Éric Lapointe livre le «show de sa vie» au FEQ [VIDÉO + PHOTOS]

CRITIQUE / Habitué du Festival d’été de Québec (FEQ), Éric Lapointe voulait offrir «le show de sa vie» sur les plaines d’Abraham. Accompagné d’un échantillon de la colonie artistique de classe A et armé d’un répertoire bien garni de succès — voire de classiques —, il a tenu parole, mardi soir. Il est de surcroît reparti avec le prix Miroir de la Renommée du FEQ, qui lui a été remis directement sur la grande scène.

Alors qu’il célèbre cette année le 25e anniversaire de la parution de son premier album, Obsession, en même temps que son 50e anniversaire de naissance, le rockeur chouchou des Québécois a voulu marquer le coup en grand. Et c’est exactement ce qu’il a fait sur un site bondé. Il a fêté fort et il a fêté tard, avec un spectacle qui s’est étiré jusqu’à 23h45.

La grande surprise de la soirée est arrivée vers la fin du spectacle, lorsque Ginette Reno s’est pointée sur scène pour partager L’essentiel. La présence des Jean-Pierre Ferland, Marie-Mai, Garou, Lara Fabian, Louis-Jean Cormier, Michel Pagliaro, Safia Nolin, 2Frères, Kevin Parent, Mario Pelchat, Marjo, Steve Hill, Les Sœurs Boulay, Travis Cormier, Colin Moore et Martin Deschamps avait déjà été annoncée.

Si on peut reprocher au FEQ d’offrir moins qu’avant la tribune des Plaines à des artistes québécois ou même francophones, force est d’admettre que l’organisation se rachète un peu en donnant aux rares têtes d’affiche d’ici les moyens de leurs ambitions. La formule carte blanche du FEQ a pratiquement toujours fait mouche. Et elle n’a pas encore failli mardi.

Moment d’intensité au cours du duo avec Lara Fabian sur «Je suis malade».

Bien avant d’entonner Ma gueule avec Mario Pelchat, Éric Lapointe a lancé la fête à la manière de Johnny Hallyday, alors que l’écran géant nous le montrait arriver sur les Plaines en moto. Petit coucou aux invités à l’arrière-scène, bisous aux gamins qui assisteront au spectacle des coulisses. Et c’était parti pour une enfilade de succès.

Garou et Éric Lapointe

Après la récente L’envie partagée avec Garou, Lapointe n’a pas tardé à plonger dans ses hits. Et disons que ce n’est pas ce qui manque dans son parcours. Certains interprétés seul comme un grand (ou plutôt en duo avec la foule) : le succès fondateur Terre promise, ses célèbres réappropriations de Bobépine et d’Un beau grand slow, La Bartendresse, 1500 milles ou Mon ange, pendant qu’une trapéziste du Cirque Éloize exécutait un ballet aérien au cerceau. Sans oublier l’inévitable N’importe quoi, livrée au rappel alors que Lapointe arrivait presque au bout de sa voix. Pas grave, les Plaines étaient là pour l’appuyer.

Si Lapointe a laissé aux Sœurs Boulay le soin de revisiter Reste là, il n’a pas boudé son plaisir de partager le micro avec la majorité des autres invités. Parmi les meilleurs moments, notons cette Marie-Stone chantée avec Marc Dupré et bonifiée d’un super solo du saxophoniste Luc Lemire ou le fort joli contraste vocal issu de la rencontre avec Safia Nolin sur Loadé comme un gun (avec des explosions pyrotechniques en bonus). Si celle avec Lara Fabian sur Je suis malade s’est avérée moins symbiotique, elle a quand même offert un moment d’intensité. Idem pour le duo plus laborieux avec Jean-Pierre Ferland.

Éric Lapointe

On peut toutefois questionner la pertinence d’inclure ce clin d’œil à A Star is Born en s’attaquant avec Marie-Mai à Shallow, surtout que leur version n’a pas fait honneur à l’originale. Et c’est quand même un peu chiche d’avoir limité l’apport de Louis-Jean Cormier au numéro collectif final de La voix que j’ai.

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Souvenirs d’un rendez-vous doux

Le début de soirée s’était aussi déroulé dans une célébration du passé, alors que Justin Boulet a présenté ses Souvenirs d’un rendez-­vous doux, qui rend hommage aux succès de son père Gerry au sein d’Offenbach et en solo. Sans doute pas la proposition la plus originale, mais ç’a été fait avec cœur et le public a apprécié.

Outre un groupe dans lequel brillait notamment une section de cuivres et la six cordes de Daniel Mongrain (Voivod), le fiston, qui a hérité du timbre vocal de son paternel, a lui aussi reçu de la visite. Breen LeBoeuf, Marjo, Rudy Caya (Vilain Pingouins), Jean-François Dubé (Noir Silence) et Polo (Les Frères à Ch’val) se sont joints à lui pour livrer — et non revisiter — ces classiques de la chanson québécoise. Ç’a culminé sur une note chorale avec Promenade sur Mars, gardée pour la fin.  

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LES CHANSONS DU SPECTACLE D'ÉRIC LAPOINTE

1. L’ENVIE (avec Garou)
2. BOBÉPINE
3. MARIE-STONE (avec Marc Dupré)
4. TERRE PROMISE
5. BELLE FOLIE (avec Ludovick Bourgeois)
6. ÉMEUTE DANS LA PRISON (avec Michel Pagliaro et Steve Hill)
7. 1500 MILES
8. RESTE LÀ (Les Soeurs Boulay)
9. MÔTEL 117
10. ON COMMENCE À S’QUITTER (avec 2Frères)
11. LA BARTENDRESSE
12. SANS VOUS
13. LOADÉ COMME UN GUN (avec Safia Nolin)
14. COUPABLE
15. MON ANGE (avec Le Cirque Éloïze)
16. JE SUIS MALADE (avec Lara Fabian)
17. DREAM ON (avec Travis Cormier et Colin Moore)
18. ILLÉGALE (avec Marjo)
19. UN BEAU GRAND SLOW
20. MÔMAN (avec Kevin Parent)
21. MA GUEULE (avec Mario Pelchat)
22. QU’EST-CE QUE ÇA PEUT BEN FAIRE? (avec Jean-Pierre Ferland)
23. PRIEZ (avec Martn Deschamps)
24. CE SOIR ON DANSE À NAZILAND (avec Marie-Mai)
25. SHALLOW (avec Marie-Mai)
26. JUSQU’AU BOUT
27. LES BOYS (avec  Kevin Parent, Ludovick Bourgeois et Steve Hill)
28. L'ESSENTIEL (avec Ginette Reno)
29. LE BOYS BLUES BAND (avec Garou, Travis Cormier et Marie-Mai)
30. N’IMPORTE QUOI
31. LA VOIX QUE J’AI (avec Louis-Jean Cormier, Marc Dupré, Marjo, Justin Boulet + tous les artistes)