Huysum (1682-1749), un peintre de renom spécialiste des natures mortes, et appartenant depuis 1824 aux collections du Palais Pitti.

Le Vaso di Fiori a été dérobé en 1944 lors de l’occupation nazie et se trouvait depuis chez les héritiers d’un soldat de la Wehrmacht allemande déployé à l’époque en Italie.

L’Allemand Eike Schmidt, le directeur du Musée des Offices, auquel appartient le Palazzo Pitti, avait mis en lumière ce tableau en en affichant en janvier une copie en noir et blanc dans la galerie avec la mention «volé» dessus (en italien, anglais et allemand).

Il s’était ainsi engagé pour cette restitution que l’Italie souhaite depuis que l’oeuvre a refait surface en 1991 après la réunification allemande.

«Nous devons parler des razzias systématiques de la Wehrmacht. Plusieurs actions - surtout lors des derniers mois d’occupation allemande en Italie - ont été destinées à déplacer le plus de choses possible vers le nord», avait expliqué M. Schmidt dans une interview à l’hebdomadaire Die Zeit en février.

«Aujourd’hui, il manque encore 60 à 70 oeuvres à Florence qui ont été déplacées par la Wehrmacht. Nous n’avons aucune idée d’où elles sont ou de si elles existent encore», avait-il poursuivi.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas et son homologue italien Enzo Moavero se retrouveront à l’occasion de la cérémonie de restitution à Florence, dont la date exacte n’a pas encore été communiquée.

Le gouvernement allemand s’était engagé en faveur de la restitution du tableau depuis le mois d’avril, mais ne souhaitait pas payer la famille en possession de l’oeuvre pour l’obtenir. Selon la presse nationale, elle avait par le passé exigé jusqu’à 2 millions d’euros (près de 3 millions $CAN). Il n’a pas été indiqué dans l’immédiat quelle solution a finalement été adoptée.