Avec sa voix aérienne et accrochée presque en permanence à sa guitare électrique qu’elle manie avec belle dextérité, Salomé Leclerc s’est donné à fond avec un bel aplomb dans un Théâtre Petit Champlain bondé, jeudi.

Envoûtante Salomé Leclerc

CRITIQUE / Forte d’un troisième album, Les choses extérieures, qu’elle a pris deux ans à fabriquer, Salomé Leclerc trépignait d’impatience de «quitter sa bulle» pour aller à la rencontre de son public. Les retrouvailles ont eu lieu jeudi soir, dans un Petit Champlain bondé, où la jeune chanteuse a livré une prestation sans faille, tout à la fois énergique et intimiste.

Avec sa voix aérienne et accrochée presque en permanence à sa guitare électrique qu’elle manie avec belle dextérité, la gracile jeune femme de 32 ans s’est donné à fond avec un bel aplomb, arpentant avec entrain le mince espace d’une scène déjà passablement occupé par ses cinq musiciens complices, José Major, Carl Surprenant, Laura Paquin, Mélanie Bélair et Audrey-Michèle Simard.

Étonnamment, il s’agissait de la première fois que tout ce beau monde se retrouvait ensemble pour un spectacle live. Au final, rien n’a paru, bien au contraire, tellement le groupe a su communier au même état d’esprit pour faire monter la température en cette glaciale soirée de novembre.

De ce troisième album, sur lequel la jeune auteure s’est faite femme-orchestre en portant «plusieurs chapeaux», dont celui de réalisatrice, plusieurs titres font mouche. On pense à Ton équilibre, Nos révolutions et surtout Chanson #7 (Les choses extérieures) avec son rythme ensorcelant.

En cela, plusieurs des compositions de Salomé Leclerc charment avec leur façon originale de passer de l’intimiste à des envolées de plus en plus rythmées qui font taper du pied et dodeliner de la tête. Pas étonnant que les Français soient tombés sous le charme depuis un moment.

«Je fais des tournées pour venir au Petit Champlain. C’est pour moi un honneur d’être ici», a souligné la chanteuse qui est aussi allée piger dans son premier album, avec Love, Naïve, Love, et le très intimiste Tourne encore, que l’artiste a interprété dans la pénombre, assise sur un amplificateur, accompagnée du guitariste Carl Surprenant. Un moment touchant.

En incluant deux chansons de son second album (Vers le sud et L’icône du naufrage), c’est au total une quinzaine de compositions que la jeune Salomé a offert à un public sous le charme, qui lui a réservé une belle et longue invitation.

Maude Audet

C’est à Maude Audet, originaire de Charlesbourg, passée en juillet au Festival d’été, qu’est revenue la tâche de mettre la table en lever de rideau, ce qu’elle a fait de touchante façon. Elle aussi guitariste de talent, la chanteuse de folk rock a livré une poignante prestation, accompagnée par la bassiste Émilie Proulx.

Tiré de son album Comme une odeur de déclin, la chanson Dans le ruisseau a retenu l’attention. Un air composé en l’honneur de sa grand-mère, une grande complice de ses fins d’après-midi, au retour de l’école, décédée lorsqu’elle était adolescente. «Le premier deuil de ma vie», a-t-elle souligné.

C’est après avoir incité le public à faire preuve de générosité à l’égard des victimes oubliées de la guerre au Yémen, «la plus grand crise humanitaire au monde», que la chanteuse a quitté la scène sur la magnifique et entraînante chanson Galloway Road.