Expositions

Une année hors les murs pour les centres d’artistes de Méduse

Le grand chantier de réfection et de réaménagement qui doit avoir lieu cette année dans la coopérative artistique Méduse oblige les locataires à déménager temporairement et à revoir leur calendrier de diffusion. Il n’y aura pas d’expositions sur la côte d’Abraham ni de spectacles présentés à la salle Multi pendant les mois de travaux, mais les centres d’artistes rivalisent d’inventivité pour adapter leurs activités.

«Nous nous apprêtons à aller en appel d’offres pour la construction», indique Caroline Salaün, la directrice générale de Méduse. La coopérative n’attend que l’approbation du ministère de la Culture pour aller de l’avant et faire exécuter les plans et devis conçus par Coarchitecture (qui a Le Diamant et le futur théâtre jeunesse Les Gros Becs dans son portfolio) et deux firmes d’ingénierie.

Expositions

René Derouin: du ciel mexicain aux profondeurs du fleuve

L’exposition «Le mur des rapaces 3», de René Derouin, présentée tout l’été au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, permet de plonger dans deux espaces immenses qui nourrissent l’œuvre de l’artiste renommé. On y redécouvre l’ampleur de son projet «Migrations», où il a largué 19 000 statuettes au fond du Saint-Laurent, tout en se laissant avaler par ses ciels chargés de rapaces tournoyants.

Plusieurs endroits de Baie-Saint-Paul portent la marque de René Derouin, même si celui-ci demeure à Val-David depuis une cinquantaine d’années. Il y a l’œuvre Le Phare à l’hôtel Germain, mais surtout le souvenir du largage, il y 25 ans, de 16 000 (sur les 19 000) statuettes d’argile au large de L’Isle-aux-Coudres. En guise de prémisse à l’exposition estivale, le MAC de Baie-Saint-Paul présente une statuette accompagnée d’une lettre et d’une photo du largage laissées par l’artiste dans la collection du Musée d'art contemporain des Laurentides.

Expositions

Symposium de Baie-Saint-Paul : de l'architecture à l'environnement

Douze projets artistiques prendront forme pendant le Symposium de Baie-Saint-Paul, dont le coup d’envoi a été donné vendredi. Croisant les thèmes de l’art, de l’architecture, du paysage et de l’environnement, la commissaire Sylvie Lacerte a orchestré cette célébration de l’art en train de se faire.

Quatre axes forment la thématique du 37e Symposium de Baie-Saint-Paul, le deuxième sous la houlette de Mme Lacerte, qui avait convié les artistes à explorer les liens entre art et politique l’an dernier.

Expositions

Une exposition sur Bob Morane, ce héros [VIDÉO]

Le héros Bob Morane a marqué l’enfance de plusieurs au Québec. Encore aujourd’hui, nombreux sont fiers de «Terreur à la Manicouagan», une aventure au Québec où Bob Morane affronte le Smog, un adversaire redoutable qui veut détruite le barrage Manic 5. Pour célébrer le 70e anniversaire des éditions Marabout, le 100e de son auteur, Henri Vernes, et le 55e de sa venue au Québec, Les Rendez-vous de l’histoire de Québec ont concocté une exposition à la Maison de la littérature qui saura séduire les amateurs de cette série d’aventures rocambolesques.

À l’entrée de la Maison de la littérature, une douzaine de panneaux colorés ornent les murs. Des images d’archives, des bouteilles de vin, des cartes postales et autres objets disparates sont à l’effigie d’un personnage bien connu : Bob Morane. Jusqu’au 25 août, il est possible d’en apprendre davantage sur le rôle qu’a joué ce mythique personnage dans la Belle Province grâce à l’exposition Les éditions Marabout, Bob Morane et le Québec

Expositions

Un Rembrandt restauré devant public

AMSTERDAM — Pendant plusieurs années, les millions de visiteurs du Rijksmuseum d’Amsterdam vont pouvoir observer la restauration historique entamée lundi de la célèbre «Ronde de nuit» de Rembrandt, placée dans un écrin de verre au beau milieu de la galerie d’honneur du musée.

La restauration de l’immense tableau, qui date de 1642, est également retransmise sur Internet afin que le monde entier puisse y assister.

L’œuvre, qui mesure 3,8 mètres de haut sur 4,5 mètres de large pour un poids de 337 kilos, «appartient à tout le monde» et «nous estimons que le public a le droit de voir ce que nous faisons avec la peinture», a expliqué le directeur du musée Taco Dibbits.

Tailladée à coups de couteau

La dernière restauration majeure de l’œuvre remonte à plus de 40 ans, après une attaque en 1975 d’un déséquilibré qui l’avait tailladée à coups de couteau. Depuis, les experts ont constaté l’apparition d’un halo blanc sur certaines parties du tableau, en particulier autour de la zone endommagée par les coups de couteau, décolorant la représentation d’un petit chien en bas à droite.

Redonner à la toile monumentale tout son éclat et sa splendeur : voilà la tâche délicate confiée par le musée amstellodamois à une petite armée de 25 scientifiques, restaurateurs, conservateurs et chercheurs. Un travail de longue haleine, car les premiers coups de pinceau pour restaurer les couleurs d’origine ne sont pas pour tout de suite.

Les experts examinent tout d’abord la peinture grâce à des photographies en haute résolution et à l’aide d’analyses numérisées de la toile et de chaque couche de vernis et de peinture, avant de déterminer les meilleures techniques de restauration.

«La phase de recherche durera environ un an. Ensuite, nous pourrons élaborer un plan de traitement et ce sera la prochaine étape de la restauration», explique auprès de l’AFP Petria Noble, directrice du département restauration des peintures du Rijksmuseum.

Elle et son équipe travailleront pendant «plusieurs années» au beau milieu de la galerie d’honneur du musée, un endroit foulé chaque jour par des milliers de visiteurs venus du monde entier.

Stressant? «Au début, certainement», confie-t-elle. «Mais après une semaine, l’équipe sera habituée à être observée. Car tout le monde est concentré sur l’équipement qu’il utilise ou sur la peinture».

«Opération Ronde de nuit»

Appelé «Opération Ronde de nuit», le projet, qui coûte plusieurs millions d’euros, est une grande première. Il s’agit du travail de recherche et de restauration le plus vaste et le plus complet du chef-d’œuvre de Rembrandt de l’histoire, a indiqué le musée. L’œil tourné vers l’avenir et les générations futures, le Rijksmuseum souhaite «conserver au mieux» le chef-d’œuvre.

Les restaurateurs travaillent dans un écrin de verre créé spécialement pour l’occasion et dessiné par l’architecte français Jean-Michel Wilmotte, auquel avait déjà été confié l’aménagement des salles lors de la longue rénovation du musée achevée en 2013.

Le Néerlandais Rembrandt van Rijn (1606-1669) avait reçu en 1642 une commande du capitaine de la milice bourgeoise d’Amsterdam Frans Banninck Cocq pour portraiturer les officiers et membres de sa milice.

En trois siècles et demi, le tableau a connu une série de déménagements ou tentatives de restauration et a même échappé aux nazis.

Expositions

Musée d'Orsay: nouvelle donation du couple de collectionneurs américains Hays

PARIS — De nouvelles peintures de Bonnard, des tableaux de Vuillard, des oeuvres de Camille Claudel vont rejoindre le musée parisien d'Orsay après une seconde donation de Marlene Hays, grande collectionneuse d'art texane avec son mari Spencer, décédé en 2017.

Ce couple américain a amassé une immense collection comprenant quelque 600 oeuvres de la seconde moitié du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle.

Ils avaient prêté 187 oeuvres au musée d'Orsay en 2013 pour l'exposition Une passion française. En octobre 2016, cet ensemble a fait l'objet d'une première donation sous réserve d'usufruit, désormais complétée par les 106 nouvelles oeuvres données au musée.

«Cette nouvelle donation constitue un enrichissement historique des collections publiques nationales de l'État», a souligné jeudi le ministre français de la Culture Franck Riester.

Parmi la centaine d'oeuvres, figurent 40 peintures, 47 oeuvres sur papier et 19 sculptures, portant à près de 300 le nombre de pièces données par le couple, amoureux de la peinture française de la fin du XIXe et du début XXe et sous le charme des nabis.

Dix peintures de Bonnard (dont Jeune fille au chien, 1894), neuf Edouard Vuillard viendront donc compléter les collections d'Orsay, ainsi que des tableaux considérés comme majeurs de Robert Delaunay (La femme au pain, 1905), Henri Matisse (La femme en jaune, 1923) et Modigliani (Jeune femme à la rose — Margherita, 1916).

Mariés pendant près de 60 ans, l'homme d'affaires Spencer Hays et son épouse Marlene Hays étaient des autodidactes en histoire de l'art.

«Enfant, j'habitais au Texas, dans une ville où il n'y avait ni art, ni musée. J'ai rencontré ma femme Marlene avant d'entrer à l'université. Nous étions tous les deux d'origine très modeste», soulignait ce grand collectionneur en 2013.

Il commença par vendre des livres en faisant du porte-à-porte pour une société de Nashville (Tennessee), jusqu'à ce que son épouse lui propose d'acheter un tableau d'un peintre hollandais du XVIIe, pour décorer leur maison de Nashville. Ce sera le début d'une grande collection.

Le couple commença par acheter de l'art américain avant de se lancer dans les années 1980 dans les oeuvres françaises de la fin du XIXe.

La donation Hays avait couronné les efforts de Guy Cogeval, président du musée d'Orsay jusqu'en 2017, qui connaissait le couple depuis 2001 et partageait avec lui la passion des peintres nabis.

Exposition

Vent de renouveau pour le centre d'artistes Regart

Alors que la directrice générale et artistique de Regart se prépare à aller passer la prochaine année et demie en résidence à Berlin, le centre d’artistes a reçu l’assurance de la Ville de Lévis qu’il serait relocalisé dans le secteur de la traverse, malgré la décision d’exproprier leur locateur actuel.

Le conseil municipal de Lévis a voté il y a quelques semaines l’expropriation du bâtiment où loge le centre d’artistes Regart, sur la rue Saint-Laurent. Une refonte complète du secteur est prévue afin d’accueillir des bateaux de croisière, de construire un hôtel et d’aménager un lien mécanique entre la traverse et le Vieux-Lévis.

Expositions

Expos estivales à Regart: reliques et projections

La programmation estivale de Regart amène le visiteur à renouer avec des curiosités du passé, à anticiper le futur et à se questionner sur l’art infiltrant. Dans la galerie, Marc-Antoine K. Phaneuf et Charles Sagalane déploient leur pimpante correspondance sur les murs pour «Ma collection d’exposition».

Marc-Antoine K. Phaneuf a été appelé en renfort après le désistement de l’artiste qui devait exposer cet été au centre lévisien. «J’avais le fantasme d’écrire sur les murs. De profiter de la salle en “L” pour faire faire les 100 pas aux spectateurs, qui doivent faire 12 fois le tour de la pièce pour tout lire», explique l’artiste touche-à-tout. «Mais il faillait que ce soit une exposition en collaboration. À cinq semaines d’avis, c’était pas évident.»

Natation

La mémoire de Jacques Amyot honorée

Moins d’un an après le décès du nageur de longue distance Jacques Amyot, sa mémoire survivra au Musée de la Civilisation, qui a reçu une donation de ses souvenirs et mis en valeur le trophée qu’il a reçu pour avoir été le premier homme à traverser le lac Saint-Jean en 1955 et les lunettes de natation qu’il a utilisées pour réaliser l’exploit.

Présentés dans l’exposition «Le temps des Québécois», entre des présentations sur Félix Leclerc et Maurice Richard, ces objets font partie d’une donation que M. Amyot avait faite à l’institution muséale juste avant d’être emporté par la maladie au mois de septembre à l’âge de 93 ans. La donation inclut des trophées, médailles, lunettes de natation et maillots de bain de même qu’un fonds d’archives représentatif de sa carrière.

Expositions

Paris ouvre le premier centre d’art urbain flottant au monde

PARIS — Le «premier centre d’art urbain flottant au monde», selon ses concepteurs, a ouvert ses portes lundi à Paris sur un bateau où se côtoient les plus grands noms de l’art de rue, de Banksy à Vhils en passant par JR et Keith Haring.

C’est un bateau tout en transparence, au design dépouillé, qui s’ouvre rive gauche sur 1000 mètres carrés et trois niveaux. Avec ses baies aux extrémités, il a été conçu de telle sorte que l’on voie les œuvres de l’art de rue dans l’enfilade des ponts sur la Seine.

De la vaste cale de 3,5 mètres de hauteur, on se sent au plus près du fleuve. Le clapotis des flots monte d’une darse intérieure où poussent les plantes d’eau et où viennent se sustenter les canards.

«Nous avons voulu ce lien très fort avec l’eau, l’environnement. Il faut réinventer le rapport à l’eau», souligne Nicolas Laurego Lasserre, directeur artistique du projet, collectionneur et spécialiste de l’art de rue.

L’emplacement privilégié retenu — avec une vue sur certains des plus prestigieux monuments de Paris et la proximité de la tour Eiffel — «incite à s’incliner, à être modeste, à laisser voir. D’où notre impératif de transparence.»

La Ville de Paris a retenu ce site pour un centre d’exposition gratuit, au bord d’un quai où passent deux millions de personnes chaque année, alors que Paris est sujette à une streetartomanie, avec des projets et expositions d’art urbain fleurissant de toutes parts.

Lieu hybride

Fluctuart est «un lieu hybride : lieu festif avec restaurant, rooftop, librairie, et lieu de création artistique qui, dans la logique du street art, doit rester accessible à tous», résume Nicolas Laurego Lasserre.

Cinq cents visiteurs au maximum pourront monter sur le bateau, pour des raisons de sécurité.

Première à inaugurer l’espace d’exposition permanente, l’Américaine Swoon est venue pendant deux semaines en juin investir la cale du bateau avec son Time Capsule.

Celle qui avait fait l’évènement en 2013 à la Biennale de Venise en débarquant de la mer sur un radeau surmonté d’une pyramide de déchets y expose la précarité urbaine avec ses silhouettes découpées.

Le projet fou de trois amis

À l’étage intermédiaire et jusque sur les quais, une collection permanente rassemble sur des vitrines de verre modulables les plus grands noms de l’art de rue, avec pour chacun au moins une œuvre : Banksy, JR, Shepard Fairey, Vhils, Roa, Invader, Keith Haring, Nasty, etc.

Pour ce projet un peu fou, Nicolas Laurego Lasserre s’est associé à deux autres passionnés : Géraud Boursin, associé-gérant d’une entreprise spécialisée dans l’hôtellerie de plein air, et Éric Philippon, investisseur dans des PME non cotées du secteur du tourisme.

Quatre millions d’euros (5,91 M $CAN) ont été misés sur ce bateau pensé, inventé et construit en quatre ans. Il n’y a pas eu de subvention publique, et les trois concepteurs comptent sur la restauration et la location de la terrasse pour des performances et des soirées festives afin de compenser la gratuité.

Dans un partenariat avec l’ICART (école du management de la culture et du marché de l’art) que dirige Nicolas Laurego Lasserre, les étudiants feront des visites guidées pour un public qui connaît mal et a parfois des préjugés sur l’art de rue.

Expositions

Des siècles de fascination pour la Lune au Met

NEW YORK — Une exposition du Metropolitan Museum de New York balaye 400 ans de représentation de la Lune, avec un accent sur la photographie, qui a contribué à la fascination du grand public pour cet astre.

Le Met a bien choisi son moment pour dévoiler Apollo’s Muse: The Moon in the Age of Photography, qui s’ouvre mercredi, à quelques jours du cinquantenaire de l’alunissage d’Apollo 11.

Mais si le voyage de 1969 est le point culminant de l’exposition, celle-ci remonte à 1610 et au traité d’astronomie de Galilée, le premier à avoir reproduit la Lune après observation à la lunette astronomique.

«La Lune a toujours été un objet scientifique et artistique, d’observation et d’imagination», a expliqué la commissaire, Mia Fineman, lors de la présentation à la presse de l’exposition qui s’achèvera le 22 septembre.

Dès les débuts de la photographie, les pionniers se tournent vers le satellite de la Terre et en 1840, l’Américain John William Draper réalise le premier daguerréotype détaillé de l’astre.

«La fascination pour la Lune et le développement de la photographie sont liés depuis le tout début de ce medium», a souligné le directeur du Met, Max Hollein, lors de la présentation.

Des lunettes astronomiques sont construites uniquement à des fins photographiques et l’astrophotographie devient une discipline à part entière.

Un tournant

Les clichés, de plus en plus précis, commencent à circuler et alimentent l’aura de la Lune, que l’on peut désormais voir de près.

Au tournant du XXe siècle, l’Atlas photographique de la Lune, de Maurice Loewy et Pierre-Henri Puiseux, marque un tournant.

Durant 14 ans (1894-1908), les deux hommes ont documenté la Lune avec minutie depuis l’Observatoire de Paris, où se trouve, à l’époque, le télescope le plus puissant au monde.

Leur travail, dont l’intégralité est reproduit au Met pour la première fois dans un musée, fera référence jusqu’aux débuts de la conquête de l’espace, plus d’un demi-siècle plus tard.

Au moment de préparer le voyage sur la Lune, la photographie jouera, là encore, un rôle déterminant, rappelle Mia Fineman à l’AFP.

Sans elle, «ils n’auraient pas été capables de poser un module», dit-elle. «Ils avaient besoin de comprendre la géographie [de l’astre] pour trouver un endroit où atterrir.»

Les photos ont aussi alimenté l’imaginaire du public et des artistes, romanciers, peintres ou poètes. Dès les balbutiements du cinéma, Georges Méliès triomphe avec Le voyage dans la Lune (1902).

«C’est notre plus proche compagnon céleste», explique Mia Fineman, «à la fois proche et lointain, constant et changeant. C’est un paradoxe.»

Arts

L’Allemagne rend à un musée florentin un tableau volé par les nazis

BERLIN — Le ministère allemand des Affaires étrangères a annoncé samedi qu’il allait restituer au Palazzo Pitti de Florence un tableau d’un peintre hollandais dérobé par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale.

«Le tableau Vaso di Fiori (Vase de fleurs) du peintre hollandais Jan van Huysum est restitué à la galerie d’art du Palazzo Pitti à Florence», a indiqué le ministère dans un communiqué.

Ce tableau, évalué aujourd’hui à plusieurs millions d’euros, est une huile sur toile de 47x35 cm signée Jan van Huysum (1682-1749), un peintre de renom spécialiste des natures mortes, et appartenant depuis 1824 aux collections du Palais Pitti.

Le Vaso di Fiori a été dérobé en 1944 lors de l’occupation nazie et se trouvait depuis chez les héritiers d’un soldat de la Wehrmacht allemande déployé à l’époque en Italie.

L’Allemand Eike Schmidt, le directeur du Musée des Offices, auquel appartient le Palazzo Pitti, avait mis en lumière ce tableau en en affichant en janvier une copie en noir et blanc dans la galerie avec la mention «volé» dessus (en italien, anglais et allemand).

Il s’était ainsi engagé pour cette restitution que l’Italie souhaite depuis que l’oeuvre a refait surface en 1991 après la réunification allemande.

«Nous devons parler des razzias systématiques de la Wehrmacht. Plusieurs actions - surtout lors des derniers mois d’occupation allemande en Italie - ont été destinées à déplacer le plus de choses possible vers le nord», avait expliqué M. Schmidt dans une interview à l’hebdomadaire Die Zeit en février.

«Aujourd’hui, il manque encore 60 à 70 oeuvres à Florence qui ont été déplacées par la Wehrmacht. Nous n’avons aucune idée d’où elles sont ou de si elles existent encore», avait-il poursuivi.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas et son homologue italien Enzo Moavero se retrouveront à l’occasion de la cérémonie de restitution à Florence, dont la date exacte n’a pas encore été communiquée.

Le gouvernement allemand s’était engagé en faveur de la restitution du tableau depuis le mois d’avril, mais ne souhaitait pas payer la famille en possession de l’oeuvre pour l’obtenir. Selon la presse nationale, elle avait par le passé exigé jusqu’à 2 millions d’euros (près de 3 millions $CAN). Il n’a pas été indiqué dans l’immédiat quelle solution a finalement été adoptée.

Expositions

La Joconde va être exceptionnellement déplacée au sein du Louvre

PARIS — La Joconde, tableau iconique du Louvre, va être exceptionnellement déplacée mi-juillet pour quelques mois dans le musée pour permettre la rénovation de la Salle des États où elle est exposée, a annoncé le premier musée de France.

Elle va être transférée «à une centaine de pas» le 16 juillet au soir dans la Galerie Médicis, l’une des plus vastes du musée. Elle y sera visible dès le lendemain matin dans une vitrine climatisée, comme celle où elle a été exposée jusqu’alors.

Cherchant à mieux maîtriser l’afflux de visiteurs (plus de 10 millions en 2018) et assurer de nouvelles normes de sécurisation, sans jamais le fermer, la direction du musée a engagé son plus grand chantier depuis le Grand Louvre dans les années 80. Depuis 2014, plus de 34 000 m2 ont été rénovés.

«C’est le début d’une immense rénovation à l’intérieur et à l’extérieur», a observé à l’AFP Jean-Luc Martinez, président directeur du Louvre.

La Salle des États est la plus visitée, une majorité des touristes voulant voir le chef d’oeuvre de Léonard de Vinci: des dizaines de milliers de personnes s’y rendent chaque jour. «Nous accueillons une ville chaque jour», a résumé M. Martinez.

Cette salle avait été réaménagée au début des années 2000, mais une nouvelle rénovation était nécessaire. Elle a commencé en janvier. L’ensemble des oeuvres ont été alors décrochées, à l’exception des Noces de Cana de Véronèse (qui ont été coffrées) et de la Joconde. Une fois achevés les travaux, la Joconde regagnera mi-octobre cette salle.

Lors de la prochaine exposition phare sur Léonard de Vinci, qui s’ouvrira le 24 octobre dans le Hall Napoléon, le musée a renoncé à y accrocher la Joconde, en raison de l’espace où le nombre de visiteurs est limité, et où les visiteurs entrent et sortent par une même issue. «On ne pouvait priver 15.000 visiteurs par jour de voir la Joconde», a souligné M. Martinez.

Présentée depuis 2005 derrière une vitre blindée, «La Gioconda» au célèbre sourire est, avec la Vénus de Milo et la Victoire de Samothrace, l’un des incontournables du plus grand musée du monde.

L’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen avait évoqué un déplacement du tableau dans le cadre d’un «grand plan d’itinérance» d’oeuvres d’art, mais y avait renoncé, les experts soulignant sa fragilité. Même ses déplacements au sein du musée sont extrêmement rares. Cette oeuvre est peinte à l’huile sur un mince panneau de peuplier. Avec le temps, le panneau s’est courbé et présente une fente.

En 1964, elle avait traversé l’Atlantique, à l’instigation d’André Malraux, ministre de la Culture, en dépit des avis défavorables des conservateurs.

Alors bien moins célèbre, le tableau avait été dérobé en août 1911 par un peintre en bâtiment italien, qui l’avait décroché, était sorti par un escalier en cachant la toile sous sa blouse. Il sera retrouvé en bon état deux ans plus tard, et sera exposé à nouveau au Louvre le 5 janvier 1914.

Expositions

Mort du père de l’Insectarium, Georges Brossard

L’entomologiste Georges Brossard, fondateur de l’Insectarium de Montréal, est décédé mercredi matin. Il était âgé de 79 ans.

Fils de Georges-Henri Brossard, fondateur de la ville portant son nom, Georges Brossard s’est d’abord destiné au métier de notaire, qu’il a exercé pendant plus de 10 ans. Sa passion pour les insectes l’a toutefois poussé, à l’aube de la quarantaine, à quitter la sécurité que lui offrait son métier pour se consacrer à l’entomologie.

Après avoir parcouru le monde pour collectionner plus de 250 000 spécimens d’insectes, il fait des démarches dans le but d’ouvrir un lieu d’exposition consacré à ces bestioles.

C’est de là qu’est né l’Insectarium de Montréal, à qui il a donné sa collection et qu’il dirigera pendant 10 ans.

Ses projets ne se sont toutefois pas arrêtés avec Montréal : il fonde ainsi d’autres insectariums, entre autres à La Nouvelle-Orléans et à Shanghai.

Talents de vulgarisateur

Ses talents de vulgarisateur font aussi de lui une personnalité publique bien appréciée, qui animera notamment à la télévision les séries «Mémoires d’insectes» et «Insectia». Cette dernière série, tournée pour Discovery Channel, a été diffusée dans 150 pays.

Il s’est engagé auprès de plusieurs organismes, incluant l’Hôpital de l’Enfant-Jésus de Québec, la Société de biologie du Québec et l’Association des gens d’affaires de la Ville de Brossard.

À la demande de la Fondation Rêves d’enfants, il avait également emmené, en 1987, un jeune garçon en phase terminale en Amérique du Sud dans le but de capturer un morpho bleu. Cette aventure avait inspiré le film Le papillon bleu de Léa Pool, paru en 2004.

Des honneurs

Au cours de sa vie, Georges Brossard aura cumulé les honneurs. Il a ainsi été fait chevalier de l’Ordre national du Québec et membre de l’Ordre du Canada, a reçu la Médaille de l’Assemblée nationale du Québec, la Médaille du jubilé de la Reine Elisabeth II et la médaille Louis-Riel, en plus de recevoir plusieurs doctorats honorifiques.

Espace pour la vie, qui regroupe l’Insectarium, le Biodôme, le Planétarium et le Jardin botanique de Montréal, a réagi au décès dans un communiqué.

«Sans l’extraordinaire contribution de Georges Brossard, l’Insectarium de Montréal n’aurait sans doute jamais vu le jour. C’est pour nous un grand honneur de poursuivre son travail avec une passion à l’image de son fondateur. Son legs est immense et son souvenir sera à jamais lié à la mission d’Espace pour la vie», a dit Charles-Mathieu Brunelle, directeur d’Espace pour la vie.

«L’équipe Espace pour la vie travaille très fort pour faire vivre la passion de Georges Brossard aux nombreux visiteurs qui auront prochainement l’occasion de redécouvrir ces fascinantes créatures dans un insectarium tout neuf qui leur rendra hommage», a renchéri Laurence Lavigne Lalonde, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal.

Expositions

Les passages insolites en expansion dans Saint-Roch [PHOTOS]+[VIDÉO]

Un boulet de briques qui dévale une ruelle, des têtes de clowns géantes, un buste de Louis XIV dans une boule de neige… Pour leur 6e mouture, les Passages insolites débordent du Petit-Champlain et du Vieux-Port et prennent de l’expansion dans Saint-Roch, avec des œuvres surprenantes, intrigantes, voire vaguement inquiétantes.

Les promeneurs pourront s’amuser avec l’histoire dans l’arcade «repliable» imaginée par le Consortium 19, dans le parc Petit-Champlain. Wolfe, Montcalm, Olivier Le Jeune, l’espionne Mademoiselle Baboche et d’autres personnages historiques s’affrontent en version pixelisée dans une réinterprétation du jeu Street Fighter. Une machine à boules permet de faire une course en canots, une machine à toutous permet d’attraper un bout d’édifice disparu alors qu’un jeu d’hockey sur table permet de refaire le but d’Alain Côté. 

Actualités

Le musée de Sutton célèbre Pierre Falardeau le révolté

Le Musée des communications et d’histoire de Sutton a donné vendredi soir le coup d’envoi à son exposition L’homme révolté, dédiée à Pierre Falardeau, dont on célèbre cette année le 10e anniversaire de décès.

Le vernissage, privé, s’est notamment tenu en compagnie de la veuve et du fils du réalisateur, Manon Leriche et Jules Falardeau.

Expositions

Picasso fait dialoguer passé et modernité à Athènes

ATHÈNES — Soixante-huit céramiques et dessins de Picasso mis en parallèle avec 67 oeuvres de l’Antiquité sont exposés pour la première fois à Athènes au Musée cycladique dans une exposition qui ouvre ses portes au public jeudi.

Intitulée Picasso et l’Antiquité. Ligne et argile, les céramiques et dessins du célèbre artiste «dialoguent avec les oeuvres antiques», a annoncé mercredi la direction du musée situé dans le centre de la capitale grecque.

«Qui peut nier encore que l’art grec antique est bien vivant?» a lancé lors d’une conférence de presse Sandra Marinopoulou, présidente du musée qui, depuis quelques années, organise une série d’expositions démontrant l’influence antique sur les peintres et sculpteurs contemporains.

La plasticienne franco-américaine Louise Bourgeois, le Grec Jannis Kounellis, le chinois Ai Weiwei ou l’Américain George Condo avaient été mis précédemment à l’honneur.

«L’art des Grecs, des Égyptiens, ou des grands peintres qui ont vécu à d’autres époques n’est pas un art du passé; peut-être même est-il plus vivant aujourd’hui qu’il n’a jamais été» avait déclaré dans le passé Pablo Picasso lors d’un entretien, cité dans le communiqué du musée.

Lors des années passées à Paris, l’amitié de l’artiste espagnol avec les éditeurs d’origine grecque Albert Skira, Tériade et Christian Zervos avait joué un rôle dans sa passion pour la mythologie et l’art antique.

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Expositions

Maéva Bochin: de la Nouvelle-Calédonie à l’île d’Orléans

Maéva Bochin n’a pas froid aux yeux. L’artiste calédonienne termine cinq mois de résidence sur l’île d’Orléans et y présente deux expositions : une de photographie de land art et une autre en commun avec Cathy Lachance.

Maéva Bochin s’est installée sur l’île d’Orléans avec femme et enfant, bien décidée à voir où l’immersion dans l’hiver et la culture québécoise la mènerait. «Je suis devenue une pro de la babiche!» constate-t-elle. Continuant un travail de land art baptisé Coco Nature et amorcé il y a cinq ans en Nouvelle-Calédonie, l’artiste a placé un peu partout sur l’île une clé rouge, fait de demie-noix de coco, puis l’a photographiée dans le paysage. Chez elle, la démarche visait à dénoncer toutes les clôtures et mesures de sécurité qui interdisent l’accès à des parties de son île. Au Québec, plusieurs propriétaires se sont surtout montrés curieux en la voyant disposer ce qu’ils croyaient être des pommes sur la neige blanche.

Expositions

Biennale du lin de Portneuf: d'humour et de finesse

Si le lin permet de tisser, broder, filer et de fabriquer du papier, il peut aussi engendrer des œuvres ludiques et loufoques. La Biennale du lin de Portneuf propose tout l’été de se laisser charmer, happer et amuser par des œuvres d’artistes venus d’Amérique du Nord et d’Europe.

La palme de l’originalité revient à Gabrielle Boucher, dont l’œuvre Remue-ménage s’active lorsqu’un visiteur arrive en haut de l’escalier en coude du presbytère de Deschambault. Un extracteur à jus tente de broyer des tiges de lin, des fleurs de lin virevoltent gaiement dans un robot culinaire et de l’eau teintée coule d’une fente à l’autre d’un grille-pain penché en avant… sans qu’aucun des trois appareils ne soit branché.

Expositions

«Raccord» de Numa Amun: minutieuses apparitions [VIDÉO + PHOTOS]

«Raccord» de Numa Aman regroupe huit œuvres peintes à main levée, religieusement intégrées par l’artiste aux murs du musée au cours des dernières semaines. De loin, elles ont le halo iridescent des œuvres numériques, mais de près, on constate qu’il s’agit d’une succession de formes géométriques tracées avec une extrême minutie.

«J’aurais pu faire ces tableaux-là il y a 2000 ans», explique Numa Amun, qui la technique de mise au carreau, où les lignes et les couleurs se conjuguent pour créer des images optiques. «Au Québec, c’est un travail absolument unique, qui n’a été présenté que trois ou quatre fois dans les dix dernières années», indique le commissaire Jonathan Demers, du Musée d’art contemporain des Laurentides.

Expositions

À la mode de Jean-Claude Poitras au Musée de la civilisation [VIDÉO + PHOTOS]

Les créations de Jean-Claude Poitras savent aussi bien épouser les lignes des corps que leur donner de l’élan et de l’éclat. Les vêtements et les inspirations du célèbre designer de mode québécois sont agencés dans un parcours à son image, élégante, épurée et très humaine, au Musée de la civilisation (MCQ).

En visitant l’exposition mardi, le jour de son 70e anniversaire, Jean-Claude Poitras a été ému par ce bilan «pas nostalgique du tout» de 30 ans de création. «J’ai toujours dit que j’étais plus un homme de style que de tendance, et je crois que l’histoire me le prouve.»

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Vente aux enchères du revolver de Van Gogh

PARIS — Le revolver de type Lefaucheux que Vincent Van Gogh aurait utilisé pour mettre fin à ses jours le 27 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise sera mis aux enchères mercredi à Paris à l’Hôtel Drouot.

C’est la maison AuctionArt —Rémy Le Fur qui mettra sous le marteau cette arme de calibre 7 mm tristement célèbre. Si l’authentification ne sera probablement jamais formellement établie, la provenance est jugée sérieuse. Le revolver est estimé entre 40 000 et 60 000 euros (entre 60 000 $ et 90 000 $).

Après un séjour de deux ans dans le Midi, Vincent Van Gogh s’installe le 20 mai 1890 à Auvers-sur-Oise, sur les conseils de son frère Théo. Le docteur Paul Gachet, ami des peintres impressionnistes, veille alors sur l’artiste néerlandais sujet à de fréquentes crises psychologiques. Van Gogh, qui loue une chambre chez l’aubergiste Arthur Ravoux, est alors au sommet de son art, peignant plus d’une toile par jour.

Le dimanche 27 juillet 1890, le peintre se serait rendu dans un champ proche, aurait soulevé sa chemise et se serait tiré une balle dans la poitrine avec cette arme empruntée à son hôte. Le revolver lui aurait échappé des mains et il se serait évanoui. Il se serait réveillé à la tombée de la nuit, blessé, et aurait pris le chemin de l’auberge. Malgré les soins du docteur Gachet, Vincent Van Gogh meurt après deux jours d’agonie. Il avait 37 ans.

Retrouvée en 1960

L’arme présentée à Drouot a été retrouvée vers 1960 par le cultivateur du champ et remise aux parents de l’actuel propriétaire de l’auberge Ravoux. Très abîmée, elle était suspendue au-dessus du comptoir. Elle a été exposée par le Musée Van Gogh d’Amsterdam en 2016.

Selon Auction Art, l’analyse de l’arme atteste qu’elle est restée enfouie dans le sol durant un laps de temps pouvant coïncider avec l’année 1890. En 2011, des chercheurs américains ont défendu la thèse que Vincent Van Gogh ne se serait pas suicidé, mais aurait été blessé par un tir accidentel de jeunes gens qui jouaient avec une arme.

Comme Picasso, Caravage, Monet ou encore Léonard de Vinci, Van Gogh est l’un de ces peintres connus dans le monde entier, dont toutes les occurrences sont suivies et suscitent de l’intérêt.

Ainsi, l’Atelier des lumières à Paris a choisi de lui consacrer sa deuxième exposition immersive. Des milliers d’images projetées au sol, sur les murs et au plafond, sur 3300 m2 carrés, à l’aide de 140 vidéoprojecteurs, ont popularisé les différentes étapes de ce peintre torturé et génial.

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Le Louvre ouvre 4 mois à l’avance les réservations pour l’exposition de De Vinci

PARIS — Le musée du Louvre à Paris ouvre mardi, quatre mois à l’avance, les réservations pour l’exposition phare sur Léonard de Vinci programmée à partir de fin octobre pour le 500e anniversaire de la mort du grand peintre de la Renaissance, aucun achat de billets sur place n’étant possible.

«En raison de l’affluence attendue, l’exposition sera accessible uniquement sur réservation d’un créneau horaire pour offrir un meilleur confort de visite. Ce dispositif s’applique à tous les visiteurs, y compris à ceux ayant un accès libre ou gratuit au musée», a indiqué lundi le musée le plus visité au monde.

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Longtemps reine des enchères, Sotheby's désormais dépassée par Christie's

NEW YORK — Longtemps dominante sur le marché des enchères, prompte à se diversifier et à s'implanter à l'étranger, Sotheby's a été rattrapée ces dernières années par sa grande rivale Christie's dans ce milieu extrêmement concurrentiel.

Créée en 1744 par l'entrepreneur britannique Samuel Baker, Sotheby's s'est longtemps consacrée presque exclusivement aux ventes de livres, avant de se diversifier au tournant du XIXe siècle.

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Rencontre avec Côté dimanche

On le connaît comme caricaturiste du Soleil, mais André-Philippe Côté est aussi peintre et sa plus récente exposition Envolées se termine dimanche à la Galerie AMF du 1 Côte Dinan à Québec.

Pour l’occasion, l’artiste sera présent pour rencontrer le public dimanche de 13h à 16h. 

Une belle chance d’échanger avec le peintre et de voir ses tableaux mettant en vedette les fonds marins, mais aussi de formidables assemblages de têtes d’oiseaux, de formes, de couleurs et de lumières mènent jusqu’à l’abstraction. 

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Deux nouvelles expositions jumelant art et science au Musée régional de Rimouski

RIMOUSKI – Avec l’exposition immersive «Solarium», produite par la NASA et présentée en première canadienne, ainsi que l’installation «Module de survie : une écofiction» de Daniel Corbeil, le Musée régional de Rimouski propose deux nouvelles expériences jumelant art et science.

Le son du Soleil

Sortant pour la première fois des États-Unis, Solarium est une installation vidéo in situ qui a été produite en 2015 par le Doddard Space Flight Center de la NASA. Fruit du labeur des réalisateurs Genna Duberstein et Scott Wiessinger ainsi que d’un spécialiste en visualisation de données, Tom Bridgman, cette installation a été entièrement créée grâce aux images en ultra-haute définition collectées par la sonde de l’Observatoire de la dynamique solaire. Celui-ci étudie en temps réel les variations du Soleil. «Présenter Solarium aujourd’hui, dans le contexte de la conquête spatiale, c’est d’autant plus pertinent», souligne la conservatrice du Musée, Ève De Garie-Lamanque.

La projection est assortie du son amplifié produit par le Soleil. «Le son a été capté dans l’espace avec un appareil qui étudie les oscillations en surface du Soleil, explique la conservatrice. Il y a aussi une vibration qui est perceptible.» L’exposition est présentée jusqu’au 26 janvier.

Habitat futuriste

L’installation Module de survie : une écofiction donne l’occasion au visiteur de faire l’expérience d’un habitat futuriste modulaire. Vivant et travaillant à Montréal, la démarche artistique de l’artiste-architecteur Daniel Corbeil est influencée par son enfance en Abitibi. «J’ai été élevé à Val-d’Or, raconte-t-il. Mon terrain de jeux […] c’était les sites de résidus miniers. […] Ces lieux désertiques ont nourri mon imaginaire.»

Son projet suggère une maquette géante dans laquelle les visiteurs peuvent circuler. «Il faut le voir comme une projection, une fiction d’un projet qui pourrait se réaliser, qui pourrait se greffer sur des façades de bâtiments, explique le sculpteur. Ça se veut aussi une réflexion sur l’environnement, le paysage et principalement le réchauffement climatique. Je laisse le soin au visiteur de voir vers quoi ça balance : une utopie ou une dystopie par rapport à la projection qu’on se fait d’un avenir qui commence à être de plus en plus bouleversé par les changements climatiques.»

La réalisation du projet, qui s’est étalée sur quatre ans, a été rendue possible grâce à une subvention d’environ 40 000$ du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec. Le vernissage aura lieu dimanche en présence de l’artiste. L’exposition se poursuivra jusqu’au 6 octobre.

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Lady Pink, graffeuse entrepreneuse

NEW YORK — Elle a débuté à 15 ans, en faisant des graffitis sur les wagons du métro new-yorkais en 1979, s’imposant peu à peu dans un monde clandestin, dangereux et très masculin.

Aujourd’hui la cinquantaine, Lady Pink, parfois surnommée «la première dame du graffiti», est une artiste de rue décomplexée qui ne fait plus rien d’illégal et se voit avant tout comme «une entrepreneuse».

La route a été riche en aventures pour cette femme menue, au visage encadré de longs cheveux noirs, arrivée à New York enfant avec sa mère et sa sœur depuis la forêt amazonienne d’Équateur où elle est née.

À l’époque, «New York était en ruines, il y avait beaucoup de criminalité et de corruption, tout était horrible. Adolescents, on s’est fixé pour tâche d’embellir la ville», raconte-t-elle.

Graffeuse par amour

Lady Pink — de son vrai nom Sandra Fabara — a débuté dans le graffiti après l’interpellation de son premier amour, un graffeur.

Ses parents décident d’envoyer son chéri à Porto Rico, chez des membres de sa famille. Elle, le cœur brisé, se met à écrire son nom sur les murs de son école. Des amis à lui, graffeurs également, lui montrent leurs techniques.

«Bien sûr, ma mère était inquiète. Je passais par la fenêtre avec un sac de peintures et j’allais dans les pires quartiers de New York en pleine nuit, seule, retrouver mes amis. On allait ensemble dans des quartiers pires encore où étaient stationnées les rames... On se faufilait dans des tunnels et des ruelles obscures», dit-elle de sa vie d’alors.

Parfois, elle mourait de peur. «C’est ce que j’ai fait de plus terrifiant et de plus amusant dans ma vie», dit-elle. «Mais il ne faut pas glorifier le graffiti, c’est extrêmement dangereux, et il y a des gens qui en sont morts».

Elle dit avoir eu la chance de rencontrer les bonnes personnes, au bon moment.

«On m’invitait à toutes ces galeries et expositions», à participer à «des films, des livres, à voyager dans le monde entier, à des fêtes avec des gens riches comme Andy Warhol, Keith Haring, Basquiat, toutes sortes d’artistes incroyables», raconte Lady Pink, qui a notamment joué dans un film emblématique sur le graffiti, Wild Side (1982).

Célébrité instantanée

«Il y avait beaucoup d’énergie et de chaos au début des années 80, le graffiti commençait juste à émerger, il y avait un tourbillon d’activités», se remémore-t-elle.

Aujourd’hui, dans un climat empoisonné par les menaces d’attentats, «le plus probable, c’est que tu te prennes une balle en peignant dans le métro. Ils te prendront pour un terroriste».

Lady Pink s’est depuis installée dans une petite ville de l’État de New York dont elle tait le nom, loin de la brigade antivandalisme de la police new-yorkaise qu’elle accuse d’avoir perquisitionné sans raison par deux fois son domicile, confisquant peintures, ordinateurs, livres.

New York «est devenu un État policier, elle est hostile aux artistes», déplore-t-elle.

Une partie de son œuvre a disparu lorsque le site industriel abandonné de 5Pointz, dans le quartier du Queens, qui fut 20 ans durant un lieu culte pour graffeurs, a été rasé par un promoteur immobilier en 2013.

Un juge a ordonné en février 2018 d’accorder 6,7 millions $ de dommages et intérêts à 21 artistes lésés, dont elle. Mais le promoteur a fait appel et elle ne croit guère à ses chances de percevoir un jour une partie de cet argent.

«Le système judiciaire n’a jamais été juste avec les graffeurs et les artistes de rue. Je ne m’attends pas à ce qu’il le soit maintenant», dit-elle

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À Barcelone, la vie de Picasso en photos

BARCELONE — En marinière, le regard sombre et pénétrant: la photo de Picasso prise par Robert Doisneau est l’une des pièces principales d’une exposition autour de l’artiste cubiste et de la photographie qui ouvre vendredi à Barcelone.

Baptisée Picasso, le regard du photographe, cette nouvelle exposition du musée Picasso de la métropole catalane est une balade autour de la vie du peintre en images, certaines prises par lui et d’autres de lui.

L’une d’elles, prise par Robert Doisneau en 1952 à Vallauris, dans le sud de la France, le montre dans sa célèbre marinière derrière une fenêtre, les mains appuyées sur les carreaux.

Picasso, qui a été photographié par les plus célèbres comme Brassaï, Robert Capa, Henri Cartier-Bresson ou David Douglas Duncan, est «photogénique. Depuis sa jeunesse, il en a conscience et joue avec cette image», explique Violeta Andres, commissaire de l’exposition.

«C’est l’un des premiers à avoir compris le pouvoir de l’image, du fait médiatique (...) Et au lieu de s’enfermer et de ne laisser personne entrer dans son espace, il se laisse voir mais contrôle toujours son image», ajoute-t-elle.

Des dizaines de photographes sont passés chez lui, le prenant en photo, lui ou son atelier, mais peu ont réussi à le prendre «en travaillant vraiment, de façon spontanée», dit-elle encore.

À l’exception de sa muse et maîtresse Dora Maar, qui put montrer dans une série de photos en 1937 Picasso concentré dans son atelier parisien sur la réalisation de sa grande œuvre, Guernica.

«C’est une des rares photos où il a laissé voir réellement son intimité de créateur», assure Violeta Andres.

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«Tell Me Something Valuable» à La Bande vidéo: la face cachée des images

L’artiste argentin Federico Lamas présente deux corpus dans le petit espace d’exposition de la Bande vidéo. Dans le coin droit, il nous invite à découvrir des images cachées derrière ses dessins, alors que dans le coin gauche, il est le protagoniste d’une vidéo complètement déjantée, sorte de clin d’œil à Full Metal Jacket de Stanley Kubrick.

Tourné alors qu’il était en résidence à la Bande vidéo, ce court film expérimental le montre rampant au sol sur le dos et tenant un fusil imaginaire, pendant qu’autour de lui les bouteilles de bière et les casques de soldat explosent. Le «Stress Level Saurus», un lézard longiligne, lui sert d’insigne. Sa laborieuse progression est appuyée par une musique symphonique grandiose, qui appelle au combat. «Why I protect my stuff rather than myself ?» interroge un intertitre qui apparaît à l’écran.

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«L'abstraction dans le Jacquard» à Materia: peintres du textile

Il n’existe que douze métiers Jacquard au Québec. La machine colossale, pour laquelle on doit programmer un patron sur ordinateur, permet de reproduire des dessins très précis (comme des images photographiques), mais aussi de tisser de saisissantes abstractions et d’étonnantes sculptures textiles.

«Je trouve que les artistes en textile travaillent comme des peintres. Avec des couleurs, des mélanges optiques, la densité, il y a tout un travail de composition picturale pour arriver à une pièce et le métier Jacquard permet d’aller très loin», indique la commissaire Jeanne Couture.