En plus d’un album en français, Robby Johnson a publié récemment son autobiographie, où il parle du passé criminel de son père.

En rafale: 4 questions au chanteur Robby Johnson

L’automne a été propice à un double lancement pour Robby Johnson. Le Beauceron (Sylvain Robitaille de son vrai nom) s’est d’une part commis sur un premier album en français, «Jusqu’au bout», créé sous la direction artistique de Corneille et de Michel Bélanger. Il a d’autre part signé une autobiographie dans laquelle il raconte l’ascension de sa carrière à Nashville et il s’ouvre avec une grande transparence sur des chapitres parfois difficiles de sa vie privée: de sa jeunesse dans une famille défavorisée au fait qu’il ait renié son père, qui a plaidé coupable à des accusations d’agressions sexuelles sur une mineure.

1. Tu racontes ton histoire sans une once de pudeur. Est-ce que ç’a été difficile de te livrer de la sorte?

R Au départ, je me suis demandé ce que j’allais dire et ce que je n’allais pas dire. J’en dis pas mal parce que je suis quelqu’un de simple et d’authentique. Alors j’y suis allé comme ça. C’est sûr que j’ai écrit beaucoup plus de pages qu’il n’y en a là. On voulait que ce soit un format assez compact de 200 pages. Mais j’ai vraiment tout dit. Et ça m’a fait vraiment du bien. Les gens disent que c’est une forme de thérapie et oui, c’en est une.

2. En racontant le passé criminel de ton père, te doutais-tu, à la sortie du livre, que c’est ce qui retiendrait l’attention davantage que ton parcours artistique?

R. Ce qui me dérangerait, c’est qu’on n’en parle pas. Il se cache derrière une ordonnance de non-publication et je trouve que cette règle est un peu mal faite. La victime, elle, voudrait témoigner de ce qu’elle a vécu. Elle voudrait que toute l’histoire se sache et que la vérité sorte. En plaidant coupable, il a mis le couvercle sur la marmite. Lui, il se cache derrière l’ordonnance pour inventer une histoire qui dit qu’elle était amoureuse de lui, ce qui n’est vraiment pas le cas. Je ne peux pas accepter ça ni l’endosser. De garder ça sous silence et de ne pas l’écrire dans mon livre, ça aurait été comme de lui donner un certain pouvoir et d’endosser ce qu’il fait présentement, qui est de ne pas dire la vérité aux gens qui sont près de lui et de s’inventer un passé qui n’existe pas. De faire croire ça à mes frères, à qui je ne parle plus aujourd’hui, c’est épouvantable et ça n’a pas de sens. […] Et je l’ai fait aussi beaucoup pour la victime.

3. Tu as aussi lancé ton premier album en français. Comment c’était d’écrire des chansons dans ta langue maternelle?

R. C’est vraiment cool. C’est plus difficile, on va se le dire. En anglais, tu peux sortir «pickup truck», «tattoo», pas de trouble! Tous les mots passent et ça sonne comme une tonne de briques. Mais en français, «je me suis fait faire un tattoo dans la boîte de pickup», ça fonctionne moins bien! Mais ça fait en sorte que quand tu réussis, c’est doublement valorisant.

4. Est-ce que cet album est une parenthèse ou tu te verrais mener de front des carrières en anglais et en français?

Je n’aurais aucune difficulté à faire ça. Oui, j’ai commencé ma carrière aux États-Unis, à Nashville, en anglais. Parce que c’est là que ça se passe, la musique country. N’importe qui peut aller faire un album là-bas, revenir et avoir l’étiquette «Nashville». Mais d’avoir une carrière là-bas, c’est autre chose. J’ai adapté une chanson de Garth Brooks et je la chante en français là-bas. Je suis fier de mes racines, je suis fier d’où je viens, même si les programmateurs radio me disaient: “ne dis pas que tu viens du Canada, ça ne t’aide pas”. Pour moi, c’était non. Keith Urban, il vient bien de l’Australie!