Expositions

Dans l'intimité de Giacometti à Paris

PARIS — Un atelier lumineux, une mezzanine-bibliothèque, des volumes à taille humaine dans le style Art déco: c’est un Giacometti intime qui s’offre aux visiteurs de l’institut dédié au grand sculpteur suisse, dans le quartier de Montparnasse à Paris.

Cet institut, qui ouvre mardi, n’est pas un musée, insiste sa directrice Catherine Grenier. Le but est de «donner une visibilité à l’extraordinaire collection que gère la Fondation Giacometti», la plus grande de cet artiste au monde: 350 sculptures en plâtre, 90 peintures, 2000 dessins et autant d’estampes, sans compter les photos et les documents.

«Mais nous voulons aussi que le visiteur soit accueilli dans un lieu où il peut se sentir en intimité avec l’oeuvre», ajoute-t-elle.

D’où le choix de visites sur réservation en ligne. «Il y a déjà beaucoup de musées à Paris, il s’agit d’inventer un nouveau modèle», note Catherine Grenier. «Passer une heure dans une file d’attente ou se retrouver dans des salles bondées, ce n’est pas forcément la meilleure préparation à une expérience artistique.»

Des contraintes financières ont également présidé à ce choix. Entièrement autofinancée, la fondation n’a pas les moyens de créer un grand musée. L’institut est installé dans l’ancien hôtel particulier du décorateur Paul Follot, bâtiment classé, de style Art déco, situé à quelques centaines de mètres de l’atelier où travailla Giacometti pendant 40 ans.

«Le bâtiment est très beau, il est très accueillant», se réjouit Catherine Grenier. Réaménagé par l’architecte Pascal Grasso, l’institut pourra recevoir un maximum de 40 personnes simultanément. Quant à la fréquentation annuelle, la direction se refuse à toute prévision.

Atelier reconstitué

Pinceaux, carnets, objets personnels, bouteilles vides... : l’atelier mythique d’Alberto Giacometti a été reconstitué dans l’entrée de l’institut grâce aux éléments conservés par sa veuve et aux innombrables photos réalisées à l’époque.

Un cabinet d’art graphique permet de consulter sur demande quelques-uns des 5000 dessins, lithographies et carnets de l’artiste suisse.

Le visiteur peut ensuite gagner l’ancien atelier de Paul Follot. Un meuble bibliothèque sur deux niveaux reçoit tout à la fois les ouvrages acquis par l’institut et ceux réunis par Giacometti. Un des côtés de la pièce est occupé par un petit salon Art déco très cosy avec une cheminée. Le parcours s’étend sur 280 m2 environ.

L’achat du bâtiment et les travaux, d’un coût de 4,5 millions d’euros (plus de 6,8 millions $CAN), ont été financés par la vente chez Sotheby’s d’un tableau de Miro pour 8,8 millions d’euros (plus de 13,3 millions $CAN). L’oeuvre avait été donnée à Giacometti par le peintre catalan.

Catherine Grenier prévoit d’organiser trois à quatre expositions par an. Pour l’ouverture de l’institut, elle a choisi d’évoquer les relations d’amitié entre le sculpteur et l’écrivain Jean Genet, qui a longuement posé pour lui (ouvert jusqu’au 16 septembre).

Il a décrit son expérience dans L’Atelier d’Alberto Giacometti, ouvrage  dont le manuscrit original est présenté dans l’exposition. Dans un entretien filmé en 1981, l’écrivain affirme que Giacometti est le seul homme qu’il ait vraiment admiré.

La prochaine exposition sera confiée à Annette Messager (d’octobre à janvier 2019) .

L’institut veut également lancer un programme de recherches, L’École des modernités, qui organisera des conférences, attribuera une bourse d’études et publiera des essais sur le sculpteur.

À la rentrée 2018, le musée Maillol proposera en collaboration avec la fondation «une relecture de l’oeuvre de Giacometti en dialogue avec les grands sculpteurs classiques et les modernes de son époque».

Plus de cinquante sculptures de l’artiste, toutes issues de la collection de la Fondation, seront mises en regard avec des oeuvres de Rodin, Bourdelle, Maillol, Brancusi, Lipchitz, et Zadkine.

Expositions

Réhabiliter Berthe Morisot au MBNAQ

Monet, Renoir, Cézanne, Degas, Manet : des noms qui évoquent instantanément l’impressionnisme. Morisot? Le son de cloche est beaucoup plus faible… Et pourtant, la peintre n’en est pas moins un pilier du mouvement pictural de la fin du 19e siècle.

C’est pour corriger cette injustice historique que quatre musées se sont associés dans la création d’une rare exposition sur Berthe Morisot, présentée en primeur au Musée national des beaux-arts du Québec, cet été, avant de partir en tournée internationale. 

Expositions

Des visages sur les récits des survivants de la Première Guerre mondiale

Le Musée du Royal 22e Régiment de la Citadelle de Québec ajoute une exposition à son offre en ce début d’été : Armistice 1918 – Ils ont vécu la guerre.

Dans la continuité des commémorations du 100e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, le directeur de l’institution, Dany Hamel, a voulu mettre des visages sur les récits des survivants : «Le but c’est de parler de la vie des gens, de ceux et celles qui ont vécu la guerre.»

Quatre archétypes ont donc été choisis pour représenter quatre réalités : «le soldat», «le prisonnier», «le blessé» et «l’infirmière». 

On y voit, par exemple, des objets accumulés par Alexina Jalbert, cadeaux remis par les militaires blessés en guise de remerciement. Aussi des souvenirs découverts dans le grenier d’Arthur Giguère après son décès; lui avait passé trois ans dans les camps de travail allemands, mais refusait d’en parler à sa famille. Également quelques pièces d’art confectionnées dans les tranchées avec des douilles d’obus, des cartouches. Et une lettre de célébration transmise par le jeune Horace Tousignant annonçant la victoire des troupes alliées à ses parents.

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Expositions

Une exposition sur l’histoire de la bière à l’îlot des Palais

Amateurs de bière, revenez aux origines!

À partir de mercredi et jusqu’au 31 décembre 2019 une nouvelle exposition retraçant 125 ans d’histoire de la bière s’installera à L’Ilôt des Palais du 8, rue Vallière.

Ici on brassait la bière! se penche sur la fabrication et le commerce de l’elixir houblonné de la brasserie Jean Talon à la Boswell-Dow à travers une mine d’artefacts, d’objets de collections et d’images d’archives inédites des voûtes Talon. Des espaces numériques et olfactifs sont aussi prévus.

Exposition

Le marché international de l’art en bonne santé

BÂLE — Art Basel, la grande foire de l’art qui se tient cette semaine en Suisse, a confirmé la bonne tenue du marché de l’art après une reprise en 2017, portée par une poignée de ventes spectaculaires.

Dès les premières heures, les grandes galeries avaient déjà scellé leurs premières ventes lors de cet événement qui marque un temps fort dans l’année pour les collectionneurs, marchands d’art, investisseurs et artistes qui affluent chaque année en juin vers la cité suisse de Bâle pour y faire affaire.

Alors que les V.I.P arrivaient tout juste pour les premiers cocktails, la galerie américaine Pace avait déjà vendu un portrait de l’actrice américaine Judy Garland par le grand maître du Pop Art Andy Warhol, pour un montant resté confidentiel, avant d’enchaîner le lendemain sur la vente d’une pièce de l’artiste canado-américaine Agnes Martin pour 3 millions $.

Mardi, la galerie zurichoise Hauser & Wirth signait, elle, la première vente à huit chiffres, avec une toile de l’artiste américaine Joan Mitchell vendue 14 millions $.

«C’est encore une très belle édition. Les gens ont l’air plutôt contents d’un point de vue marchand», a jugé Sylvie Gleises, directrice générale d’AXA Art Europe, une filiale du géant français de l’assurance, qui livrait ses premières impressions sur la foire lors d’un entretien avec l’AFP.

Lors de cette 49e édition, elle a notamment relevé une présence plus marquée de l’art numérique, la question — encore ouverte — étant de savoir comment les galeries vont parvenir à le vendre.

«Mais on sent un bouillonnement, avec une nouvelle forme d’art qui va devoir trouver sa place sur le marché», a-t-elle noté.

Le marché de l’art est difficile à évaluer, mais selon un rapport réalisé par le professeur Clare McAndrew avec la banque suisse UBS et les organisateurs de la foire, il pesait quelque 63,7 milliards $ en 2017.

Selon ses estimations, il a ainsi connu un rebond de 12 % par rapport à l’année précédente, principalement grâce à une poignée d’enchères exceptionnelles, dont une toile de Léonard de Vinci, Salvator Mundi, qui a établi un nouveau record, à 450 millions $.

Expositions

Les trésors des Augustines s’exposent au public

Les trésors des Augustines s’exposent au public depuis jeudi dans leur monastère. L’exposition temporaire intitulée «Du grenier au musée», présentée jusqu’au printemps 2020, célèbre le 325e anniversaire de l’Hôpital général de Québec en même temps que l’annonce du classement comme biens historiques des objets de collection, livres anciens et du fonds d’archives de l’établissement.

«C’est la première exposition temporaire du Musée des Augustines et on a choisi de présenter certains objets patrimoniaux en plus de lever le voile sur les dessous de la muséologie. On explique justement comment un objet peut passer du grenier au Musée», indique Andréanne Cantin, responsable du Musée des Augustines.

Les lettres patentes de l’Hôpital général de Québec, signées par le roi Louis XIV, l’un des seuls documents manuscrits de Monseigneur de Saint-Vallier, deuxième évêque de Québec, ainsi qu’une paire de chaussures lui ayant appartenu font partie des artéfacts surprenants qui refont surface dans cette exposition.

On y retrouve également une œuvre du peintre Antoine Plamondon ainsi que le registre des naissances, décès et mariages de la paroisse Notre-Dame-des-Anges, qui remonte jusqu’à la Guerre de 7 ans. «Ce qui est intéressant, c’est qu’il s’agit du seul registre des soldats décédés durant cette guerre au Québec. C’est que l’Hôpital général de Québec était devenu un hôpital de guerre durant le conflit», explique Mme Cantin.

Pièces particulières

Expositions

«Fait main» au MNBAQ: artisanat punk

L’exposition «Fait main», présentée dans le pavillon Lassonde du Musée national des beaux arts tout l’été, mixe le tricot, le tissage, le modèle à coller, la céramique et la sculpture sur bois avec l’art actuel, vidéo ou engagé. Le résultat, avec son esprit punk et son extrême minutie, a des airs de rébellion patiemment orchestrée.

Le conservateur Bernard Lamarche, l’idéateur de l’exposition, a voulu ajouter une pierre canadienne à l’édifice de cette grande tendance de l’art contemporain mondial d’intégrer des savoir-faire ancestraux et des techniques artisanales. Il a regroupé des œuvres de trente-huit artistes établis d’un océan à l’autre, afin de «revaloriser le travail manuel et l’intelligence de la main», tout en brassant les étiquettes. «Ce qui m’intéresse là-dedans, c’est la conversion d’un ordinaire en extraordinaire», note-t-il. 

Question de vous intriguer, soulignant que Star Trek, Pearl Jam, Slayer et les mangas ont des liens avec certaines œuvres exposées.

Gutter snipes, de Cal Lane, occupe l’antichambre de l’exposition. L’artiste — qui a été soudeuse sur les chantiers de construction — a créé des dentelles au fer à souder dans un immense tuyau de canalisation. En alliant délicatesse et robustesse, l’œuvre pose déjà la question des stéréotypes de genres et des métiers.

Expositions

Fenêtres sur l’art de la ville de Xi’an

Le dépaysement guette le marcheur qui s’aventure ces jours-ci à la Chambre blanche, à VU et au Lieu, alors que les centres d’artistes de Québec accueillent des praticiens de la ville de Xi’an, en Chine.

En partenariat avec le Xiang Xishi Center for Contemporary Art, le Lieu a orchestré un échange entre les deux villes. Du 17 au 31 juillet, ce sera au tour de Patrick Altman, Julie Bouffard, Belinda Campbell, Sébastien Goyette Cournoyer, Marie-Pier Gravel, Motel Hélène, Catherine Lebel Ouellet et Giorgia Volpe d’aller présenter leur travail en Chine.

Expositions

Les souvenirs d’Éden d'Helga Schlitter

Helga Schlitter brode, crochète, et assemble patiemment des morceaux de verre et de miroirs, mais elle découpe également des pièces de bois à la scie à chaîne. Son art délicat cache une force brute, et s’avère aussi léger que profondément ancré dans les mythes anciens.

L’exposition présentée à la Galerie Louise-Carrier permet de constater la constance de la pratique de l’artiste qui a franchi le cap des 80 ans sans jamais cesser de créer. Les têtes d’animaux qui forment une petite tribu à l’entrée de la galerie ont été découpées dans du bois brut, pendant un séjour à Saint-Jean-Port-Joli, puis fichées sur des tiges de métal, comme des silhouettes de théâtre d’ombre.

Les finissants en métiers d’art du Cégep de Limoilou exposent

Il vous reste jusqu’à samedi pour découvrir le travail des finissants et les finissantes en Techniques de métiers d’art qui présentent leur exposition collective Matière à rencontre 2018.

L’exposition présentée à L'Univers M du 7710, 1ère Avenue met en valeur le travail de 27 finissants en céramique, construction textile, ébénisterie artisanale, joaillerie, lutherie-guitare et sculpture.
 Inaugurée le 31 mai, l’exposition peut-être visitée vendredi et samedi de 9h30 à 16h30.

«Ce sont de projets de fin d’étude et ces étudiants sont passés à travers tout un processus pour arriver à la qualité d’exécution que vous voyez», a indiqué Nathalie Racicot, responsable des communications et du développement du Centre de formation et de consultation en métiers d'art du Cégep Limoilou.