Ève Côté et Marie-Lyne Joncas se sont fait connaître des internautes avec deux séries de capsules, «Les conseils des crues» et «Courrier du cul».

Étirer le 5 à 7 avec Les Grandes Crues

Nommez un duo d’humoristes québécoises. Pas facile… Dodo et Denise? Deux points pour l’historien en vous. Depuis deux ans, un nouveau duo roule toutefois sa bosse et gagne des spectateurs une salle et une capsule Web à la fois: Les Grandes Crues, alias Ève Côté et Marie-Lyne Joncas.

Nous sommes allés les rencontrer au Théâtre Petit Champlain le lendemain de leur première à Québec, qui affichait complet, comme la moitié de leurs spectacles estivaux.

Verre de vin en main et souvent plus crûment qu’autrement, le duo s’est fait connaître des internautes avec deux séries de capsules, Les conseils des crues et Courrier du cul.

Sur scène, leurs discussions s’inspirent beaucoup de l’esprit déluré d’un 5 à 7 de filles pas barrées. «Le 5 à 7, c’est le moment où on se sent le plus heureuses. On est contentes de se voir, on jase, et plus la bouteille de vin baisse, plus on va vers nos questionnements et nos états d’âme», expose Ève Côté.

«Comme le show est à 8h, les gens ont un peu l’impression d’étirer leur 5 à 7 avec nous autres», ajoute Marie-Lyne Joncas.

Filles spirituelles de Dodo et Denise, comme l’a souligné un critique du Saguenay? «La référence fait full plaisir, répond Joncas. Je les ai écoutées sur YouTube, c’était vraiment de l’humour cabaret, les deux femmes étaient en feu. On est le premier duo de filles qui fonctionne depuis eux autres. Il y en a qui ont essayé, mais un duo de filles, rendues à 30 ans, ça a de bonnes chances de se séparer, avec les enfants, et tout ça.»

Même si leur amitié est née à l’école de l’humour, leur duo ne s’est formé que plus tard, lorsque Ève Côté s’est fait offrir de faire une heure de spectacle à Sainte-Anne-des-Monts, dans sa Gaspésie natale. Puisqu’elle n’avait pas assez de matériel, elle a proposé à Marie-Lyne de sauter dans le train.

Elles ont appris leur texte «dans le char en descendant», sont tombées dans l’œil de quelqu’un du Réseau des organisateurs de spectacles de l’Est du Québec (ROSEQ), ont fait une vitrine, une première tournée à l’été 2016, et c’était parti.

«On avait le même genre d’humour. Dans les soupers, on était toujours ben complices, on se renvoyait la balle pour se faire rire et c’est ce qu’on reproduit sur scène», indique Ève Côté. De sa complice, elle dit qu’elle est «très libre, même si elle se ronge beaucoup les ongles, et un peu slack dans la prestance, alors que je suis un peu plus rigide à côté, donc ça fait un bel équilibre dans le duo». Et Ève? «C’est la fille de région full assumée avec une grosse dégaine, ben spontanée, avec des expressions propres à elle qu’on ne comprend pas toujours, d’ailleurs», expose sa vis-à-vis.

Ex-serveuses en mission
Pas facile de se lancer en humour. Ève Côté a fait plusieurs métiers — et une technique policière — et toutes deux ont été serveuses pendant une dizaine d’années avant de devenir humoristes. Avec un segment de leur spectacle, elles se considèrent d’ailleurs «en mission» pour essayer de changer la mentalité des clients dans les restaurants.

Les aléas de la vie sur la route, pour l’instant, ne sont pas trop lourds à porter. «On fait une tournée avec une grosse van et un coach de vie, Gisèle. On s’élève spirituellement dans cette aventure-là», assure Ève Côté, soulignant tout de même que le stress et les émotions mixtes ont créé quelques remous «avant que nos cycles menstruels se synchronisent».

Les Grandes Crues seront de retour au Théâtre Petit Champlain les 12 et 13 juin, au ComediHa! le 9 août dans le gala de Patrick Huard et à la Salle Albert-Rousseau le 8 décembre. Elles passeront aussi par Pont-Rouge, Rimouski, Paspébiac, Gaspé et Sainte-Marie de Beauce cet automne.