Malgré le défi imposé par la distanciation physique, Alice Charbonneau a réussi le pari de réunir 100 personnes lors de quatre séances de photographie dans un même lieu pour réaliser l’exposition 0, présentée au Musée régional de Rimouski.
Malgré le défi imposé par la distanciation physique, Alice Charbonneau a réussi le pari de réunir 100 personnes lors de quatre séances de photographie dans un même lieu pour réaliser l’exposition 0, présentée au Musée régional de Rimouski.

Exposition Ensemble, c’est nous: un immense portrait identitaire dans le contexte de pandémie

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
RIMOUSKI — L’exposition Ensemble, c’est nous, présentée au Musée régional de Rimouski jusqu’au 28 février, illustre la diversité de la communauté québécoise et principalement bas-laurentienne par le truchement de 100 personnes de tous âges, de tous genres, de différentes grosseurs et grandeurs, toutes photographiées seules dans un même paysage, devant le fleuve Saint-Laurent à Rimouski. Ensemble, c’est nous se veut un immense portrait de société dans le contexte de la COVID-19.

«Ensemble, c’est nous est un portrait de notre communauté, décrit la chargée de projet Alice Charbonneau. Ça démontre un peu notre réalité et c’est d’actualité. Avec ou sans masque, on est toujours là, on est toujours les mêmes.» Bien de son temps, la démarche vise à engendrer une réflexion sur l’identité, l’inclusion et le sentiment d’appartenance dans laquelle s’inscrivent les enjeux entourant le racisme systémique.

Inspiré de l’artiste Jin-me Yoon

Le projet Ensemble, c’est nous est inspiré du travail de l’artiste Jin-me Yoon, dont les œuvres sont actuellement présentées au Musée. Jin-me Yoon est une artiste canado-coréenne qui se met en scène dans des paysages canadiens. «[…] Elle se pose beaucoup de questions sur l’identité et le sentiment d’appartenance, indique Alice Charbonneau. Elle a immigré au Canada quand elle avait 8 ans. Donc, ça fait vraiment partie de sa vie, toutes ces questions-là. Nous, on a repris la même façon, la même posture et on a choisi le fleuve Saint-Laurent comme paysage emblématique parce que ça représente bien le Québec. Puis, comme elle, chaque participant s’est amusé à imiter sa démarche.»

Cent participants ont été invités sur le brise-lames de Rimouski afin de se faire prendre en photo debout, avec le fleuve comme toile de fond. Ils devaient aussi définir en un à trois mots le sens des termes identité et communauté. Les mots des participants qui ont été récoltés par l’équipe réfèrent notamment à l’appartenance géographique, aux croyances, aux origines, à la langue, à la notion de vivre ensemble, à l’engagement, à la tolérance, au respect, à l’amour. «Ça nous permet de voir ce qu’il y a derrière les photos et ce que la personne photographiée pense», souligne la chargée de projet.

Pour faire écho au contexte actuel, chaque sujet était photographié avec un couvre-visage et sans couvre-visage. Les 200 portraits qui composent l’exposition dégagent chacun une émotion dont la force réside autant dans les différences que dans les ressemblances.

Confinement créatif

L’artiste Fernande Forest a accompagné la chargée de projet Alice Charbonneau dans la réalisation de l’exposition, en collaboration avec l’équipe d’animation du Musée. «L’idée est venue pendant le confinement, raconte la chargée de projet. On sentait qu’il y avait un vent de solidarité à cause de la COVID-19, mais on étant quand même chacun chez nous. Normalement, au Musée, on a un grand événement, la Grande Veillée d’été, qui est très festive, où on célèbre la communauté de Rimouski. Mais cet été, on savait qu’on ne pourrait pas le faire. Donc, on cherchait une autre façon de rassembler les gens. Puis, c’est là qu’est venue l’idée de les rassembler dans un portrait, tous ensemble.»

Par conséquent, malgré le défi imposé par la distanciation physique, Alice Charbonneau a réussi le pari de réunir 100 personnes lors de quatre séances de photographie dans un même lieu. «On a autant des enfants que des personnes âgées. On a rencontré plein de belles petites familles. On a aussi des femmes enceintes. On a donc vraiment réussi à toucher à tout.»

De plus, six organismes se sont rassemblés autour du projet. «On a fait du démarchage auprès des organismes. On les a contactés directement pour assurer une diversité, une inclusion dans le projet. Après ça, il y a eu des séances libres. On allait à la rencontre des gens. On a aussi fait des appels au public en général. C’était donc en deux volets.»

Le projet intergénérationnel Ensemble, c’est nous s’inscrit au cœur du programme #Espace 15-30, qui propose une expérience participative et immersive aux jeunes de 15 à 30 ans. «#Espace 15-30 est issu de notre campagne de sociofinancement qu’on a faite cet hiver pendant le confinement, raconte Alice Charbonneau. C’est un programme de médiation culturelle pour laisser la place aux jeunes dans le Musée de Rimouski.»