Dans l’article intitulé «Reflections from a hashtag», Jian Ghomeshi fait référence à son très médiatisé procès pour agressions sexuelles.

Essai de Ghomeshi: Ian Buruma ne regrette rien

TORONTO — L’ancien éditeur de la «New York Review of Books» ne regrette pas sa décision d’avoir publié un essai personnel controversé de l’ancien animateur de radio déchu Jian Ghomeshi.

Ian Buruma a déclaré au magazine néerlandais Vrij Nederland qu’il trouve ironique d’avoir perdu son emploi pour avoir publié un numéro thématique consacré aux agresseurs présumés du mouvement #moiaussi qui ont été condamnés sur les réseaux sociaux, mais non par les tribunaux.

Jian Ghomeshi a été acquitté en mars 2016 de quatre chefs d’agression sexuelle et d’un chef d’avoir tenté d’étouffer, de suffoquer ou d’étrangler une personne dans le but de vaincre sa résistance, des accusations qui impliquaient trois plaignantes.

En mai 2016, il a présenté ses excuses à une quatrième plaignante et a signé un engagement de ne pas troubler la paix. Les accusations dans cette affaire ont alors été abandonnées.

Dans l’article intitulé «Reflections from a hashtag», Jian Ghomeshi fait référence à son très médiatisé procès pour agressions sexuelles.

Il continue de clamer son innocence, maintient que les allégations à son égard sont inexactes, mais note cependant qu’il aurait dû être plus à l’écoute et plus respectueux des femmes dans sa vie.

L’ancien animateur révèle, entre autres, qu’il a eu des pensées suicidaires à la suite des allégations le concernant.

«Je suis devenu un mot-clic. L’une de mes amies a lancé à la blague que je devrais recevoir plus de reconnaissance en tant que pionnier du mouvement #moiaussi», a-t-il écrit.

L’essai a suscité toute une controverse en ligne, quand plusieurs ont estimé qu’on n’aurait pas dû offrir une plateforme aussi prestigieuse à Ghomeshi.

M. Buruma a expliqué qu’il n’a pas été congédié, mais qu’il s’est senti poussé vers la porte quand il est devenu évident que plusieurs annonceurs universitaires de la publication menaçaient de la boycotter. Il a admis avoir sous-estimé la puissance du mouvement #moiaussi.

«Je ne regrette pas ma décision d’avoir publié, a dit l’homme de 66 ans. Je m’attendais à une réaction intense, mais j’espérais que ça soit une discussion ouverte concernant le traitement des gens qui se sont comportés incorrectement, mais qui ont été acquittés par la justice.»