Composée de 342 bâtons de lumières DEL, l’œuvre «Solar Equation» de Rafael Lozano-Hemmer est 400 millions de fois plus petite que l’astre dont elle est inspirée.

Entrée solaire au Musée des beaux-arts

Dans le hall d’entrée vitré du pavillon Pierre-Lassonde, un grand lustre rougeoie. L’oeuvre «Solar Equation», de Rafael Lozano-Hemmer, reproduit les fluctuations visibles à la surface du Soleil à travers onze saisons, que les visiteurs peuvent observer ou faire défiler à l’aide d’une tablette électronique.

Financée par le programme Nouveau Chapitre du Conseil des arts du Canada et présentée en collaboration avec l’ArmorePacific Museum of Art de Séoul, la réalisation de ce soleil perpétuel fascine et effraie à la fois.

«Le soleil est notre plus importante étoile, c’est celle qui donne la vie, qui fait rêver, qui a fait spéculer des civilisations, évoque Annie Gauthier, directrice des collections et de la recherche au Musée national des beaux-arts du Québec. Il fascine, il est un symbole de puissance et de pouvoir, qui nous rappelle aussi la fragilité de l’humain.[…] Ses effets peuvent être bénéfiques ou menaçants.»

Composée de 342 bâtons contenant des lumières DEL, l’œuvre est 400 millions de fois plus petite que l’astre dont elle est inspirée. La même opération appliquée à la Terre la réduirait à la taille d’un petit pois, spécifie Rafael Lozano-Hemmer, qui se qualifie lui-même «d’artiste nerd».

«Ce qui m’intéresse, ce sont les expériences et les réactions, surtout lorsqu’elles sont hors de mon contrôle», explique-t-il, ajoutant qu’il a utilisé des images recueillies par l’Observatoire de la dynamique solaire de la NASA et la dynamique des fluides pour simuler les fluctuations visibles à la surface du soleil.  

«Ce n’est pas une animation en boucle, ce sont des comportements émergents, toujours changés», note-t-il. 

Les 11 saisons du Soleil

La lumière, pour lui, évoque les explosions, qui éclatent et qui aveuglent, mais aussi les rayons des boules disco, dans les boîtes de nuit que tenaient ses parents à Mexico. «La lumière de la désorientation, la lumière pour se cacher», résume-t-il.

En appuyant sur les touches indiquant les onze saisons du Soleil, sur un écran, les visiteurs peuvent influencer les fluctuations lumineuses de l’œuvre. Si aucun visiteur n’est à la console, les saisons solaires se succèdent par elles-mêmes, à chaque trois ou quatre minutes.

Suspendre l’œuvre de plus de 3000 livres, dans le lieu soutenu par des murs rideaux, a constitué un défi d’installation pour l’équipe technique du MNBAQ. Elle sera en place jusqu’en janvier et le public peut y accéder gratuitement. Notons qu’une autre œuvre de Rafael Lozano-Hemmer, Surface tension, un écran où un œil semble suivre les mouvements des visiteurs, fait partie de l’exposition permanente De Ferron à BGL.