JJ Levine présente la série de portraits «Intimates».

Exposition «Utopie»: rêver pour mieux avancer

En présentant l’exposition collective «Utopie comme méthodologie», le centre d’artistes Regart permet aux visiteurs de se frotter à des pratiques qui invitent à déjouer les vieux modèles sociaux et à contempler de nouveaux possibles, féministes, émancipés, ouverts, voire afro-futuristes.

Rudy Loewe, par exemple, explore dans trois grandes gouaches portant des textes et des images ce à quoi pourrait ressembler un futur positif, sur une nouvelle planète, pour la communauté afro-anglaise. Une utopie certes éclatée, mais porteuse d’espoir.

La série de portraits Intimates, de JJ Levine, montre comment des modèles parentaux atypiques peuvent être saisi tels quels, sans artifices, ou magnifiés. Impossible de ne pas sourire devant la vidéo de deux mères qui font sautiller des bambins, qui rigolent de bonheur.

Cette édition de La petite enveloppe urbaine souligne la dissolution officielle du collectif CRUM.

Le collectif perse Taklif revisite l’histoire du magazine Zanan, seul périodique féminin d’Iran, maintenant interdit. Des dizaines de numéros de la revue sont disponibles. On y voit de nombreux visages de femmes décidées, qui manifestent ou encore qui s’adonnent aux arts martiaux ou au polo.

Pour réagir à la culture machiste qui ronge Marseille, nous explique la commissaire Amber Berson, Diane Guyot a transformé des publications Snapchat, où des jeunes filles s’affublent d’oreilles de lapin ou déforment leurs traits de manière grotesque, sans complexe, en pancartes de manifestation.

L’installation du collectif perse Taklif revisite l’histoire du magazine «Zanan», seul périodique féminin d’Iran.

Laura Taler explore la mémoire et les multiples soi possibles dans un diptyque vidéo où on la voit faire du tai-chi sur la plage. Adriana Disman a quant à elle donné une fin de non-recevoir à la proposition de la commissaire de sonder le passé pour rêver l’avenir. Ces questions la bousculaient tellement qu’elle a décidé de tracer, jusqu’à l’épuisement extrême, et confinée, des lignes horizontales dans un cahier. jake moore a par ailleurs créé un dispositif sonore et visuel qui dissout Virginia Wolfe jusqu’à l’abstraction.

Le collectif CRUM, qui se voit comme une famille artistique, a laissé les traces de sa dissolution administrative dans des enveloppes et dans un pot de Jell-O, qu’on peut aller observer dans le frigo des bureaux de Regart. Des polaroïds sont posés comme les pièces à conviction d’une performance, entre show de boucane et cercle de sorcières, de Michelle Lacombe. 

L’exposition se termine dimanche, au 5956, rue Saint-Laurent, Lévis. Info: www.centreregart.org