Christophe Barratier, réalisateur du film «Les Choristes»

En rafale: quatre questions à Christophe Barratier

Le film relatant l’histoire d’un professeur qui initie les garçons d’un internat de rééducation au solfège a ému bien des cinéphiles depuis sa sortie en 2004. Repris sous forme de spectacle musical par son créateur, «Les Choristes» roulent depuis l’an dernier en version québécoise, sous l’égide de Serge Denoncourt et des productions Juste pour Rire.

Incognito au milieu du parterre de la salle Albert-Rousseau, Christophe Barratier, le créateur des Choristes, a pu épier les réactions du public, mardi soir.

Près de 15 ans après le succès de son premier film, le réalisateur français voyage toujours dans les contrées de l’enfance, en adaptant cette fois les souvenirs de Marcel Pagnol pour un film qu’il tournera en 2020.

Vous avez assisté à la version québécoise du spectacle musical pour la première fois hier. Comment l’avez-vous trouvée?

«Ça a été très agréable. Je reconnaissais ce que j’ai écrit, mais il y avait plus d’émotions, plus de grâce et plus d’humour que ce à quoi je m’attendais. Ça fait plaisir de voir que les personnages sont devenus comme des personnages de théâtre classique. Quand je vois ce qu’en fait François L’Écuyer [Clément Mathieu, qui enseigne le chant] ou Henri Chassé [l’autoritaire directeur Rachin], je ne pense plus du tout aux créateurs originaux. Après le film, j’avais fait une adaptation musicale pour les Folies Bergères et Serge Denoncourt a fait le mix des deux. Bizarrement, son spectacle est plus près du film que le mien.»

Vous qui avez été musicien avant de faire du cinéma. Qu’avez-vous voulu créer avec la musique dans cette histoire?

«Je me suis un peu laissé porté par ma propre histoire. Moi-même j’ai été un enfant chanteur, séparé de mes parents pendant un moment. C’était vraiment des souvenirs d’enfance, des souvenirs de musique. Pour la musique, je cherchais à faire quelque chose qui ne soit pas à la mode ni démodé. On a essayé de faire comme si c’était des morceaux classiques connus, dans une relative inconscience, sans jamais penser qu’on vendrait quatre millions de disques et que la chanson Vois sur ton chemin serait reprise aux Oscars par Beyoncé. C’était très inattendu. On avait fait un truc joli, on ne croyait pas qu’on créerait un phénomène.»

Espérez-vous recréer cet engouement dans vos prochains projets?

«Non, je crois que ça n’arrive qu’une fois. Si on regarde toujours dans le rétroviseur, on fonce dans le mur. En revanche, je vais me retrouver encore dans le monde de l’enfance puisque j’adapte Le temps des secrets, qui contient des souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol. On va tourner au printemps prochain. On y retrouve un peu la leçon des Choristes : on accuse toujours les enfants de mentir, mais il y a un âge où les enfants s’aperçoivent que les parents mentent aussi, et de manière bien plus grave parfois.»

Jouez-vous toujours de la guitare?

«Bien sûr, à tous les jours. Je joue toujours les mêmes morceaux classiques et même si je les joue moins vite qu’avant, je crois que je les joue mieux. Je n’ai pas la même pression que lorsque je faisais des concours. Je n’ai plus besoin d’arriver le premier, je peux arriver comme j’aime, le plus joliment possible.»

Le spectacle Les Choristes, mettant en vedette vingt garçons de la Maîtrise des Petits Chanteurs de Québec, est présenté jusqu’au 28 juillet.