Lucien Ratio, l’un des principaux auteurs, le script-éditeur et le metteur en scène de «Beu-Bye 18».

En rafale: 5 questions à Lucien Ratio

En 2014, le collectif du Temps qui s’arrête a proposé son premier «Beu-Bye» dans une volonté d’offrir une revue de l’année faite à Québec pour les gens de Québec. Avec une expertise qui s’aiguise, l’équipe récidivera pour une cinquième fois sur les planches de La Bordée à partir du 14 décembre. Au menu, des sketchs dans lesquels 2018 sera joyeusement passée à la moulinette en compagnie des «personnages» qui l’ont marquée. Tant les habitués (on pense à vous, M. Labeaume!) que les nouveaux venus, alors que Catherine Dorion (sa tuque et ses Doc Martens) et Martine Ouellet seront personnifiées. Discussion avec Lucien Ratio, l’un des principaux auteurs, le script-éditeur et le metteur en scène de ce qui peut revendiquer le titre de jeune tradition du temps des Fêtes dans la capitale.

1. Vous en êtes à votre cinquième Beu-Bye. Préparez-vous quelque chose de spécial pour souligner l’anniversaire?

Chaque année, on essaie de se donner des défis et de monter encore plus haut la barre. L’année dernière, on avait eu une chorégraphe qui était venue nous aider. Cette année, on a une nouvelle chorégraphe, Ariel Charest, qui a travaillé d’autres numéros dansés. Il y en a plus. Mais la grosse nouveauté, c’est qu’on a un band de trois musiciens. On est très content parce qu’on en avait envie depuis vraiment longtemps. Cette année, ç’a été possible. On a un nouveau directeur musical, Phil Grant, qui va être aux claviers et qui va être accompagné de Simon Guay à la guitare et à la basse et de Gabriel Morin-Béland à la batterie. Ça devient un spectacle avec neuf artistes sur scène. Ça en jette!

2. Qu’est-ce que les quatre Beu-Bye précédents vous ont appris sur l’exercice de la revue de l’année?

Je pense qu’on a acquis beaucoup d’expérience sur comment écrire un sketch: la méthode pour qu’il soit efficace, qu’il ne soit pas trop long, que ça punche à la bonne place. 

On a aussi vu quelles sont les formes de sketchs qui marchent le mieux avec notre public. Souvent, on faisait des parodies d’émissions. On se rendait compte qu’on perdait des gens qui ne connaissaient pas les références. On en fait encore un peu, mais on s’est vraiment tourné vers des numéros où on traite d’un sujet à travers des citoyens «ordinaires» ou des numéros qui sont éclatés, qui se passent à une autre époque ou qui se déroulent dans un style différent. Je pense que c’est là qu’on a peaufiné notre signature. 

3. Est-ce que 2018 a été une année inspirante?

Oui. On est trois à écrire les trois quarts du show. Cette année, on a quatre auteurs invités (Jonathan Gagnon, Marc Auger, Claude Montmigny et Érika Soucy) qui ont écrit quatre textes. Le reste, c’est Jean-Philippe Côté, Philippe Durocher et moi qui l’écrivons. Chaque année, on se demande si on va avoir assez de jus. Une campagne électorale, ça nous aide énormément. Mais le défi vient d’ailleurs, il vient du fait qu’on ne peut pas juste parler de la campagne électorale. Il faut trouver d’autres sujets pour ne pas faire une revue de l’année qui ne serait que politique. Cette année, on n’a pas manqué de sujets. Même que par choix ou pour une question de longueur de spectacle, on en a laissé de côté. 

4. Hors politique, qu’est-ce qui vous a inspirés?

Il y a évidemment eu le pot, il y a eu l’ouverture du IKEA, qui a fait parler et qui a fait courir les foules, le manque de main-d’œuvre… On a puisé à différentes places, mais on s’est vraiment payé des trips. On a par exemple un numéro sur les nouveaux Passe-Partout. On s’est permis de flyer un peu partout. 

5. La première du spectacle approche. Dans quelle mesure votre porte est-elle encore ouverte pour inclure de nouveaux éléments d’actualité?

C’est sûr que s’il arrive quelque chose de gros, on n’a pas le choix de l’intégrer. On entre en salle dimanche. Dans la dernière semaine, on reçoit tous les costumes, on fait les éclairages, ça va être la première fois qu’on rencontre les musiciens… C’est comme la semaine où il ne faudrait pas qu’il arrive quelque chose d’autre! Il faut que l’actualité soit tranquille ou que ce qui se passe soit mollo. On peut changer quelques lignes. Mais ça va être difficile d’écrire tout un nouveau sketch et de l’intégrer…

Le Beu-Bye 18 est présenté à La Bordée du 14 au 29 décembre.